C’est elle
Elle est
une fontaine au matin de décembre ;
Les ombres
qui la cernent sont des nuits
Échappées dans le tard, de nuages enfuis
Du cosmos :
mélange de souffre et d’ambre.
Armand Mando
ESPARTERO© copyright 2020
C’est elle
Elle est
une fontaine au matin de décembre ;
Les ombres
qui la cernent sont des nuits
Échappées dans le tard, de nuages enfuis
Du cosmos :
mélange de souffre et d’ambre.
Armand Mando
ESPARTERO© copyright 2020
UBI SUNT FLAMMAE*
Où sont les flammes
Où vivent les femmes qui animaient
Des flammes
en vos yeux trop froids,
Pour concevoir
de l’autre, quand il aimait,
La beauté
dominant les hurlements d’effroi ?
Vous souvient-il
des filles de nos jeux,
O si
peu soumises aux règles attentatoires,
Préjudiciables
aux mutines, en l’enjeu
Du conflit
opposant les lois ostentatoires (!?)
Celles qu’il
m’en souvienne, ont grandi
Sous la
coupe d’amants sans attirance,
De tartufes
débraillés, refusant l’organdi
Des damoiselles
poudrées d’impertinence.
En mutiques
pimbêches encloîtrées,
Ces fardées à outrance de froides alcôves,
Dévoraient
peu à peu, sans nous déconcentrer,
La chair
prise au piège de leur blessure mauve,
Déchirure
en l’estuaire des cuisses, ce chenal
Dont le
mâle emprunte du mont pubien,
Les
voies clitoridiennes, ces sentiers, au canal
D’imperceptibles
gangues… comme on s’y sent bien !
Des frissons
amortis de gestes malhabiles,
A la
douce rainure de l’hymen vagabond,
Flottent
de suaves perles, des suées volubiles
Enroulées
au phallique support… pudibond,
Le marin
en tangage, se laisse emporter,
Pour ne
se point soumettre à la retenue…
J’eusse
aimé comme lui, encor, supporter
De la
pleine manœuvre, d’un rythme soutenu,
L’irréfragable
coït, quand le rostre pénètre
La douve
matelassée de la musaraigne
Butinant
de guerre lasse… s’en doit-elle soumettre (?)
Et l’offrande,
et l’espèce, qui du nanan, saigne
Avant que
de gésir, quand les larmes le baignent
De remous
manifestes… décélérés, peut-être !
Où sont
les flammes du sérail de nos rêves,
Ces plumets
colorés de nos livresques songes ?
Au mouroir
des nuits blêmes, la belle
En estropie,
puisque le mal, céans, l’achève,
La
ductile mesure… l’enclosant de mensonges.
Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020
QUIA*
Madame
Madame,
j’ai peur d’avancer au bout
De ce
tunnel, où s’égarent nos rêves…
Je veux,
sans me trahir, encor, rester debout,
Refusant
d’effacer mes pas sur cette grève
Dont vous
sûtes jadis piétiner, et sans trêve,
L’écorchure,
en ce mal dont vous scellez l’embout.
Madame,
je voudrais retrouver vos parfums,
Le charme
d’odalisque qu’attisent mes désirs ;
Au soir,
abandonner aux sentiments défunts,
Le
trouble, la moiteur, avant que d’en gésir.
Vos doigts
sous mitaines, caressaient de mon cou,
Les revêches
plissures bâillées en éventail,
Dont les
baisers défaits du revêche licou,
Agrémentaient
parfois de fiévreuses entailles.
Madame,
à l’absence, je ne puis soumettre ;
L’hiver
est à ma porte, et déjà, s’harmonisent
Aux froids,
les souvenirs, qui du mal-être,
Avivent
de poncifs, quand le mal ironise,
Les miennes
pensées… faut-il que j’intronise
Des
mortes sépias_ me le dois-je permettre _
L’aquatinte
des pleurs, et qui nous martyrisent ?
Quand sonnera
le glas de nos songes déchus,
Aux brumes flouées de discordantes bruines,
Au
spectre bancal d'ombres fourchues,
Nos profils
s’enfuiront sous d’incommodes ruines…
Il n’y
aura plus, madame, que deux formes
Arc-boutées
aux racines d’un vieil orme…
Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020
ASSUMPTA PROMISSA*
Promesses supputées
Il se
peut qu’on en vienne, toi et moi,
A ternir
de nos vies, la jouissance certaine,
Que des
ambitions, pourtant si lointaines,
Il faille
désenclaver les maillons de l’émoi.
Quand se
refermeront les portes du passé,
Se rabattront
au soir, les volets de naguère,
Verrons
se profiler au centre de l’archère,
La flèche
dont Cupidon nous voudrait percer.
Il se
peut qu’en décembre, aux premières gelées,
Les amants
de Paris sous l’étole des nuits,
Se cachent
encor des passants, s’ils fuient
L’aquarelle
des brumes s’y laissant enjôler.
Tu verras
aux aurores floutées, la rosée
Magnifiée
la flore, avant que d’apaiser matin…
Les rayons
cuprifères, ridés sur tes satins,
Éclateront leurs fièvres, pour s’y mieux poser.
Les vierges
dénudées, de leur prime offrande,
S’acquitteront
sans mal… en l’amativité,
Se laisseront
séduire, bercées de l’émotivité
Dont s’enclouent
les vestales, pour de la délivrance,
Accéder
au palier des putains de bombance,
Atteindre
les degrés des tendrons en partance,
Quand l’audace
dénoue la chatte en liberté.
Grisées
de l’hédonisme de l’épicurien, seules,
En des
boudoirs où la chair fait réserve
De trompeuses
caresses modelant la serve,
Les rosières
avoueront, crispées sous le linceul,
Avoir battu
coulpe au pied de la madone,
Ânonné neuvaines,
égrené chapelet, en bigote
Asservie
à la curie latine, en triste cagote,
Ignorant
la débâcle pulsée de la maldonne.
Quand tu
verras se faner mon verbe, ma prose
De narrateur
emperlé de clichés d’assertion ;
Quand de
la métaphore, en ces componctions,
Mon style
se fera, lesté de contradictions,
Psalmodie
de rhéteur, sophisme d’addiction,
Il n’y
aura ni pétales, ni épines aux roses ;
Alors vaincue
de cet affect ennuageant l’âme,
Tu te
viendras coucher au nord de mes regrets ;
Nos rires
dilués, nos plaintes gaussées de près,
Formateront
des rondes d’autrefois, l’agame
Des
farouches étreintes, l’asexuel qu’entament,
Aux lunes
pleines, brettes et mimodrames
Dont l’espèce
civilise l’allégeance cambrée.
Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020
PECCATUM VIRI*
Hommes du péché
Les hommes
ont déchiré le voile d’innocence
Nous révélant
Dieu… ils ont foulé à terre,
Et l’amour,
et l’espoir, donnant à l’indécence,
Des lettres
de noblesse… tristes sires délétères,
Ils ont
bu au douzil du péché confortable,
Confiants, en l’avenir dont parle le prélat ;
S’en faut
de peu pour que se mettent à table,
Les âmes
écalées, émiettées… çà, et là…
Les hommes
ont violé les Divines Lois,
Craché au
Visage du Seigneur Tout-Puissant ;
Ont
grimé la vie, en pâtres de bon aloi,
D’un insolent fard, d'un badigeon de sang.
Les hommes
ont ceint l’inacceptable, cerner
L’irrécusable,
fiers de faire, en ces tares,
Approuvable
ordalie ; ne le peut discerner,
Le fat
perclus en l’ignorance, ce retard
Attisant
des lazzis, les sulfureuses braises,
Tisons
posés à même l’escient… hélas !
N’est
de bonbec, hors du fatal mésaise,
Que clarté, dont l’idiotisme se délace.
Les hommes
ont encellulé l’âme du pénitent,
De mille
controverses_dénégations propres
A enrichir
de l’esprit égaré, hors du temps,
L'organigramme, le plan, impropres
A la
cognition… bien sûr, la pensée voudrait,
Et sans
mal, s'y défaire… sans de l'or,
Dont la
foi se dévêt, oindre de l’ivraie,
L'horrible sangsue_ cette morve effraie,
Car, en écornifleur,
sangle à moindre frais,
L'ouate, ce fin duvet, idéalisé dès lors.
En ma musarde, bercé de contrevérités,
Ai vu
poindre au renouveau vainqueur,
Les primes
visées, sans feindre l’acuité
De violences
me perçant le cœur,
La beauté
de l’espèce, la beauté de l’espace…
Mon regard
transcendé de soyeux parhélies,
Naît d’espoir, de douces perspectives
Accorées à ce mimétisme, et qu’abolit
La joie du mâle sevré d’invectives…
Que ne
serais-je moi, aux lunes de décembre,
Attentif
pèlerin, sans bourse, ni souliers !…
Délesté
du mensonge avilissant les membres
Libérés du
mythe dont l’ascète s’est lié.
Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020
MIROIR
Fait des ronds dans l’eau, s’amuse des vagues ;
Puis, caresse
la lame emportant les écumes
Comme les
bourgeons que le ciseau élague,
La bulbille
défaite de l’écorce de glume…
Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020
Inexpérimenté
Oserais-je
narrer à l’attentive ouïe,
Quand s'emmêlent les torons de l’histoire,
Mon deuil,
ma souffrance, enfouis
En mon
être figé au cœur du désespoir ?
Devrais-je
poser au seuil de votre écoute,
Et mes
rires, et mes flottantes larmes ;
Faire naître
du marasme, chaque doute
Enquillé
au possible dont il s’arme ?
Les terres
que j’ai foulées, les tunnels bistrés
Empruntés
de trompeurs, d’emberlificoteurs
Liés au
pouvoir séducteur, dont l’attrait
Fascine
le plus jeune, l’empoté trotteur,
Sont issus de claniques caves d’acteurs
Quêtant reconnaissance, dont l’auteur
Grossit
inexorablement les hideux traits.
Si je
faisais récit de ma vie sans adret,
Versant
privé de lumière, cette raillère
Domptée
du Joran, du Gharbi, qu’en madrés,
Fuient le
gobe-mouche, la belle vannière,
Verriez
poindre d’hétéroclites bercales,
Semblables, ici, au simiesque profil
D'un apothicaire imprégné du tincal
Émanant de la soude, ou de l’acidophile !
Mes
jours étaient nuits… je n’avais du temps,
Approches
aucunes… je vivais en ermite,
Sans amours,
ni plaisir… de l’hiver, au printemps_
Austère
anachorète dont la soif est un mythe.
Je fais
profil bas quand les fous dynamitent
De mes
rêves d’enfant… le babil hésitant.
Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020