EXCITARE
MEI*
Réveille-toi mon cœur
Réveille-toi mon cœur, allume ta vertu
De nouvelles spires de parhélie !
J’ai peur d’avoir de mes besoins obtus,
Prisé le froid pétun corrélant la folie.
Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020
EXCITARE
MEI*
Réveille-toi mon cœur
Réveille-toi mon cœur, allume ta vertu
De nouvelles spires de parhélie !
J’ai peur d’avoir de mes besoins obtus,
Prisé le froid pétun corrélant la folie.
Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020
PIE
VIVAMUS INCLUSUM*
Pieusement encloîtré
Mes harmonies s’effeuillent en la nuit,
Et pour au jour, naître de psalmodies ;
Il me faut des notes, aux heures qui fuient,
Pour irradier de brèves, les belles mélodies !
Je raccorde les mots enchâssés à mon verbe,
Car, de ce retenir, il n’y a plus d’espace…
Si ma plume s’entoile de propos acerbes,
Mes pensées en refoulent les infimes traces.
Mes symphonies sont des bruits de couloir,
De trompeurs hydatismes clivés en refouloir
De douteuses semonces prévaricatrices…
Pieusement, en de profondes hymnes, ma voix
Claustre de fins sanglots, l’issue de cette voie
Où s’enrouent les remords d’âmes accusatrices.
Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020
MACROCOSMICO
GRADUS*
Macrocosmiques degrés
Les oiseaux ont trouvé au nid de la jouvence,
En l'air pur et léger, un mouron appréciable…
Comme eux, je veux me mettre à table,
Me délecter de l’orge vanné de Provence.
L'abeille fore de l’alvéole pleine, sans mal,
Les cireuses cellules, sans en extraire
La goûteuse
ambroisie ; puis, de l’aciculaire
Apex, au pollen d’étamine, le noyau proximal.
L’avifaune a migré ; le mistral moqueur
L’a poussée vers de lointaines sphères, au sud
D’atolls, où l’océan chavire de l'amplitude...
La mer s'y délie des grincheux remorqueurs.
On voit pousser au pied des grises citadelles,
De polyamides formes grimant le paysage ;
Bâillent des fenêtres alourdies de maillages,
Les volets écaillés suspendues en archelles.
J’aimerais retrouver les jardins de l’enfance,
Boire à la source claire, mes premières années,
Savourer le nectar épandu du philtre raffiné
D’amours en éclosion, apprêtées d’insolences.
L’irascibilité acte de chaque chimère,
L’achalandage du ventru, ce chineur ;
Elle mord aux degrés du triste suborneur
Se voulant récuser; reniant père et mère.
Alors, pour dégorger du hideux mélange,
La mixture, me suis désobstrué de facto,
Du scientisme, drapé du long manteau,
Du scepticisme… le dogmatique dérange,
Autant qu’il déblaie, l’âme percée d’alfange...
En opportuniste lesté d’horribles fardeaux,
Rend grâces aux contradictions… en l’étrange.
Armand Mando
ESPARTERO© copyright 2020
OCTOBRIS*
Octobre
Au clair de lunes bleues, octobre achève
De la sphère poudrée d’inutiles frimas,
Les miasmes sidéraux, puis, du venteux climat,
Les frémissantes brèches, les effilures brèves.
Octobre s’est revêtu à l’orée des solstices,
D’un moiré automnal, d’une grise mante ;
Parcourt des fétuques que la ventée aimante,
Des frêles pédicelles, le soyeux orifice…
Repu de tant d’inflexions, s’allonge serein,
Bercé par la moiteur du souffle vaporeux
De l’arrière-saison, dont les sillons poreux
Ondoient sur la buttée épiée du marin.
Octobre a délacé du support des prairies,
Le hallier coupant, broussaille et fourré ;
Y traînent les marmottes au long poil ajouré,
L’albinos Wiarton des rustres boiseries.
Octobre est un chemin emprunté de galants
Battant seuls la campagne, avançant à pas lents.
Armand Mando
ESPARTERO© copyright 2020
Irréfragable rhétorique
Éventrez du silence la pesante accalmie,
Cette trompeuse pause, ce fictif armistice !
Faites crier les morts, entre les interstices
Du sommeil racoleur ; ils seront insoumis,
Loin d’ouateuses
bermes, d’illusoires travées,
Quand du jour à venir, spectres du devenir,
Marcheront sur les pas ne pouvant retenir
Du temps aseptisé, les heures encavées
Aux cycles calendaires, et que broient les années
Chues de consomptibles ides ! Déçues des rogues,
Les âmes dépitées quitteront de la sorgue,
L’évidente noirceur, pour du songe mort-né,
Au son de clavicole, s'allier aux musiques,
Arpèges de piano
forte, au temps vrai
D'harmonies pincées de la viole enivrée
De l’antecantatio, en l’acmé d’acoustique.
Venez mordre au noyau de sapience,
Pacotille de jésuitiques ascètes !
Verrez du leurre de cristal, les facettes
Cosmétiquées de rites d’obédience !…
Sous les dentelles de putains en résille,
La blessure du bas-ventre des chiennes,
Frissonnent des plaisirs ; l’épicurienne
Les presse de phalanges ridées ; ces esquilles
S’émiettent en l’interdit, quand l’humeur
Résorbe de la manœuvre, avant que de muer,
Les rudes entrelacs, peu à peu, commués
En béats geignements… on en vit… on en meurt.
Quand l’homme verra au glas s’en venant naître,
Le Ciel, souffler Le Feu Du Divin Jugement,
Sa Colère, au barycentre de l’égarement...
L’Agneau crucifié éconduira le traître,
Pétri de glossolalie ; il priera Le Seigneur,
Mon Créateur béni, L'Unique Messie-Roi,
Dans la dolence de sa voix en désarroi,
Verbe nasillard ; en vain ! Qu’en est-il du cogneur
Qui, porte close, se soumettra, perdu
A jamais aux méandres de l’autosuffisance ?
Accointées aux mâles sevrés de résilience,
De prestes maritornes aux entraves ardues,
Au parvis d’immenses cathédrales, boiront
Avant de choir du tableau de Soutine,
Naïve, l'obombrée de la curie latine
Offrira au graveur, d’incommodes jurons…
Venez danser au marbre de ce mausolée,
Celui que Rome a sis au ventre du mouroir,
Ce froid catholicisme de prônes de dortoir,
De mercuriales dont les sermons balaient
Pour s’en mieux repaître, les capucinades
De curés engrossés de litanies glaireuses,
Gras majordomes, qui de béguines pieuses,
Aspirent de la tétée, la cavité laiteuse
Au flou du théodolite modifiant l’espèce,
Replète sous la chair d’atonales phonies
Jabotées de chaisières de cérémonie,
En des coulpes que le malheur dépèce.
Martelez le sol des prévaricateurs, ces profils
Avachis, et sans cœur: tristes silhouettes,
Par trop endimanchés ! Dans leurs habits de fête,
Paradent au pied du maître-autel… y défilent
Les servants d’outre-lieu_ chafouins aspergés
D’eau bénite, ou prétendue telle ; ces cauteleux,
Friands de catéchèse, tancent le sabouleux
Dont la bave maquille, au tonal du clergé,
La frémissante lippe souvent ennuagée
De mensonges exsangues, balèvre chargée
De profanations du catéchisme mielleux,
Alors que ces bigots dont le pape s’entiche,
Déversent sans vergogne, à l’ouïe attractive,
De fielleux boniments, sous des braises qu’avive
Le souffle court de morbides prêtrises, riches
D’alacrité, pour lier l’innocent qui s’en fiche,
La rosière d’un bal de quartier… elle affiche
De sa croupe, quand d’autres défrichent
Des péronnelles, le réceptif hymen, la vive
Encoignure devant laquelle salivent
Les amants de bandaison, altiers convives
De bombance,entre les cuisses de biches
Délacées du cordon de morale, en l’aguiche
D’accortes odalisques aux mues adaptatives
Voyez !
Rien, non rien, de plus navrant céans,
Que l’ivresse
du doute, de la controverse !
S’en
faudra de peu, pour enclore sous l’averse,
La charmille de nos pas… loin de cet océan
Dont la
baille sublime de soubresauts géants,
L’ondulatoire
fréquence ; les remous les dispersent
Au renouveau
des larmes, quand les sourires gercent.
Armand Mando
ESPARTERO© copyright 2020
Jardins de séduction
Venez voir refleurir les jardins de Suzhou,
Le Nong Nooch de Thaïlande ; à Majorelle,
Les fleurs de Marocco aux teintes aquarelles,
Le beau genévrier s’enchevêtrer au houx !…
Qu'est-il de plus beau aux sillons d’Alhambra,
Aux portes de Villandry, au déversoir pavé !
Au cœur de Keukenhof, la Hollande se vêt
De chaudes radiances, en nous ouvrant les bras.
Kyoto, au temple de Kinkaku-ji, redessine l'allée
Où poussent à foison, d’aquatiques tubules
Semblables à l’alerte bambou agrafé en fibule
Au col de la nature fardée de mausolées.
Tivoli, l’aguicheuse, anime de senteurs,
De fragrances, le dôme de Renaissance,
L'architecture de la Villa d’Este, l’aisance
Du manoir retenu au matin enchanteur.
Au nord de Brentwood bay, éclosent
Sous la neige, quelques bourgeons percés
Du froid chinook ; les pluies l'ont bercé
Au rideau de coulées, de musiques encloses.
Des cuprifères tropiques, chez moi,
La Martinique cloue des brandons au regard
De tendres néophytes, qui, l’œil hagard,
Découvrent Balata, son royaume où larmoient
La rosée de décembre, les perles parfumées
Dont la flore superbe entaille les verts semis,
Au rythme de l’écho de ces tam-tams soumis
A l’ombrageux Kwoca
y venant parsemer
De fondantes biguines, de prestes mazurkas…
Les filles aux hanches pleines, fleur aux dents,
Entoilent nos jardins de tressauts discordants,
Qui, du Mont Périnelle mordu du paroka,
Aux plaines de Plaisance, enserrent le bedon
De ces terres bénies où les ombres s’effacent
Au chaud Phébus embué de mille traces
Émargées de la plage posée en édredon
Sur la rive aux spumescentes bailles, dont
L'écumes balaie les géloses tenaces.
Prenez de
ces jardins défaits de noires gerbes,
Ces belles
closeries ceintes de munificence,
Les renoncules aux pointes de faïence,
Voilant à l’aube, l'humidité de l'herbe !
Venez aux tortilles poudrées de sel marin,
Féeriques
couloirs de romances floutées
Aux amours pénétrées de la suave beauté !
Le séducteur s'en musse, au halo ivoirin.
Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020
AEMULATORES
REPROBI*
Zélateurs déchus
Ventres pleins, pervers, ensoutanés romains,
Vous qui hissez la fesse au pinacle des mânes,
Voyez mourir au parvis d’âmes sans lendemain,
Les zélateurs séduits de vos rites insanes !
Armand Mando
ESPARTERO© copyright 2020