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vendredi 25 septembre 2020

AQUILA REX,*

 

AQUILA REX,*

Aigle-roi

 

Majestueuses rémiges déployées en l’azur,

Aux  portes de l’envol, au-dessus de l’abîme,

Pour guider de l’élan, en ce trajet sublime,

L’oiseau-roi devenu, sans autre démesure,

 

Nage au ciel d'ambre, défait d’obscurité,

Pour regagner le nid d'œuvres inaccomplies,

Et donner à l’espace figé en son repli,

La sphérique beauté que nuance, l’été,

 

Les cycles figés de vapeurs brumales…

Il fait matin aux ruines du grand vide

Désamorcé céans, d’autres éphémérides ;

 



Les solstices ont fui les humeurs hiémales

De ce jour égrappé de saisons éventées,

Dont l’oiseau ensoleille les orles aimantés.

 


Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020

PULVERIS NAVALI*

 

PULVERIS NAVALI*

Navale poudrée

 

Partout où les vents crèvent l’atmosphère pansue,

Où les tempêtes sifflent de fougueux maelströms,

Les océans déclinent, puis des vagues bossues,

S’éloignent peu à peu, avant de l’aquarium

S’éjecter, pour renaître en un sublime atoll

Aux rivages foulés de ces prestes amants,

Conquérants de plages filetées en étole,

Rivages dressés au clair du firmament.

 

Nobles contrées chahutées de bourrasques,

Somptueux espaces pétris d’ouragans,

Les crachins en déferle fondent sur la vasque

Soutenue d'estuaires où nage l’achigan ;

Des typhons, au douloureux ressac,

Les spumescents influx de la mer en furie

Caressent l’onde salée, la lagune bissac,

La dune où s’enfonce la molle holothurie.

 

Quand tangue le navire, chavire le radeau,

Se brise l’esquif, que ploie la périssoire,

Le marin brave les éléments ; du tirant d’eau

Battant flottaison, ajuste aux accessoires,

Les frêles mailles de filets de dérive ;

Les tropiques semblent s’en éloigner,

Pour des justes réserves, épargner des rives,

Le précieux fretin extorqué par poignées

De mariniers voulant aux lunes froides,

Désaccorder des pêches souveraines, l’accès

Emprunté de sages nautoniers, dont les roides

Saucées entravent la manœuvre ; à excès,

Bafouent sous la grisaille, de fougueux noroîts ;

 

 


Au filin de ces métamorphoses, les bateliers

Guerroient prudemment, molestés

De glaciales giclées… ils se laissent lier

De magistrales plommées, sans arc-bouter

Du chalutier, le rostre cogné en son stylet…

 

Partout où la grisaille embrume les canaux,

La nébuleuse affecte les terres endormies,

Le silence de  l’ombre accentue des chenaux ;

L’ébréchure, en son point d’accalmie,

Déchire la glanure des prairies d’automne ;

On voit aux sentes des Shetland,

Au soir blême, où dansent, monotones,

De lutines formes égarées sur la lande,

Arrondies en éteule, hallier épointé et fourré

De vieillissantes friches de marais ;

La peau du reposoir, bercée de tièdes bises

Ou de goulues ventées, jadis s'y paraient

Aux fluviales tâches que le soleil irise.

 



A couvert, sur la feuille, je trace en arabesque,

Des lettres dont les cunéiformes hanches

Emplissent de vertu, le verbe dantesque,

Et qu’étrille ma soif _ dois-je l’avouer_ étanche,

De narrer autrement de suaves nouvelles !

Suis, de l’encre à la plume, fol épistolier

Dont l’intrigue rompt sous la vervelle,

Jouissives métaphores rivées au palier

De la littérature éveillée des complices

Du savoir chimérique, ces questeurs

En licence de lettres, défaits de blandices

De conciliabules renaudés de rhéteurs.

J’ois de la grommelle, malgré moi… hélas !

De mortifères plaintes… j’en exècre la lie…

Dois-je, face à l’inélégance, rester de glace,

Bouder d’exégèse sans fard, l’hallali ?

 

  

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020

jeudi 24 septembre 2020

RURSUS IMPUDICA*

 

RURSUS IMPUDICA*

Immodeste récurrence

 

A brider du silence, la douce accalmie,

Ai de vos lourds poncifs, éventré la fadeur ;

Vos lois sont devenues, au truisme d’auteur,

Impudiques sophismes de l'adynamie.

 

A grimer de mensonges la trompeuse vertu,

Vos doutes prennent le pas sur l’authenticité

Qui, des prolégomènes à jamais usités,

Accentuent l’hyperbole du style impromptu.

 

A vaincre du fantasme, le douteux idéal,

Ai, du flou pathogène, allaité d’un sein clair,

Les larvaires ovules, chromosomes de glaire

S’y venant rompre en la sève létale…

 


La mort en escale au nord de vos matins,

Vient peupler la noirceur du vide sidéral ;

Y ronflent les mutants aiguisés de longs râles,

Et qu’enserrent les crocs du factice destin.

 

A narrer de nos peines encartées à la garde,

L’usufruit d'amnistie, avions de l’exergue,

Hissé avec aisance, en ce désert de l'erg,

Pavillon, avant _ souvent par mégarde _

 

De lester aux lois inhérentes ô combien

Au bonheur lié aux méandres soufflés

Du savoir, et qu’affinent du cylindre renflé,

Les vues de l’enfance trahie, corps et biens.

 

Sous la flamme d’une vieille chandelle,

J’écris nos infortunes, nos infélicités…

Celles qu’il m’en souvienne, encor plébiscitées,

Étarquent du temps mort l’aquatinte pastel.  

 


Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020

mercredi 23 septembre 2020

IRA IMPIGNORATAM*

 

IRA IMPIGNORATAM*

Colère hypothéquée

 

Faites rire les sages, vous les verrez pleurer !

Accusez l’innocent qui a l’âme sereine !

Il vous accueillera, sans faire montre de peine…

Il n’est rien, plus rien dont on se peut leurrer…

Depuis que le péché est venu l’emmurer,

L’homme s’est fait cerbère d’infamies souveraines !

 

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020

lundi 21 septembre 2020

TRANSMIGRATIO*

 

TRANSMIGRATIO*

Transmigration

 

Quand les lunes chavirent de la nue de septembre,

Que les lacs éventrés déversent leur jusant,

Les rayons harmonisent de la résine d’ambre,

La fossilisation des reflets reluisants

Entrelacés aux mânes des solstices d’été…

L’étrange qui condense au-delà de l’Ether,

La voûte magnifiée, aux abords apprêtés,

Voile de l’exosphère, les cailloux orbitaux

Empierrant le parcours de mouvances laquées,  

Et qu’enlacent les globes emmurés de cristaux,

Les astres dérivés du cosmos terraqué.

 


Quand l’océan déchire les confluentes vagues,

Lacère de la lame, les sodiques frisures,

Le crantage altéré du corail qu’on élague,

La cuvette saline se vide... à l’usure,

De l’infundibulum… la marée bleue s’étrangle

Aux algues calamistrées des fonds clairs

Qui, du grand tourbillon en émacie les sangles,

Pour se poser aux digues rompues d’éclairs ;

S’y délacent le nostoc, les vertes thallophytes

Peuplant les fonds, quand s’enfoncent

Le limon, l’ajonc, crispés en bryophytes,

Les boues éparpillées aux iodiques ronces.

 


De la transmigration de ces mondes-buvards,

Aux acides perlés de mécaniques bruines,

Fondent tous les pavés de larges boulevards

Empruntés de sirènes dont le charme décline.   

 

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020

VIOLARE SPACIUM*

 

VIOLARE SPACIUM*

Espace violé

 

Tonitruent les tempêtes, s’ébrouent encor

Les baleines du lointain Miquelon…

Il n’y a d’espace, en ce piètre décor,

Que le souffle purgé du violent Aquilon.

 

 

 Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020

INFANTAE DEVOTUM MUTATIS*

 

INFANTAE DEVOTUM MUTATIS*

Métamorphose d’infante

 

Secrète en ces jardins d’automnales soufflées,

Elle voile du temps, les subéreux accords

De muances emportant de son corps,

La nubilité mollement retenue au filet

 

De sa nouvelle vie… aurait-elle vécu, l’âme

Rompue de folles réjouissances, le cœur

Transpercé de cocagnes qu’un moqueur,

En d’impudentes brettes, sans flammes,

 

Ajusterait aux sarcasmes du libertin

Dont l’incivilité patine la démarche ?

Farouche, franchit de ces ultimes marches,

Les revêches dalles rivées au muretin.

 

Sa bouche fait offrande de baisers enjôleurs,

Longtemps retenus au pal de la morale ;

De cette parénèse, aux coutumes claustrales,

N’a pu s’échapper… ensuquée de douleurs.

 

Ses vingt ans acquiescent de la liberté

Dont elle veut faire fête, la juste anomie…

Ses rires modulent des fades économies,

La largesse voulue, la douce légèreté ;

 

La voilà, fin prête pour l’amour, celui dont

Parle le ménestrel volage de faubourgs !

Naîtront de ses impairs, d’imposants rebours

Qu’elle devra accepter, sans gêne, ni pardon !


L’angoisse naît de la peur… l’amour, lui, est un don.

 

 

  Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020