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samedi 10 octobre 2020

DELUSUS AB ELEMENTIS*

 

DELUSUS AB ELEMENTIS*

Dupés des éléments

 

Le bateau vogue seul sur la houle…

Vois, la mer bave ses dernières écumes !

La lame agitée que les vagues refoulent,

S’écrase au récif que la berge bitume.

 

Se meurent, peu à peu, en l’aube écarlate,

Les sauvages marées entrelacées d’embruns ;

La baille s’écrase dessus la roche plate,

Avant de s’évider, le long du rivage brun…

 

Où vont mourir au soir, les tempêtes noires,

Les cyclones mordus de cycliques ventées ?

Qui fait naître et mourir au col de l’entonnoir,

Les spumescentes bruines s’y laissant décanter ?  

 


Enfourchée de cotonneux blizzards, la nature

Perd pied ; lasse, ingurgite de la pulvérulence

Déliée des galiotes, la poudreuse ; de la mâture,

Le rostre écaillé écorne sa vaillance,

 

Modulé sous les flots en cacarde… s’ébrèche,

Du faîte d'éléments, la rageuse béance :

Insolente coulure venant percer en brèche,

La coque du gréage, la cale d’abondance…

 

Pendue au col de la désespérance, la périssoire,

A vue, navigue sur l’onduleuse nappe, repue

De tant de déprécations… l’audace est accessoire,

Quand s’ébrouent, des typhons corrompus,

 

Les vents salés du Nord, le nébuleux noroît…

Les hommes las, meurtris de perspectives,

Pensées aliénées… en fiers Audomarois,

Escaladent l’hunier, l'œil sur la dérive,

 

Le merlin… luttent, en ce froid intense,

Carguant de la vergue, le noduleux cordage ;

Blessée de la manœuvre en sa constance,

S’étiole la tornade vaincue, humiliée ; otage,

 

En ces travées, s’essouffle, pour disparaître,

Avalée des gigantesques fonds ; la vie

Reprend, après moult tressauts, pour renaître,

Ses droits existentiels, amplifiée d’envies,

De besoins… que sais-je ! Parfois, elle dévie,

S’allonge, déconfite… puis, se relève, ravie

D’avoir bercé en son sein maritime, le maître

De sa rétrocession ; sans mal, il l’anoblit au parvis

Des reines graciées, pour ne s’en plus démettre.

 

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020





CANABULA DUNES*

 

CANABULA DUNES*

Berceau de dunes

 

Notre terre a parlé en des termes puisés

Aux adages de craintifs ethnographes,

Cependant que la plume d’anciens cacographes

Moulait de la pensée, l’affect trop épuisé

Pour en décélérer la trompeuse rythmique,

Quand l’urgence pousse l’homme en panique,

A vider des grands lacs au débit chimérique,

L’itérative coulée, le reflux assaini… ou pollué,

L’imposante cascade, au crantage des criques

Mordant des berges nues, le talus renfloué.

 

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020

vendredi 9 octobre 2020

VETUS RETORNELLOS*

 


VETUS RETORNELLOS*

Ritournelles de jadis

 



J’ai aimé les romances d’antan, j’en chérissais,

Des moindres ritournelles, la poétique mise

Dentelant de la juste harmonie, l’entremise

Du barde qui, de douceur, les venait les tapisser.

 

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020

jeudi 8 octobre 2020

MARMOREENE PSYCHOSIS*

 

MARMOREENE PSYCHOSIS*

Marmoréenne psychose

 

Comme d’autres avant moi, se sont tus,

Quand il fallait parler ; ont finalement parlé,

Quand il fallait se taire, ne jamais déballer

A moins d’en faire règle, à l’esprit obtus,

 

Ce qui de la colère, peut naître, sans vergogne,

De la frustration, à l’heure où se dévoilent,

Aux primes angélus, les vices dont s’entoilent

Les déviants de Sodome, lestés en la besogne,

 

Du fardeau du péché, du poids de l’immoralité ;

En l’entremise du mal sans rétention,

Du stupre dégusté comme suave potion…

 

L’homme ne peut atteindre l’immortalité ;

Il se voudrait défaire du dévergondage

Dont sont victimes les craintifs en cage.

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020

NON DIU ANTE SE…*

 

NON DIU ANTE SE…*

Naguère… elles

 

Autrefois, les belles maraîchères portaient

Foulard et nœuds… se paraient en l’automne,

De beaux tissus de moire, que bedonnent

Les vents tièdes, les brises déportées.

 

Naguère, les suivantes, à la cour des dynastes,

S’agrémentaient de barbes dentelées, guipure

Savamment délacées d’amants qui, des parures,

S’entichaient, quand l’obséquieux, des fastes,

 

Se délecte, avec grâce… ce retors salivait à l’idée

De noyer sous esclandres, les fredaines du lord,

Lui, qui de la fesse pleine, élégamment, déflore

La callipyge déçue des traits du pongidé…  

 


Jadis, les rosières de vespérales jouaient

A qui perd, gagne, d’un sourire affecté… l’abbé,

Pour elles,  flattait la retenue, l’âme imbibée

D’eau bénite, l’esprit en bandoulière, enjoué…

 

Des lieux empruntés, et toujours, après noces,

De mutines marquises, dévotes, en apparence,

Aguichante balèvre, offraient sous le naos,

Large sourire aux clercs sevrés de résilience.

 

Elles étaient belles, ces dryades poudrées ;

J’eusse aimé à leur galbe, poser avec pudeur,

Lacets d’organdi, satin de bombyx, de brodeurs

Du pays de Quanzhou ignoré du madré…

 



Que n’aurais-je donné pour leur baiser la main,

Pour me griser du nard, peut-être, du jasmin

Parfumant de promesses, leur tendre lendemain !

 

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020

mercredi 7 octobre 2020

POCHADE TORUS*

 

POCHADE TORUS*

Incisive pochade

 

L’aube qui va venir est un printemps sans joie,

L’aurore qui va poindre est une terre morte ;

Nul ne peut enclore de ces cœurs qui rougeoient,

La capsule enclouant, si l’âme l’insupporte,

La  froide cuticule, précieuse, quand la cohorte

Anime la vindicte engrossée du bourgeois !

 

N’est point de récurrence qui ne soit, en l’itératif,

Vrai retour aux sources ! Sophisme et arguties

Pénètrent en la torpeur de l’esprit lié, l’expansif,

L’apodictique de l'exubérance peu à peu, étrécie

 

Du sujet en mal d’intellection, l’être sevré

Du savoir d’altiers métaphrastes, l’indocte nu

Dont plume_ de le dire, vous me voyez navré !_

N’a de son retenir, que ponce d’ingénus,

 

Sous la caricature d’un tropisme banal, satire

Sans prétentions… simulacres fouillés,

Et qui de la pochade, enfielle, pour l’abrutir,

Le naïf bridé de métaphores souillées

D’afféteries, d’outrecuidances, peut-être,

De desideratas méconnus de ganaches bornées,

Et qu’entaillent les mots, en-deçà du paraître…

La science est un puits d’où les rêves mort-nés

Puisent, sans le savoir, l’onguent des ces années

Spoliées d’acquis, d’accointances... tannées,

Sans le pulpeux de recognition… à naître.

 

L’automne qui s’en vient est un jardin miné…

Passeront, en hiver, avant que de gésir,

Les tâches bitumées auxquelles vont s’arrimer,

Les ultimes empreintes d’impudents plaisirs…

 

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020

mardi 6 octobre 2020

PRIMA LUCE SPLENDORIBUS

 

PRIMA LUCE SPLENDORIBUS*

Belles de l’aube

 

Belles de mes dix ans, princesses poudrées,

Venez en mes récrés nacrer de vos marelles,

L’éphémère traçage ! Lissez-moi à l’adret

De vos cimes fleuries, quand, cruels,

 

Les ans lient de nos riches printemps,

Les bouquets apprêtés d’indulgence…

Capricieuses ondines de mes songes mutants,

C’est en ma tarentelle que s’allume l’enfance.

 


Tintinnabulent les cloches de l’oubli, grelots

Qu’une invisible main glissée au fil de l’eau,

Agite en mes silences de galant éconduit…

 

De mes rimes d’aède dont l’aurore s’enduit,

A mes résipiscences de barde solitaire,

N’est d'autres mesures que l’âme ne peut taire.  

 



Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020