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mardi 6 octobre 2020

MELANCHOLIA*

 

MELANCHOLIA*

Mélancolie

 

Tristes jours, tristes nuits ! Les amants

S’en reviennent, plissant du petit jour,

L’insolente moiteur posée là, en ajour,

En cet automne ceint de désagréments.

 

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020

lundi 5 octobre 2020

PUERITIA EXCITARE !*

 

PUERITIA EXCITARE !*

Éveillez l’enfance !

 

Nos rondes, nos jeux, nos mercredis,

Ont pavé la mémoire de riches souvenirs…

Et, quoique nous fussions, n’aurons à bannir

Les douloureuses plaies, ces escarres roidies

Encroûtées à la peau, ces gênes, qu’engourdit

L’enfance pénétrée d’envies à désunir…

 

J’avais, aux larmes bleues déflorant l’humeur,

Aux instances premières, de diaphanes flux

Emmêlés à mes rires cassés, et qui, du mafflu,

Transissaient de l’offense, l’altérable clameur.

 

Nous grandissions, conquis, au vert hallier,

De béantes griffures de vertes ronceraies

Où les rires diffus accotaient la coudraie

Parsemée de noisettes, levées des céréaliers.

 

Sous le préau d’école, à l’heure des devoirs,

Le silence feutrait du long couloir venteux,

Les moindres interstices ; en un patois douteux,

Les cancres s’invectivaient, étonnés de savoir,

 

Après punitions, la longueur de la Seine, le prix

Des marchandises, les virgules de l’arithmétique,

Troublant subjonctif, fièvres de la poétique

Dont Aristote confisque l’épithète, sans du mépris,

Arguer des versifications, césure syllabique

Pénétrée d'iambiques adages... incompris.

 

Ah ! Ces problèmes de robinet, dont les fuites

En mon mal, s’évertuent à pisser sans répit,

De sulfureuses broues d’écumes de dépit,

De minuscules perles, sans en calmer pépie,

D’incessantes coulées… cette arrivée du train

Dont il faut calculer distance, sans entrain,

Puisque bercés de rêveries, contraints

De naviguer au module de l’allotropie,

D’atomes moléculaires, d’alinéas restreints.

 

Hugo voilait de paradigmes la versification

Substituable, mais par trop pathétique ;

Buvions, en l’espèce, la prétendue vertu… caustique,

N’est-il pas (?!) Verlaine boudait des récréations

 

Dont fûmes zélateurs, la houleuse poussée ;

Il modelait de l’âme réfractaire au savoir,

Comme avant lui, Villon… est-ce sans le vouloir(?)

L’inusable circuit du censeur courroucé,

 

Aux portes d’un Malherbe velouté de baroque,

De Bueil de Racan, dont Tallemant des Réaux

Narre, en des fins subterfuges, les sentiments féaux,

Ouatant de la faconde, les sarcasmes glauques.

 

Enfance, mon enfance pieds nus dans la vase,

Ma candide foulure de garçonnet tranquille,

Caressé de la vague bercée du vent des îles,

Qu’as-tu mis en mon cœur délogé à sa base,

Mon âme sertie de vaines antonomases,

Mes yeux délacés de mirages, d’illusions subtiles,

De fantasmes désuets, de puériles extases ?

 

Et si j’avais encor des fièvres d’antan, absorbé

La liqueur rancie de sages concussionnaires,

A la lie, le filtrage gavé du fat,  débonnaire,

Se croît-il, pour justifier de l’esprit embourbé,

La notoire faiblesse, l’atonie du faraud plombé

De médisance, quant la gent se met à succomber

Au tertre d’immoralités lestées d’actes coplanaires !

 

Revêtez de Mando, mon double métissé, le raglan !

Qu’il me soit donné d’assujettir, sans mal, céans,

 Aux miennes infortunes, prestance du géant,

Altier, où trépassent, hissés à son palan,

Les noceurs cacochymes d'hier… en bâillant

Diffuses quérimonies pistées du souffle lent !

 

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020

OPHELIA DULCIS*

 

OPHELIA DULCIS*

Douce Ophélie

 

Appelle-moi à l’aube, quand rougeoient

Sur la dune, les rayons du soleil

Équarrissant la plaine, que s’éveillent

Les songes dépités, refoulés de nos joies !

 

Élague de mon cep, les noduleux stolons,

Sans que j’aie à m’en faire, ô douce Ophélie !

Ébranche les rameaux de mon ciel de lit !

Les oiseaux en épandent au point de l’aquilon,

 

Quelques bribes soufflées, avant de disparaître,

Pour ne plus revenir en ébarber du stipe,

Les ligneuses travées guipées en serpentins,

Canetées en l’aurore, aux gemmules à naître.

 

Défais-moi des langes ignorés du putto,

Ces braies de Germanie, ces défroques mitées !

Vêts-moi du froid satin de ton ambiguïté !

Je jouerai à te plaire, en un sostenuto

 

Retenu à l’ivresse de l’agitato ; s’en effeuillent,

Du clavecin superbe, en un con affetto proche

Du mezzo voce, les coulures d’ébauches

Iconiques… sanglots inhérents à ce deuil.

 

Ophélie, enfant sage, pudibonde rêveuse,

Fais-moi, de tes marelles, pénétrer le crayeux !

Tracerai, à mon tour, un profond emposieu

Pour retenir tes pleurs de nymphette songeuse.

 

A verse, à ton col, roulent des baisers

Dont je ne suis plus maître… qui sont ces damoiseaux

Efféminés, en chausses ? Où nagent ces oiseaux

Dont  l’azur de surface, par eux, semble brisé ?...

 

Viennent-ils pourfendre tes sentiments,

Maculer de vexatoires blandices, en mégalomanes,

La tienne retenue ? De quels influx, émanent

L’ahanasse poussée, cordée de faux-serments,

 

Et qu’égrènent les pitres en bouffettes, gilles

Bariolés, pirouettant en derviches, à tes pieds ?

Ne me laisse, à ce pesant licol, épier

Le faste écorné de gestuelles agiles !

 

Ophélie, ma précieuse, concède-moi

L’extase du galant ! Ferai de nos jeux,

Sans simulacre aucun, un précieux enjeu,

Une prospère mise… débouterai de l’Ether nuageux,

Les tenaces volutes, les tortillons fangeux,

Pour un ciel plus clair, sans craintes, ni émois.

 

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020

dimanche 4 octobre 2020

EXCITARE MEI*

 

EXCITARE MEI*

Réveille-toi mon cœur

 

Réveille-toi mon cœur, allume ta vertu

De nouvelles spires de parhélie !

J’ai peur d’avoir de mes besoins obtus,

Prisé le froid pétun corrélant la folie.

 

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020

 

PIE VIVAMUS INCLUSUM*

 

PIE VIVAMUS INCLUSUM*

Pieusement encloîtré

 

Mes harmonies s’effeuillent en la nuit,

Et pour au jour, naître de psalmodies ;

Il me faut des notes, aux heures qui fuient,

Pour irradier de brèves, les belles mélodies !

 

Je raccorde les mots enchâssés à mon verbe,

Car, de ce retenir, il n’y a plus d’espace…

Si ma plume s’entoile de propos acerbes,

Mes pensées en refoulent les infimes traces.

 

Mes symphonies sont des bruits de couloir,

De trompeurs hydatismes clivés en refouloir

De douteuses semonces prévaricatrices…

 

Pieusement, en de profondes hymnes, ma voix

Claustre de fins sanglots, l’issue de cette voie

Où s’enrouent les remords d’âmes accusatrices.

 


Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020

MACROCOSMICO GRADUS*

 

MACROCOSMICO GRADUS*

Macrocosmiques degrés

 

Les oiseaux ont trouvé au nid de la jouvence,

En l'air pur et léger, un mouron appréciable…

Comme eux, je veux me mettre à table,

Me délecter de l’orge vanné de Provence.

 

L'abeille fore de l’alvéole pleine, sans mal,

Les cireuses cellules, sans en extraire

La goûteuse ambroisie ; puis, de l’aciculaire

Apex, au pollen d’étamine, le noyau proximal.

 

L’avifaune a migré ; le mistral moqueur

L’a poussée vers de lointaines sphères, au sud

D’atolls, où l’océan chavire de l'amplitude...

La mer s'y délie des grincheux remorqueurs.

 



On voit pousser au pied des grises citadelles,

De polyamides formes grimant le paysage ;

Bâillent des fenêtres alourdies de maillages,

Les volets écaillés suspendues en archelles.

 

J’aimerais retrouver les jardins de l’enfance,

Boire à la source claire, mes premières années,

Savourer le nectar épandu du philtre raffiné

D’amours en éclosion, apprêtées d’insolences.

 

L’irascibilité acte de chaque chimère,

L’achalandage du ventru, ce chineur ;

Elle mord aux degrés du triste suborneur

Se voulant récuser; reniant père et mère.

 


Alors, pour dégorger du hideux mélange,

La mixture, me suis désobstrué de facto,

Du scientisme, drapé du long manteau,

Du scepticisme… le dogmatique dérange,

Autant qu’il déblaie, l’âme percée d’alfange...

En opportuniste lesté d’horribles fardeaux,

Rend grâces aux contradictions… en l’étrange.

 

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020

samedi 3 octobre 2020

OCTOBRIS*

 

OCTOBRIS*

Octobre

 

Au clair de lunes bleues, octobre achève

De la sphère poudrée d’inutiles frimas,

Les miasmes sidéraux, puis, du venteux climat,

Les frémissantes brèches, les effilures brèves.


Octobre s’est revêtu à l’orée des solstices,

D’un moiré automnal, d’une grise mante ;

Parcourt des fétuques que la ventée aimante,

Des frêles pédicelles, le soyeux orifice…


Repu de tant d’inflexions, s’allonge serein,

Bercé par la moiteur du souffle vaporeux

De l’arrière-saison, dont les sillons poreux

Ondoient sur la buttée épiée du marin.


Octobre a délacé du support des prairies,

Le hallier coupant, broussaille et fourré ;

Y traînent les marmottes au long poil ajouré,

L’albinos Wiarton des rustres boiseries.

 

Octobre est un chemin emprunté de galants

Battant seuls la campagne, avançant à pas lents.



Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020