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mardi 4 août 2020

NATURA VELATA RECINCTA*


NATURA VELATA RECINCTA*
Drapé de nature

Il fait beau ce matin, le soleil s’aventure
Au nord des chemins creux où cheminent
Nos rêves, nos songes, qu’illumine
L’enchanteresse flore en la belle nature.

Chante l’oisillon repu de la riche pâture
Dont la tendre moinelle, avec attention,
Alimente sa couvée, et sans rétention ;
La voilà épiant de la faune, la villégiature.  


Sur les coteaux sableux, au bord des lagunes,
A l’orée des sous-bois, sur la berge roidie,
Le vent vient caresser le ventre rebondi
Du layon caché sous la broussaille brune.

Il fait aux vespérales, à la lune blême,
Aux frissons drapant le firmament,
Beau, c’est certain ! S’éveille fatalement,
De l’amour, l'astre bleu, bohème

Sublimée de l'envol de cœurs éblouis
Par passion, défaits d'acrimonie :
Riche émotion au faîte de gémonies
Empruntées de galants, à l’aube, enfouis.



Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020

lundi 3 août 2020

SEDUCTOR ILLE PERNICIOUS*


SEDUCTOR ILLE PERNICIOUS*
Pernicieux séducteur


Après avoir vomi esclandres, algarades,
T’es fait séducteur, pour apprivoiser
Les gotons offrant cœur maussade,
Gorge poudrée, pour mieux pavoiser
En reines de bitume : on voudrait les croiser
Quand le corps nu échoue sur l’autre rade.

Au point du jour, entre les berges sales,
Tu soupires, puis, jouis d'invectives
A l’endroit de catins en escale
Au corridor où l’amante plaintive,

De quérimonies, en gémissements,
Empèse du silence s'y venant expier,
La vacance ; elle teinte d’agréments,
La chair par trop meurtrie, estropiée.

Son profil attire aux nuits veloutées
Le fripon des cités, larron désœuvré
Du quartier, dont on  voudrait douter,
Quand muent les rêves enfiévrés…


Sur ta couche froissée, l’exil écale
Du mal-être serti de déviances,
Le noyau supplicié de Tantale,
Le cerneau défait de sapience,

Dénervée du savoir, du dispendieux,
De ces cognitions dont le cerveau
Nimbé de lourds secrets, renie de Dieu,
La Sagesse, quand s'ouvre le caveau.





Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020 

dimanche 2 août 2020

LENA


LENA
A Lena de Granville


Je vous voyais sourire en mes rêves feutrés,
Entendais murmurer de mutines ariettes,
Au souffle évaporé dont l’ardeur s’émiette,
Animant de la lippe le pulpeux attrait.

Vous voyais au noir de l’absence, escalader
Le col des primes défaillances… l’hiver
En de cendreux matins, se posait au revers
De vos larmes figées, pour du vide, écaler

L’inutile cerneau de mélancolie, ce spleen
Qui du tourment, accentue des blessures
La béance dont l’expectance fissure
La turgide charpente, quand l’âme s’y confine.  


Croyais que vous seriez mienne… tout en moi
Confessait cette attente : de vos prestes invites,
Aux secrets billets ; de vos pleurs azurites,
A ces rires mutins excitant mon émoi.

J’effilochais des nuits lacérant ma peine,
La brumeuse mandorle ; mon regard alouvi
Perdu aux méandres d’insatiables envies,
Dégorgeait de l’offrande des déveines.

Ce fut alors, en l’éveil des prémices,
La gorge du néant… votre verbe s’est tu…
Les routes se défirent de la sente pentue
Où jadis, derrière les canisses,

Épions de l’aube matutinale, les perles
De la rosée, au ballet de l’abeille
Grisée des butines d’étamines vermeilles
Au strident pépiement du malicieux merle.


Les jours ont arraché les ailes du passé,
Pour en faire rémiges d’infortune…
Que j'aie, céans, des joies inopportunes !
L’épreuve d’un portrait sépia encrassé

De spectrales dépouilles, débris poncés
De souvenirs éteints, d’écarlates brisures
En mes yeux flous, équarris par l’usure
D’un  dépit aux douelles roncées !



Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020

samedi 1 août 2020

AMOR, HOC ARTIFICIUM*


AMOR, HOC ARTIFICIUM*
L’amour, cet artefact

L’amour est un chemin pavé d’illusion,
Un sentier où s'égare la raison ;
C’est aussi un chenal délaissé des saisons,
Canal d’où chavirent les mortes passions.

L’amour est l'esquisse d’un aquafortiste,
Ébauche privée de ses belles couleurs,
Un croquis dont les tons isolent la fadeur,
L’exsangue prétention dupant l’artiste,

Une allée pentue ; s’y perdent les amants,
En l'accès emprunté de béjaunes surpris
D’être en l’inconscient, vil mépris
De béguines encloses de tourments.

L’amour est semence de jachères,
Sève culturale de jardins de bohème ;
Longés aux clameurs que l’on sème,
De déçus feintés du halo de torchères…


C’est un tableau, sculpturale empreinte,
Œuvre statuaire dévoilée avec grâce,
Prodige sublimé de subtiles traces ;
L'éconduit en flatte les criardes teintes.

Pour l’avoir côtoyé aux décans de septembre,
Je peux, sans montre de réserve, affirmer : _
C’est un bouquet repu des fragrances de mai,
Sur tombe chaulée, ou sépulture d’ambre ;
D’anonymes pensées; l'audace en démembre
L’escorte, au petit jour, avant de l’essaimer.



Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020

mardi 28 juillet 2020

TUNC CURRERE DE NULLO DILECTU*


TUNC CURRERE DE NULLO DILECTU*
Courir sans s’enquérir du temps

Je cours à perdre haleine
Sur les routes de cendre,
Les primes sentiers de décembre,
Où la neige blanche comme laine
Gélifie les marcottes sans membres.

Je cours entre les nuits d’orage,
Les matins poudrés du fin pollen
De fleurs, de graminées de plaine
Qui aux vents chauds, voyagent.

Je cours sur l’avenue où s’accotent
Les ombres du pesant macadam,
Profils défroissés, et qu’enflamme
Le soleil d’été aux spires dizygotes.

Je cours pour m’estourbir en juillet,
Me griser de l’absence des mânes,
Quand l’exine couvre encor l’arcane
Du cristallomancien au verbe guilleret,

Pérorant fables à la gent crédule,
Ces butors oints de manichéisme,
Fardés à outrance du syncrétisme,
Lestés du sequin gonflant réticule.

Je cours entre les rires de drôlesses,
La moue affectée de pucelles coincées ;
Leur croupe ankylose la marche poncée
Des gazilles que tiennent en laisse,

Les démons de midi triturant la pensée
De septuagénaires fringants, charmeurs,
Lovelaces qui en l’aube se meurent
Au son de l’invite vertement tancée.

Je cours loin des haridelles fourbues,
Carnes du passé, enivrées de promesses,
Pollicitations de psylles… aux messes,
En reptation, savourent, s'ils l'ont bu,

Le vin d’obédience piégeant l’affligé
Conglutiné aux lèvres mensongères,
Figées, d’impudiques mégères:
Chattes désordonnées se laissant infliger

Quelque rixe sur la couche adultère,
Quand louvoient sous suées, la chair,
Et l’esprit d’amants pris aux torchères
Du vice consommé… ô devrais-je le taire (!?)

Je cours en félibre moqueur, scalde gai
Dont la plume interpelle l’audace, nu
Sur le parchemin cuivré… ingénu,
Peut-être !  En tous cas, intrigué

Du manège de la rime musarde,
L’iambe qui, du circonstancié annihile
Broutilles de négoce ; plus subtile, 
L’ouïe idoine capte, sans hardes,

La réminiscence dont l’aquatinte
Atténue de l’eau forte les tons ocrés,
Calme du lavis, les plis vifs, ou nacrés
D’œuvres contadines éteintes.

Je cours sur la baie des tropiques,
Dessous la canopée, seul, atone,
Au Phébus aspiré de vagues gloutonnes
Sous l’iode bleu de l’océan oblique

Sur la lagune de corsaires vaincus ;
Leurs traces maculent de nos rives,
Le sable talé de princes en dérive,
La plage entoilée de souvenirs vécus.

Je cours vite au relais de l’angoisse,
Sans faire pause au nord des lubies,
Défait du sophisme liant l’ébaubi,
Qu’isolent honte, ignominie, poisse

De déshérences... inhibition ;
Le velléitaire en suçote mamelles ;
Pusillanime, en l’instance formelle,
Taie de la superbe l’étrange accrétion.

Quand j’arriverai, vainqueur serein
De pérambulations, de baguenaude,
Serti d’un baccalaureus de roi, en l’ode
D’un scalde de faubourg, l’alexandrin  

Sublimé d’hémistiches, confiera
En conciliabule, sans réserves aucunes : _
Il a su des contrées, délesté de rancunes,
Apprivoiser du flot d’irascibles lagunes,
L’itératif débit… bien fol qui s’y fiera !

Vous saurez, braves gens sceptiques,
Aporétique espèce de l’histoire,
Que de mues enfiévrées, transitoires,
Émanent souvent des challenges caustiques !




Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020

lundi 27 juillet 2020

UENERANT SATANAE


UENERANT SATANAE
Plénipotentiaires de Satan

Abrutissez-les de règles, d’ordalies ;
Faites-les sous coulpe, ânonner neuvaines !
Flagellez de l'âme prétendue souveraine,
L’épicentre ; faites hurler la didascalie !

En soutane, chaussés de croquenots,
Ou sandales, vous longez au soir,
Les ténébreuses ; à la main, l’ostensoir
D’un rituel de dogmes d’Huguenots,

Vous, papistes de loges protestantes,
Prétendus vainqueurs du catholicisme
Dont la Réformation a dévoilé les Schismes
Avant de les river au pal de la tourmente.


En vos messes vêprées, vos offices péans,
Le fidèle reçoit l’hostie du déshonneur,
Transsubstantiation, ce flexible leurre
Dont il espère profit, ce vil mécréant.

Serves de confesse, pythies affolées,
Cachées sous voilette, égrènent sagement
Kyrielle de mensonges, faux serments,
Pour plaire au curé les voulant immoler

Au faîte du magistère tronqué, l’obit
Où les morts du fameux purgatoire,
Sifflent le vin d’abbesses : réquisitoire
De laudes de complies : urbi et orbi.


On voit les prêtres pédérastes enfumer
De l’enfance, la croyance… le mythe ;
Assassins de l’âme, ces tristes sodomites
Paradent le dimanche, séduits du fumet

De puérilité, quand le chœur agrémente
De l'orgue, un subtil Orémus ;
En la coulisse d’un presbytère ; l’opus
En décélère la soif, le vice, la tourmente ;

Y plongent les déviants sectaires,
Bedonnants curés d’églises idolâtres,
Nonces liés au sobres mariolâtres,
Zélateurs de loges réfractaires

Au Christ-Rédempteur, adeptes du Vatican,
Du Pape, cet imposteur aux pirouettes
D'Ascèse... inlassable girouette
Au clocher du pernicieux Akân.


La mort est un dortoir; y sombrent encor,
Aux lunes manifestes, les endimanchés
De cathédrales voulant approcher,
Et sans y parvenir, Le Seigneur dont Le Corps

Fut livré au Calvaire, Ce Merveilleux Sauveur
Dont la Rome Papale crucifie à nouveau,
La Majesté Suprême… ils verront le caveau
Les happer_ frustrés de La Saveur

Du Repos Éternel dont est oint
Celui qui du Ciel, reçoit récompense,
Qui de L’Eden, et avec élégance,
Jouit sans retenue… Dieu, de lui, prend soin.




Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020

samedi 25 juillet 2020

PARIS


PARIS

Paris est sous les ponts, Paris dort
Dans le lit de la Seine, dans la lie
De ses larmes, quand au matin, pâlit
Son étoile, se rompent ses ailes de condor.

Paris donne le ton aux tempêtes bizarres,
Tonitrue sur les berges noircies…
Son métro traîne sa besace de suie
Aux quais jouxtant les vieilles gares.


C’est une chapelle où s’agenouillent
Les reines, leurs suivantes, quand l’infante
Confesse ses premiers émois, puis enfante
Des fièvres, que tombent en quenouille,

Les promesses d’hier de damoiseaux
En bouffettes, sous l’étrange livrée
De ce roi dont Paris se voudrait délivrer
Avant d’emprisonner de ses ailes d’oiseau,

L'empire qui des Champs-Élysées,
Au tertre de Montmartre, caresse d’Utrillo,
La palette, donnant aux tons vieillots
La superbe de Bosch, sa pointe irisée.

Paris s’allonge au dôme des Invalides,
Dévoile de son sein, l’altière Tour Eiffel,
L’arc napoléonien, sans stiefel,*
Son triomphe, jusques aux pyramides.


Paris, folle kermesse de ducasse,
Sise sur la pelouse de la foire du trône,
Cherche refuge, quand elle s’époumone
Au creux d’artères contournées de places ;

Chevillée à l’histoire dont elle s’inféode,
Déclame en souveraine au cœur de la Bastille,
Et sans perdre la tête : _ je veux de l’apostille,
Sublimer le texte, puis, si les notes s’encodent,
Déchiffrer le mémo désenclavé de l’ode,
Et pour en regimber les nuisibles broutilles !




Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020



* botte en allemand