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vendredi 7 août 2020

NAIS LANGUEAT ;


NAIS LANGUEAT ;
Naïade alanguie

C’était aux estivales, au soleil de juillet,
Quand s’éloigne la brume du petit matin,
Que déjà, s’essouffle le zéphyr mutin,
Elle avait pris en ce cycle guilleret,

Sans montre de pudeur, en l’aube épanouie,
Comme les filles de nos rêves soignés,
Le temps de se poser, puis, de s’éloigner
De la rive bercée du flot évanoui.

Sa hanche porphyre liait de sa marche,
Le doux tressautement, le port altier:
Superbe dont l’amant, volontiers,
Poncerait la structure qu’harnache

Le licol du désir impromptu, amativité
Lentement égrenée de l’œil alliciant ;
Que n’aurais-je voulu, certes, à escient,
Écheler de ses monts, l’insolite butée !…


Sa gorge nue offrait larges promesses,
Où, plaintives, les suées dégorgeaient
Des brèves craquelures purgées
Du reliquat de la chair en liesse…

Ses nuits boudaient des murmures
Fusés de conciliabules, l’audace ;
Son sommeil de sublime Candace
En trompait la narcose… s’emmurent

De cette geôle hissée à même la pépie
Vaincue de chatteries pubères,
Le trompeur farrago, et qu’obèrent
Les caprices aliénés au dépit.


Tout en elle, par elle, régente de l’extase,
L’impudique transe… de sa badine moue,
A l’affectation emperlée de remous
Activent de l’ostentatoire, sous arase

Conditionné de rudes mains
Malhabiles de libertins pugnaces
Au soir, chus du verbe loquace
De séducteurs aux actes inhumains.   

Au jour, la verrai sur la plage ;
Son ombre accolera mes pas désaccordés ;
Serai de la tendresse, sans la jamais farder,
Chantre de l'errance où s’isole le sage.



Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020

jeudi 6 août 2020

AGONIE DE TURBELLARIES



Agonie de turbellariés

Dorment à l’ombre des faubourgs,
Sous les porches d’église... au soir :
Hommes spoliés d’accessoires,
Carencés d’indulgence, à rebours

D’altruisme… ils rêvent, cœur à nu,
De pain, d’eau, de clémence… le temps
Nous laissant intestats, calme pourtant
De leurs travers, les fièvres soutenues ;

Taraudante ardeur, ce mal en devenir,
Ce venin qu’inocule l’adiaphorie :
Indifférence du peuple dont l’euphorie
Anime du mésaise le bât, sans bannir

De l’affect sclérosé de lourdeur,
Béotisme de fat sans ouverture : 
Rusticité dont la littérature
En de subtiles joutes, entaille la roideur.


S’étirent encor, telle la gent médusée,
L'âme, cul serré, gorge pleine,
Débordant d'une irascible haine,
Lors que le cœur, en finaud, ce rusé

Aux morgues empanachées d’emphase,
D'outrecuidance, si la misère l'écale
D'un stoïcisme en draine de mescal ;
Son âcreté céans, dégorge d'amylase.


De ces turbellariés sans attaches,
Ai beaucoup à apprendre… voudrais
De leur soif, en l'espoir, à l’adret
De leurs cimes, défait de sabretache,

Atteindre l’exacte dimension, voir
Pousser du devenir, heureux,
Fier, Le Ciel dont le peureux
Admoneste L’Aura… y verrai-je pleuvoir

Du Divin Créateur, Les Promesses ?
Serai-je à même d’en jouir ? Sans contredit,
Le Bonheur est d’En-Haut ! Je le dis : _
Rien de plus beau, au col de la détresse,
Que psalmodie d’anges en l’allégresse
Du Chœur tonnant du Paradis !



Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020

mercredi 5 août 2020

PRINCIPES ET PROCACIS*


PRINCIPES ET PROCACIS*
Impudique noblesse

Les rois sont à ce point, férus d’autorité,
Qu’ils tancent sans vergogne la plèbe,
Avant de la soumettre, avec alacrité,
Aux folles pitreries approuvées de l’éphèbe,

Ce gracieux dauphin du royaume envié
D’impériale caste dont la noblesse attise
En de secrets desseins, sans jamais obvier,
Le feu des scissions chatonné de feintises.  

Les reines soulignent du libertinage,
Fatale dérive d’amantes clandestines
Au boudoir où au soir, surnage
La candide d’un couvent de béguines.

En brocard de soie, les marquises poudrées,
Au preste damoiseau, confient sans amertume,
Espérer du dynaste, en des nuits cendrées,
Avoir de la couronne, quand le vice bitume

La catin de cour, nobiliaire titre, aveu
Semblables au serment d’épousailles ;
Là, au seuil de la vieillesse, faire vœu
Aux moniaux éclusant les sombres funérailles.

La suivante humiliée au cortège des serves,
Voit s’écrouler le fief de son désir de naître
En ces lieux où la gentilhommerie réserve
Aux pâles caméristes, ces gouges, fenêtre

Sur le monde… oasis en un désert de luttes,
D’avilissement… s’y perdent les soubrettes
Pelotées de disgrâces, que chahute
Le bourgeois épanoui en ces brettes.

Impudique noblesse, confite en la lie
Du vil sybaritisme, sans retenue aucune…
Émargée d’outre-lieu, outrée de l’hallali
Éveillant  la putain du roi qui, aux lunes,

Voit Le Jugement Divin fondre sur le sérail…
Point d’habeas corpus pour enclore de l’âme
Le repentir… vois la mort qui te raille !
Tu n’es en ce bas monde, que semence agame.



Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020

mardi 4 août 2020

NATURA VELATA RECINCTA*


NATURA VELATA RECINCTA*
Drapé de nature

Il fait beau ce matin, le soleil s’aventure
Au nord des chemins creux où cheminent
Nos rêves, nos songes, qu’illumine
L’enchanteresse flore en la belle nature.

Chante l’oisillon repu de la riche pâture
Dont la tendre moinelle, avec attention,
Alimente sa couvée, et sans rétention ;
La voilà épiant de la faune, la villégiature.  


Sur les coteaux sableux, au bord des lagunes,
A l’orée des sous-bois, sur la berge roidie,
Le vent vient caresser le ventre rebondi
Du layon caché sous la broussaille brune.

Il fait aux vespérales, à la lune blême,
Aux frissons drapant le firmament,
Beau, c’est certain ! S’éveille fatalement,
De l’amour, l'astre bleu, bohème

Sublimée de l'envol de cœurs éblouis
Par passion, défaits d'acrimonie :
Riche émotion au faîte de gémonies
Empruntées de galants, à l’aube, enfouis.



Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020

lundi 3 août 2020

SEDUCTOR ILLE PERNICIOUS*


SEDUCTOR ILLE PERNICIOUS*
Pernicieux séducteur


Après avoir vomi esclandres, algarades,
T’es fait séducteur, pour apprivoiser
Les gotons offrant cœur maussade,
Gorge poudrée, pour mieux pavoiser
En reines de bitume : on voudrait les croiser
Quand le corps nu échoue sur l’autre rade.

Au point du jour, entre les berges sales,
Tu soupires, puis, jouis d'invectives
A l’endroit de catins en escale
Au corridor où l’amante plaintive,

De quérimonies, en gémissements,
Empèse du silence s'y venant expier,
La vacance ; elle teinte d’agréments,
La chair par trop meurtrie, estropiée.

Son profil attire aux nuits veloutées
Le fripon des cités, larron désœuvré
Du quartier, dont on  voudrait douter,
Quand muent les rêves enfiévrés…


Sur ta couche froissée, l’exil écale
Du mal-être serti de déviances,
Le noyau supplicié de Tantale,
Le cerneau défait de sapience,

Dénervée du savoir, du dispendieux,
De ces cognitions dont le cerveau
Nimbé de lourds secrets, renie de Dieu,
La Sagesse, quand s'ouvre le caveau.





Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020 

dimanche 2 août 2020

LENA


LENA
A Lena de Granville


Je vous voyais sourire en mes rêves feutrés,
Entendais murmurer de mutines ariettes,
Au souffle évaporé dont l’ardeur s’émiette,
Animant de la lippe le pulpeux attrait.

Vous voyais au noir de l’absence, escalader
Le col des primes défaillances… l’hiver
En de cendreux matins, se posait au revers
De vos larmes figées, pour du vide, écaler

L’inutile cerneau de mélancolie, ce spleen
Qui du tourment, accentue des blessures
La béance dont l’expectance fissure
La turgide charpente, quand l’âme s’y confine.  


Croyais que vous seriez mienne… tout en moi
Confessait cette attente : de vos prestes invites,
Aux secrets billets ; de vos pleurs azurites,
A ces rires mutins excitant mon émoi.

J’effilochais des nuits lacérant ma peine,
La brumeuse mandorle ; mon regard alouvi
Perdu aux méandres d’insatiables envies,
Dégorgeait de l’offrande des déveines.

Ce fut alors, en l’éveil des prémices,
La gorge du néant… votre verbe s’est tu…
Les routes se défirent de la sente pentue
Où jadis, derrière les canisses,

Épions de l’aube matutinale, les perles
De la rosée, au ballet de l’abeille
Grisée des butines d’étamines vermeilles
Au strident pépiement du malicieux merle.


Les jours ont arraché les ailes du passé,
Pour en faire rémiges d’infortune…
Que j'aie, céans, des joies inopportunes !
L’épreuve d’un portrait sépia encrassé

De spectrales dépouilles, débris poncés
De souvenirs éteints, d’écarlates brisures
En mes yeux flous, équarris par l’usure
D’un  dépit aux douelles roncées !



Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020

samedi 1 août 2020

AMOR, HOC ARTIFICIUM*


AMOR, HOC ARTIFICIUM*
L’amour, cet artefact

L’amour est un chemin pavé d’illusion,
Un sentier où s'égare la raison ;
C’est aussi un chenal délaissé des saisons,
Canal d’où chavirent les mortes passions.

L’amour est l'esquisse d’un aquafortiste,
Ébauche privée de ses belles couleurs,
Un croquis dont les tons isolent la fadeur,
L’exsangue prétention dupant l’artiste,

Une allée pentue ; s’y perdent les amants,
En l'accès emprunté de béjaunes surpris
D’être en l’inconscient, vil mépris
De béguines encloses de tourments.

L’amour est semence de jachères,
Sève culturale de jardins de bohème ;
Longés aux clameurs que l’on sème,
De déçus feintés du halo de torchères…


C’est un tableau, sculpturale empreinte,
Œuvre statuaire dévoilée avec grâce,
Prodige sublimé de subtiles traces ;
L'éconduit en flatte les criardes teintes.

Pour l’avoir côtoyé aux décans de septembre,
Je peux, sans montre de réserve, affirmer : _
C’est un bouquet repu des fragrances de mai,
Sur tombe chaulée, ou sépulture d’ambre ;
D’anonymes pensées; l'audace en démembre
L’escorte, au petit jour, avant de l’essaimer.



Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020