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vendredi 23 octobre 2020

VISNE ULLAS PERITIAS UPUPAM*

 

VISNE ULLAS PERITIAS UPUPAM*

Cerce floue

 

Une ombre floue avance dans le petit matin ;

On la voit s’étirer… avant de disparaître,

Puis, réapparaître… en l’azur incertain,

Auréolée de suie, comme du temps à naître,

L’aurore revêtue, derrière nos fenêtres :

Fuligineux  halo au bistre levantin.

 

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020

jeudi 22 octobre 2020

ELEGIACE SINT PHANTASIAE*

 

ELEGIACE  SINT  PHANTASIAE*

Elégiaques fantasmes

 

J’irai revoir les îles enflammées de soleil,

Les atolls, que poudroient les crachins ;

Toucherai matin, sans troubler du sommeil,

La passivité ; tapi, jusqu’à l’hiver prochain...

Si vous voyez les songes allumer mes pauses,

Les mirages, claquemurer du pesant marasme,

La profonde apathie ; quelle qu’en soit la cause,

Sachez-la taire, pour ne point, du sarcasme,

Décocher en l’ébauche, mordant, goguenardise !

 

J’irai courir aux portes de juillet, giflé d’alizés,

D’embruns tropicaux… vous me verrez talonner

Du sable chaud des lointains archipels…bronzé,

Les dunes spoliées du regard par trop illusionné

Du preste pérégrin longeant le littoral, fourbu,

Aux  moites vespéraux … dans l’océan de nacre,

Aux bornes coralines, loin des layons herbus,

Ferai taire les elfes fardés de simulacres.

 


Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020



ARBORES AUTUMNALES MUSARDES*

 

ARBORES AUTUMNALES 

MUSARDES*

Automnales musardes

 

Nous irons sur la lande, en automne,

Voir pousser des saisons à nulle autre pareilles ;

La nuit, aux vents légers, aux orages qui tonnent,

S’ouvriront de la nue, des nuances vermeilles.

Les matins engourdis de paresse, de cosse,

Borderont de l’éveil, la majestueuse fronce ;

L’oisillon en pépie, du nid en son embosse,

Verra poindre des rais de parhélie, les sconses.

 


Irons au nord des Shetland, quand il pleut,

Laper des douces bruines, le nectar azuré…

Il y aura, montant des froides plaines, en ce bleu,

Des vapeurs ouatées s’y venant là, mirer…

Les amours contredites de la gent moralisatrice,

Agrémenteront d’harmonieux baisers, le sourire

Défait de vaines crispations, entre les interstices

De réceptives lèvres, offertes… sans coup férir.  

 


Au miroir gélifié des flaques, nos profils boiront

Des boueuses grimaces, en quelque fade lie,

Les éclats projetés de discourtoises vagues… irons,

Toi et moi, caresser l’aube, en ces heures pâlies ;

Peut-être, verrons-nous, quand nage le goéland,

Au ciel d’octobre, rémiges déployées, l’étrange

Se voiler de ténébreuses brumes… à pas lents,

Irons sur la sente, au chant de la mésange,

Cueillir de la rosée, les généreuses perles

Gouttant de l’arbuste ridé, et qu’aspire

De la branche humide, le malicieux merle

Ébahi face aux ides champêtres, dont les spires

Redessinent du jour, avant de disparaître,

Les heures profanées de tempêtes soufflées

Des côtes maritimes, aux coulées venant naître

Du col lesté de grisailles, de nielle renflée.

 

En l’éveil manifeste, aux premières vues, regard flou,

Retrouverons, aux portes de l’hiver, les tortilles

Entrouvertes accotant les canaux, que renflouent

Les galiotes sombres voguant vers les Antilles.

 

 

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020

mercredi 21 octobre 2020

SI VIDI…*

 

SI VIDI…*

Si je voyais

 

Si je voyais l’automne déconstruire la flore,

Sans que j’aie à m’en faire… si les vents

Balayaient les tenaces miasmes, l’auvent

De ma masure_  si les bruines l’efflorent,

Bâillerait, pour capturer l’espace, que forent

Le temps et les réveils, absouts en rêvant,

Des cycles séculiers, l’alternance promouvant

Du noble renouveau, le précieux réconfort.

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020

mardi 20 octobre 2020

INORDINATIONEM*

 

INORDINATIONEM*

Désordre

 

Quand il pleuvra du ciel, de frémissantes bruines,

Que la terre se noiera sous de nouveaux déluges ;

Il y aura sûrement, enchâssés  à vos ruines,

Quelques pans de l’histoire, des lianes calcifuges.

 

Quand jaillira le feu, du ventre de vos plaines,

La faune foulera du creux des grands vallons,

La trappe géosynclinale, et qu’au matin, engainent

Les résidus fangeux, survolés de l'aiglon.

 

Quand l’océan vidé de sa superbe, bavera sur la rive,

Un reste d’agonie, les monotones vagues rouleront

Des frisures, et du sable égrené, les bancales dérives

De navires piégés des courants ; les vents les mouleront.

 

Dans ce désordre, s’écharpent de fougueux éléments ;

La vie vient déloger de la coque du temps,

Les ultimes cerneaux, la chair sans âcrement…

La mort fait alors son entrée, ouvrant larges battants.

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020

 

ABSENTIA UISUS

 

ABSENTIA UISUS

Le regard de l’absence

 

J’ai tant de fois jeté ma pâture aux chiens,

Que mendiant devenu… ne me reste plus rien ;

Ai cru que le bonheur me déferait des liens

Dont m’enjuguent encor les âpres gordiens.

 

J’ai vu naître et mourir, un peu plus, chaque nuit,

L’astre estropié, dont l’azur, en y posant enduit,

A maquillé l’espace… là, les orbes gris fuient

Les mailles boulochées de vaporeuses suies.

 

J’ai vu poindre du clair renouveau, des soleils

S’affaissant aux grands soirs au tertre du sommeil,

Des lunes étirées, des décans veloutés de vermeil,

Et qu’enfumaient parfois, les brumes d’avant-veille.

 


La doublure de l'incohérence est un bâti sans fil,

Grossier ourlet canalisant, aux heures qui défilent,

Les chaudes poussières de l’imposante ville…

Sur elles, s’alourdissent nos échasses fébriles.

 

Ai regardé, à l’ombre du putiet, les noduleux stolons

Étrangler de l’écorce les hideuses plaies, le long

De rudes cannelures… quand soufflait l’aquilon,

S’émiettent les entailles, sous le rhizome oblong.   

 

A tant épier la nature en deuil, me suis désaccordé

Des musiques... l’onde m'en berçait, sans déborder

De la cuve, qu’aux froids, viennent saborder

Les spumescentes vagues... avant de transborder.

 


A ma plume loquace, s’arriment des absences…

Ne les point laisserai vaincre l’indifférence ;

Elle s’y doit soumettre, quand lesté d’inscience,

Le fat s’accoutre du raglan de sapience.

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020

lundi 19 octobre 2020

POURQUOI, IGNOBLES BARBARES ?

 

POURQUOI, IGNOBLES BARBARES ?

 

Est-il vrai que les hommes voient encor leurs semblables

Comme les instruments de la rage qui gerce ?

Peut-on décapiter en toute impunité, sans se croire coupables ?

Doit-on sourire au Diable, s’enivrer de ses tierces

Veloutées d’une aguicheuse voix, sans nuances palpables ?

 

La France voit encor s’écailler du miroir de l’histoire,

Le tain de sa superbe… il se faut délivrer de ces démons

Venus d’une autre terre ! Offrir, loin des mouroirs,

À la génération à naître, un puissant artimon

 

Pour naviguer léger au milieu des tempêtes, voir le Ciel

Recouvrir l’océan du bleu de sa vaillance, avancer

Loin des rites de l’Orient, ni des pensées artificielles,

Absorber à la lie les fadaises de prêcheurs voulant influencer

 

Un peuple Chrétien, civilisé, qui veut nourrir sa foi

En rendant à Dieu, un culte passionné, sans armes,

Ni insultes… Chrétiens et juifs, bien des fois,

Se retrouvent, s’apprécient, s’aiment ; leurs larmes

Proviennent d’un cœur sincère… voilà, du charme,

La réelle beauté… l’amour triomphe à chaque fois.

 

 

ARMAND MANDO ESPARTERO

                                                       19/10/2020