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mardi 11 août 2020

RETRO AD BASICS*


RETRO AD BASICS*
Retour aux sources

Je ferai revenir du tombeau du passé,
L’aquarelle floutée et les fauves d’hier,
Celles dont l’esquisse, en des mues altières,
Rehaussent du portrait, les pastels nuancés.

Je ferai de l’étoupe balayant les plissures,
Catafalque dressé au centre de la nef ;
Y flotteront en de trompeurs reliefs,
La béance du mal et ses rudes blessures.

Jailliront des lacs reposés en décembre,
Cadavres vidés du nanan de l’espoir,
Poussiéreux spectres placés au découpoir
De l’absence, au pulpitum d’ambre.

Femmes et enfants d’abord, au faîte
De superstitions abecquées de prélats ;
Fins prêts pour le Shéol, mis à plat
Au cénotaphe des morts en fête,

Autre lieu, pour au jour à venir,
Paître sous guenilles de sépulture,
En ectoplasmes de mégastructures
D'un ossuaire crispé de souvenirs.


Ferai du style riche d’antonomases,
Danser les fantômes de la Rome papale,
Borgiaques amants que le péché empale
Aux buttes serties de vains oukases :

Les sept collines de l’Apocalypse
Enchâsseront du Vatican, cet enfer,
Les sinueux couloirs où la nuit, s’affairent
Les cardinaux pansus, et qu’éclipsent

Les pédérastes de messes controuvées :
Mielleux apocryphes ceints de déisme,
Pourlèches de curés croqués du dadaïsme
Dont Francis Picabia a longtemps couvé

L’irréfragable vertu… sera-ce en ces moutures
De dithyrambe, en l’automne de l’âme,
Que choiront de l’impérieux drame,
Les faquins étrillant leur monture ?


Tête posée au chantourné, je salive
A l’idée de voir les nantis du siècle maudit,
Nager à contresens du complot ourdi
De mécréants, ces Ravaillac en dérive ;

Ils boiront la tasse avant que de couler
En l’antre du désordre… s’y complaisent
Les fous ramant sur océan de glaise ;
Leur bélandre enserre la baille démoulée.




Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020

lundi 10 août 2020

AUDACIA CORDIS EXISTENTE CUM…*


AUDACIA CORDIS EXISTENTE CUM…*
A cœur vaillant…


Aux cœurs victorieux, je dédie sans remords
Et la paix, et la joie d’être en ces mondes nus,
Vêtu de passion, quand l’âme s’ingénue
A troubler l’incroyant aux portes de la mort.

Aux enfants du néant, ces esprits réfractaires,
Je confie mon regret de les voir si frustrés
Devant la gent trompeuse, si outrés
Face aux rites empruntés de sectaires.

Aux femmes accoutrées de rubans délétères,
De haillons de cancane, d’étoffes de potins,
Je concède mépris, sans jouer les hautains
Au douteux gynécée de serves adultères.


J’octroie par atavisme aux peuples du désert,
Une longue traverse dont le récitatif
De musiques barbares laisse dubitatif,
Le derviche mouché sous un cache-misère

D’ânonnement syriaque, de complaintes suées
D’une phonie amorphe, rustre plainte
De poussah ventru, et sans classe, qu’éreintent
Les sanglots d’odalisques indignement huées.


A l’authentique croyant, j’offre sans rétention,
Et ma joie et mes pleurs davidiens…
Je présente l’autre joue, confiant, en Chrétien
Ennobli des Promesses Du Dieu de Sion,

Anobli de Ce Roi Jésus-Christ, mon Sauveur,
Mon Seigneur et Maître, mon Véritable Amour
En qui La Céleste Grâce, et la nuit, et le jour,
Rassure le fidèle dont la foi attise la ferveur.



Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020

dimanche 9 août 2020

QUAE EGO FACIO*


QUAE EGO FACIO*
Je fais ce que je veux

Je fais ce que je veux ! Tant pis si je déroge
Aux lois aseptisées, aux règles étatiques ;
Mes envies sont des masses eustatiques,
Mes besoins rebutent l'eucologe

De vos paroisses : chapelles mortes,
Cathédrales sans vie dont le mariolâtre
Accuse sous nef de mausolée albâtre,
Prépotence… à l’ouverture des portes.  

Je fais ce que je veux, c’est ainsi !!!
La vie, ce cylindre, aspire du présent,
Avant que de renaître en l’affect suffisant,
Piètres rogatons déviés de raccourcis

Dont je me fais fort d’écobuer
Du sol amodiable, les traverses butées,
Tertres jouxtés de spacieuses jetées ;
S’y entrelacent des formes embuées,

Sous étole, quand la maréchaussée
Admoneste l’ivrogne de guingois,
La catin au souffle en décroît,
Aux nuits troublées de relents alliacés.

Je fais ce que je veux ! Me peut-on  soumettre
Aux tatillonnes clauses, fussent rédhibitoires ?
Ai-je les pieds palmés aux remblais de trottoir
Écailles sur le dos ? Me le puis-je permettre ?


Hier, faquin en vos salons, céans podestat
A la cour où siègent les plus grands ;
Me fais, sans lunes, ni rustre bougran,
Autocrate d’empire, sublime potentat

De monarchie… celle dont parle encor
Le silène ventru d’un triumvirat,
Cacochyme devancier au verbe scélérat
A la toge mitée, sans baccalaureus, ni corps

Assez souple pour parader confiant,
Quand la plèbe en salves salue,
Riche d’orgueil, le tout nouvel élu
Au souverain trône… démiurge pontifiant,

Le voilà !… que dis-je, le… me voilà, fier,
Au faîte de la gloriole, sous oriflamme
D'affranchis que las, au soir, réclame
Le citadin repu de jésuitisme tiers !…

Je fais ce que je veux ! Seulement, très chers,
De vous, à moi, mes rêves sont en toc…
Suis, plus que jamais, sous les loques,
Palefrenier de bercail, devant l’archère

Percé de flèches d’inconsidération ;
Suis seul en cette thébaïde ; tant pis !
Mes luttes avariées accotent par dépit,
L’espoir de voir d’En-haut, La Rédemption.



Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020

samedi 8 août 2020

BALI PULCHRAE*


BALI PULCHRAE*
La belle de Bali

Les algues enlacées sous la flore saline,
Émerveillaient encor la dame de Bali ;
Elle teintait ses lèvres purpurines,
Sur le moite satin de son immense lit.

J'ai croisé son regard opalin dans Paris,
Au matin d’octobre en décroît ;
A son passage, la Seine s'est tarie, 
Les jais d’eau animés prirent froid.

Son moiré aux œillets de dentelles,
Flottait au tumulte de  l'écho offensé
De n'être, des clameurs rebelles,
Douceur à naître de salves nuancées.

J’enviais de sa peau, les nuances de feu,
Les replis de la chair faisant pavoiser
Ceux qui voulaient de ses tendres yeux,
Roidir les volutes... sans jamais patoiser

En d'insipides mots de sabir kannara :
Idiome dravidien usité de sultanes ;
Ce slang empalait du flou de son aura,
Le majestueux profil, la hanche diaphane.

J'aimerais plonger en ses rêves salés,
Atteindre la cascade diluée des fièvres
Exsudées de sa moue, afin d'en empaler
La sanguine douceur de sa rétive lèvre.

Voudrais en l'éther, obombrer de son col,
L'ubac encor humide… puis, de l'adret,
Franchir chaque degré qu’accolent
Les rides de balèvre, ou le nimbe poudré.

Serions-nous, au cœur de Bagatelle
Rassurés en ce lieu où, l’amant craintif
N’ose dénouer les soyeuses dentelles
De la muse blessée de l’éphèbe rétif ?



Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020

vendredi 7 août 2020

NAIS LANGUEAT ;


NAIS LANGUEAT ;
Naïade alanguie

C’était aux estivales, au soleil de juillet,
Quand s’éloigne la brume du petit matin,
Que déjà, s’essouffle le zéphyr mutin,
Elle avait pris en ce cycle guilleret,

Sans montre de pudeur, en l’aube épanouie,
Comme les filles de nos rêves soignés,
Le temps de se poser, puis, de s’éloigner
De la rive bercée du flot évanoui.

Sa hanche porphyre liait de sa marche,
Le doux tressautement, le port altier:
Superbe dont l’amant, volontiers,
Poncerait la structure qu’harnache

Le licol du désir impromptu, amativité
Lentement égrenée de l’œil alliciant ;
Que n’aurais-je voulu, certes, à escient,
Écheler de ses monts, l’insolite butée !…


Sa gorge nue offrait larges promesses,
Où, plaintives, les suées dégorgeaient
Des brèves craquelures purgées
Du reliquat de la chair en liesse…

Ses nuits boudaient des murmures
Fusés de conciliabules, l’audace ;
Son sommeil de sublime Candace
En trompait la narcose… s’emmurent

De cette geôle hissée à même la pépie
Vaincue de chatteries pubères,
Le trompeur farrago, et qu’obèrent
Les caprices aliénés au dépit.


Tout en elle, par elle, régente de l’extase,
L’impudique transe… de sa badine moue,
A l’affectation emperlée de remous
Activent de l’ostentatoire, sous arase

Conditionné de rudes mains
Malhabiles de libertins pugnaces
Au soir, chus du verbe loquace
De séducteurs aux actes inhumains.   

Au jour, la verrai sur la plage ;
Son ombre accolera mes pas désaccordés ;
Serai de la tendresse, sans la jamais farder,
Chantre de l'errance où s’isole le sage.



Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020

jeudi 6 août 2020

AGONIE DE TURBELLARIES



Agonie de turbellariés

Dorment à l’ombre des faubourgs,
Sous les porches d’église... au soir :
Hommes spoliés d’accessoires,
Carencés d’indulgence, à rebours

D’altruisme… ils rêvent, cœur à nu,
De pain, d’eau, de clémence… le temps
Nous laissant intestats, calme pourtant
De leurs travers, les fièvres soutenues ;

Taraudante ardeur, ce mal en devenir,
Ce venin qu’inocule l’adiaphorie :
Indifférence du peuple dont l’euphorie
Anime du mésaise le bât, sans bannir

De l’affect sclérosé de lourdeur,
Béotisme de fat sans ouverture : 
Rusticité dont la littérature
En de subtiles joutes, entaille la roideur.


S’étirent encor, telle la gent médusée,
L'âme, cul serré, gorge pleine,
Débordant d'une irascible haine,
Lors que le cœur, en finaud, ce rusé

Aux morgues empanachées d’emphase,
D'outrecuidance, si la misère l'écale
D'un stoïcisme en draine de mescal ;
Son âcreté céans, dégorge d'amylase.


De ces turbellariés sans attaches,
Ai beaucoup à apprendre… voudrais
De leur soif, en l'espoir, à l’adret
De leurs cimes, défait de sabretache,

Atteindre l’exacte dimension, voir
Pousser du devenir, heureux,
Fier, Le Ciel dont le peureux
Admoneste L’Aura… y verrai-je pleuvoir

Du Divin Créateur, Les Promesses ?
Serai-je à même d’en jouir ? Sans contredit,
Le Bonheur est d’En-Haut ! Je le dis : _
Rien de plus beau, au col de la détresse,
Que psalmodie d’anges en l’allégresse
Du Chœur tonnant du Paradis !



Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020

mercredi 5 août 2020

PRINCIPES ET PROCACIS*


PRINCIPES ET PROCACIS*
Impudique noblesse

Les rois sont à ce point, férus d’autorité,
Qu’ils tancent sans vergogne la plèbe,
Avant de la soumettre, avec alacrité,
Aux folles pitreries approuvées de l’éphèbe,

Ce gracieux dauphin du royaume envié
D’impériale caste dont la noblesse attise
En de secrets desseins, sans jamais obvier,
Le feu des scissions chatonné de feintises.  

Les reines soulignent du libertinage,
Fatale dérive d’amantes clandestines
Au boudoir où au soir, surnage
La candide d’un couvent de béguines.

En brocard de soie, les marquises poudrées,
Au preste damoiseau, confient sans amertume,
Espérer du dynaste, en des nuits cendrées,
Avoir de la couronne, quand le vice bitume

La catin de cour, nobiliaire titre, aveu
Semblables au serment d’épousailles ;
Là, au seuil de la vieillesse, faire vœu
Aux moniaux éclusant les sombres funérailles.

La suivante humiliée au cortège des serves,
Voit s’écrouler le fief de son désir de naître
En ces lieux où la gentilhommerie réserve
Aux pâles caméristes, ces gouges, fenêtre

Sur le monde… oasis en un désert de luttes,
D’avilissement… s’y perdent les soubrettes
Pelotées de disgrâces, que chahute
Le bourgeois épanoui en ces brettes.

Impudique noblesse, confite en la lie
Du vil sybaritisme, sans retenue aucune…
Émargée d’outre-lieu, outrée de l’hallali
Éveillant  la putain du roi qui, aux lunes,

Voit Le Jugement Divin fondre sur le sérail…
Point d’habeas corpus pour enclore de l’âme
Le repentir… vois la mort qui te raille !
Tu n’es en ce bas monde, que semence agame.



Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020