pinterest

jeudi 29 octobre 2020

SUBSTANTIAL REVERENTIA*

 

SUBSTANTIAL REVERENTIA*

Substantielle révérence

 

Quand les premières plaies deviennent

Béantes blessures, que les cautères

Emportent de l’existence austère,

Schismes et ordalie… ce quoiqu’il advienne;

A couvert, ou bravant chaque diluvienne,

Devons accorder déférence à la terre.

 

Quand les peines encloses de souvenirs

Enracinent l’affect aux possibles nuances,

Il faut du retenir, enserrer la muance

Dont la voix étranglée se veut abstenir.

 

Ils verront de la beauté des choses,

Avant que d’en douter, La Main du Créateur,

Ceux qui, infidèles, vils prévaricateurs

Prétendent du Ciel, savoir les nobles causes

 

Asservissant l’âme du croyant ; cette foi,

Je le concède céans, est l’estime déliée

Du répulsif doute… à l’ultime palier

De la mort annoncée, transie en ce froid,

La pensée s’en vient, courbée au beffroi

De l’agnosticisme, se targuer, en alliée

Ointe de peccavi… sans toutefois,

Discriminer du cœur, les fards frontaliers.

 


A genoux au pied du Divin Réceptacle,

Le Repentir domptera le sujet oppressé

De vapeurs telluriques, ce nimbe agressé

De spermatorrhée chue de la débâcle ;

Elle souille l’amant dont l’embâcle

Obstrue du raisonnable, l’efficace tracé.

 

Je veux m’éloigner de la gent offensée

 De mes rimes barbares, mes tances ;

Elles se veulent libres, sans des circonstances,

Poudrer de conjonctures, la molle resucée  

Pour de l'événementiel, en un verbe gloussé

De fins rhéteurs, éteindre le slang laïussé

D’impartiaux bretteurs, sa permanence…

 


Des fades chattemites, au lourd patelinage

Des trompeurs de ce monde, ai vu s’assujettir

Les plus riches penseurs se laissant abrutir

De grandiloquence, de dissolubles adages,

En un cérémonial les venant mettre en cage,

Avant de les truffer d’anachronismes sages,

Trop sages pour voiler du septemvir,

Les rites de l'épulon toujours prêt à sévir.

 

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020

mercredi 28 octobre 2020

QUAE IBI ERAT*

 

QUAE IBI ERAT*

Elle était là

 

Elle était là, dans l’ombre de mon ombre,

Évacuant du mal dont elle était captive,

Les chaudes meurtrissures, qu’avivent

Les démons, de son côté plus sombre…

 

Elle croyait que mourir au seuil du désespoir,

L’aiderait à renaître au printemps à venir ;

Elle avait oublié, des envies à bannir,

L’indiscrète tarole tambourinant au soir

 

En son cœur éclaté, son âme déchirée,

D’où s’enflent des remords tronqués,

Regrets, qu’écoutent encor ronquer,

Le mésaise, l’absence, avant de chavirer.

 

Elle était là, égarée, comme brisée

Sous la vindicte d’amants illusionnés,

De galants déçus d’être abandonnés,

Quand l’expectance s’y vient immiscer.

 

Son regard dévoilait du mal la modelant,

La fielleuse lie… car de la coupe aux lèvres,

L’inspiration tacle de l’insoluble fièvre,

Chaque désir, la nuit, la modulant.

 

Elle était là, épuisée, aboulique,

En l’enfonçure du désappointement ;

Sa voix désamorcée boudait les sentiments

Encagés de sa peine aux remous acycliques.

 

Nous nous sommes revus... les larmes

Noyaient de sa face porphyre, la flamme ;

Jadis, s'irradiait en elle, l’autre femme,

L’amante, dont s’évente le charme.

 

Désabusé, maussade, je quittai en silence,

De son triste boudoir, les murs défraîchis ;

A quelle mélancolie, quand l’oubli l’avachit,

L’homme se doit-il soumettre, s’il fléchit,

Avant le jour nouveau, la réelle constance ?

 

 

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020

mardi 27 octobre 2020

TANDEM SIGNA*

 

TANDEM SIGNA*

Dernier signal

 

Les trains quittent la gare, emportant à leur bord,

D’altérables amours, de précieuses romances

Devenues œuvres mortes, chavirées à tribord,

Conglobées à bâbord, pour vaincre l’inclémence

Du temps venant piller de chaque performance,

Le germe conclusif,  feinté... de prime abord.

 

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020

 

lundi 26 octobre 2020

MEDITATI IN ALIUM LOCUM*

 

MEDITATI IN ALIUM LOCUM*

Imagine un ailleurs

 

Oh ! Comme elles sont belles, en l’azur,

Les volutes cuivrées du soleil de l’avril,

Quand le printemps rassure le fébrile

Hypnotisé, perdu en l’horrible masure

Dressée sur champ de ruines, l’ébrasure

De baie, où s’affaire le larvaire agrile…

 

Imagine un ailleurs étoilé de faisceaux

Inondant des plaines, le hallier flottant,

Le buis à l’ombre du marais… l’autan,

En l’ouate, au-dessus du ruisseau,

En souffle les friselis... par seaux,

S'y déversent les bruines du temps !

 

A ouïr de l’écho, au soir, le réduplicatif,

Les silences pénètrent la douceur

Des nuits en devenir… s’émousse la rousseur

Du soleil, aux pointes du récif…

En la vespérale paresse, des ombres

En louvoiement, des profils, des lignes

Bordent la perspective, qu'assignent

Les cheminées aux arabesques sombres.

 

Cet ailleurs, l’imaginative le couronne

De parhélie ; la pensée confisque

Au renouveau, sur stèle d’obélisque,

Radiance voulue… posée à même trône,

La lumière enchatonne ses rais

Au diadème de journées affadies ;

L’hétérogénéité d'orbites roidies

Semble, peu à peu, perdre attrait,

Purgée des miasmes aspirés de l’adret

De noires cimes, dont l’Ether s’esbaudit.

 

De loin en loin, au souffle du bouquetin

Repu de cytise, les troupeaux s’affairent,

Pour de la paissance, savourer sur la sente,

Aux sillons herbus, les fruits éclatés… lente

Désaffection de nature ; elle indiffère

L’oiseau bleu de la nue cotonneuse,

En l'empreinte de vents désaccordés :

Foulures dont zéphyr vient carder

Les pâlichonnes rides de nébuleuse.

 

Quel ailleurs, quelles fièvres ! Ces chemins

Liés de malhabiles mains... croquis, 

Vexantes pochades… l’œil vif, par acquit,

En concède allégeance, lui baisant la main ;

Du froid classicisme, au fauve de carmin,

L’artiste, de la plume, au soyeux de l’étoupe,

Donne aux mots-accessoire, l’aquarelle,

La majesté d’un art irradié de dentelles,

De ganse, guipure, dont le dessin découpe,

Telle l’encre du rhéteur, les fastueux entrelacs

De la sonorité, au feutrage du style, autant

Qu’il le lui soit permis, en mouchant l’hésitant

Dont le laïus cacarde d’inadéquats ressacs…

 

S’il est un ailleurs, sous la sylve des pans,

Autre Brocéliande d’apocryphes fanés ;

S’il est un outre-lieu de parchemin tanné,

Une cocagne dont la pensée dépend,

Alors, il y a sûrement, en l’encre de mes mots,

Une île tropicale que la Pelée caresse encor

De ses laviques suées, un jardin pour enclore

De la terre meurtrie, les telluriques fermaux

D’un volcan somnolent, dont Saint-Pierre

Épie, avant que de se plaindre, le cornage,

Sous la glotte de l’onde alanguie… y nage

La sirène écaillée, la naïade… sous la pierre

De coralines cuves, d’où s’échappent souvent,

Le fretin et la houle des îles sous le vent,

La faune, la flore, ivres, par trop altières…


Ailleurs, je fais montre de parcimonie,

L’offrande de ma doublure fait caprices

Aux rêveries tronquées d’haruspices ;

Ces vilains gravissent gémonies

Pour clouer au pinacle des fats, ma queste

De trouvère sans attaches… j’en atteste,

En narrateur arrimé aux septains du poète

Antoine de Gentile, la vaillance, dont s’apprête

L’élégie insufflée céans, de l'almageste.

 

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020

dimanche 25 octobre 2020

PLENA EXUVIE*

 

PLENA EXUVIE*

Holistique exuvie

 

En effaçant des lézardes du temps,

Les offensantes rides, avons du vrai bonheur,

Ignorer l’euphorie, quand du cœur hésitant,

S’échappent des murmures pincés de flagorneurs.

 

En posant pastel aux nuits-aquarelle, l’étoupe

A balayé les vertes moisissures, les craquelures  

Emmurant l’ébauche contadine, que découpent

Les ans, souvent tressés de riches bariolures.

 

En réceptionnant des heures amovibles,

Les fondantes minutes, les précaires secondes,

Le jour a démuni des passions invincibles,

L’affectif bridé des serves pudibondes.

 

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020

samedi 24 octobre 2020

HIC EST ALIUS*

 

HIC EST ALIUS*

Voici mon autre

 

Voici mon cœur bercé de souvenirs ; il est vôtre !

Si jadis la raison ajustait à mes rêves,

Les oniriques fastes de grandiloquence, autre,

Était du réel, en l’idoine, la minuscule trêve.

Voici ma vie évidée de rancœur, de mensonges !

Elle se vient offrir, délestée d’artifices…

Ne croyez, très chers_ qu’il me faille du songe,

Tisonner l’agrément ceignant des mues adaptatrices,

L’imaginaire par trop fécond, lesté de blandices,

Sans montre de retenue… si le remords nous ronge.

 

Voici, aux soirs d’orage, devant la cheminée,

De ma constance, l’immutabilité ! Prenez donc,

Des angoisses miennes, les craintes surannées,

Avant qu’il m’en souvienne, en de justes pardons,

De l’absolution offerte, sans parcimonie,

A mon poussif ego, en la résipiscence vêtant,

Le pusillanime, hier, larvé de froids dénis,

Le précieux habitacle du déisme mutant…  

 

Voici mes mots d’auteur, griffés de folle pointe,

Rimes d’aède, adages de contorsionniste

Qui de la resucée, épure l’itératif, plume ointe

De l’imaginative, estoquée de trompeurs altruistes

Rassérénés_ croit-on, à l’aube du nouveau jour,

Quand l’audace concède au scribe de polycopie,

Le panache et l’allure placés en fier ajour,

Au col du doxographe hué du pisse-copie !

 

Me voici sur le beau destrier de la littérature,

Chevauchant le syntagme empierré de morphèmes !

Mon trot est un galop, sans réelle arcature,

Car de la claire-voie, n’émanent lumières ; le phonème

Laïussé de conférenciers, enchâsse l’ouïe, permissive

O combien… d’une verroterie comparable au sabir,

Cette lingua franca formolée de greffes de missives,

Et qu’inhale l'allocutaire piégé de l’incisive

Péroraison du triste harangueur, ce sbire !

 

Me voici, assoiffé de pollicitations, surenchères

De nobles asservis aux  dictats de cours,

Oukases de labadens, dont jadis, l’être cher

Fuyait l’orgueil du chaotique parcours…

Je reviens en cadenasser l’âme… sans discours !

 

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020

VIR*

 

VIR*

Homme

 

J’ai pris le temps de devenir un homme,

M’ouvrant à celles qui, la nuit, se glissaient

Sous ma peau…souvent, s’y immisçaient,

La tendresse et le feu… en piètres économes,

D’autres m’ont lésé, infestées d’hématomes,

De possibles quémandes, moi, reître oppressé,

Humilié, sans gloire, d’altiers gentilshommes

Ignorant de mes luttes, l’itérative percée…

 

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020