NIHIL
SUUS*
Ce n’est
rien
Ce n’est rien qu’un espace,
Une voûte perdue, une voie
Sur laquelle au soir, passent
Les astres morts, quand louvoient
Les planètes d’un lointain passé,
Les étoiles d’un proche avenir
Où le temps semble se déplacer,
Où les heures peuplent le devenir.
Ce n’est rien qu’un sommeil, coma
Dont on ne revient pas… absence
Fardant de l’esprit en de malsains frimas,
La raison et la foi encavées d’indécence.
Ce n’est rien qu’un baiser ; promesse
Non retenue de propositions
Faites de hâblerie, jésuitisme, de mots
Dont la harangue civilise la liesse…
Ce n’est rien qu’un voyage incertain,
Sans escale, sans pause, ni envies ;
Croisière sur l’océan lointain,
Quand l’homme seul dévie
Du socle des folies… ce n’est rien,
Qu’un départ sans retour, un envol
Au-delà du cylindre, fatal exil… rien
Qui ne se puisse être sous contrôle.
Rien que la fin d’un monde,
Vois ! La galiote prend l’eau ;
Vrai ! Les confluents inondent
La berge chahutée des grands flots.
Ce n’est
rien qu’un espace…
Il faut
que jeunesse se passe !














