RETRO
AD BASICS*
Retour aux sources
Je ferai revenir du tombeau du passé,
L’aquarelle floutée et les fauves d’hier,
Celles dont l’esquisse, en des mues altières,
Rehaussent du portrait, les pastels nuancés.
Je ferai de l’étoupe balayant les plissures,
Catafalque dressé au centre de la nef ;
Y flotteront en de trompeurs reliefs,
La béance du mal et ses rudes blessures.
Jailliront des lacs reposés en décembre,
Cadavres vidés du nanan de l’espoir,
Poussiéreux spectres placés au découpoir
De l’absence, au pulpitum d’ambre.
Femmes et enfants d’abord, au faîte
De superstitions abecquées de prélats ;
Fins prêts pour le Shéol, mis à plat
Au cénotaphe des morts en fête,
Autre lieu, pour au jour à venir,
Paître sous guenilles de sépulture,
En ectoplasmes de mégastructures
D'un ossuaire crispé de souvenirs.
Ferai du style riche d’antonomases,
Danser les fantômes de la Rome papale,
Borgiaques
amants que le péché empale
Aux buttes serties de vains oukases :
Les sept collines de l’Apocalypse
Enchâsseront du Vatican, cet enfer,
Les sinueux couloirs où la nuit, s’affairent
Les cardinaux pansus, et qu’éclipsent
Les pédérastes de messes controuvées :
Mielleux apocryphes ceints de déisme,
Pourlèches de curés croqués du dadaïsme
Dont Francis Picabia a longtemps couvé
L’irréfragable vertu… sera-ce en ces moutures
De dithyrambe, en l’automne de l’âme,
Que choiront de l’impérieux drame,
Les faquins étrillant leur monture ?
Tête posée au chantourné, je salive
A l’idée de voir les nantis du siècle maudit,
Nager à contresens du complot ourdi
De mécréants, ces Ravaillac en dérive ;
Ils boiront la tasse avant que de couler
En l’antre du désordre… s’y complaisent
Les fous ramant sur océan de glaise ;
Leur bélandre enserre la baille démoulée.
Armand Mando
ESPARTERO© copyright 2020















