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samedi 27 juin 2020

NIHIL SUUS*


NIHIL SUUS*

Ce n’est rien

Ce n’est rien qu’un espace,
Une voûte perdue, une voie
Sur laquelle au soir, passent
Les astres morts, quand louvoient

Les planètes d’un lointain passé,
Les étoiles d’un proche avenir 
Où le temps semble se déplacer,
Où les heures peuplent le devenir.

Ce n’est rien qu’un sommeil, coma
Dont on ne revient pas… absence
Fardant de l’esprit en de malsains frimas,
La raison et la foi encavées d’indécence.

Ce n’est rien qu’un baiser ; promesse
Non retenue de propositions
Faites de hâblerie, jésuitisme, de mots
Dont la harangue civilise la liesse…


Ce n’est rien qu’un voyage incertain,
Sans escale, sans pause, ni envies ;
Croisière sur l’océan lointain,
Quand l’homme seul dévie

Du socle des folies… ce n’est rien,
Qu’un départ sans retour, un envol
Au-delà du cylindre, fatal exil… rien
Qui ne se puisse être sous contrôle.

Rien que la fin d’un monde,
Vois ! La galiote prend l’eau ;
Vrai ! Les confluents  inondent
La berge chahutée des grands flots.

Ce n’est rien qu’un espace…
Il faut que jeunesse se passe !



Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020

vendredi 26 juin 2020

L'EURO PUNI


L'EURO PUNI


Où t'en vas-tu, quand sonne le tocsin ;
T'a-t-on par mégarde, crevé le réticule ?
Les nations t'épient d'un œil assassin,
Flattant de ta superbe, la croupe ridicule,

Jouant à quitte ou double ton destin…
Si fragile sois-tu, ta couronne t'honore ;
T’élève en reine, noyée sous les festins
D'impétrants envieux de ton col d'or.

Dévaluées, les devises s'essoufflent,
Quand les Germains s'engraissent
De la France cachée sous maroufle,
Pour disparaître… te restera la Grèce.

L'oncle Sam veut de sa tour d'ivoire,
T'arracher des bourses trop pleines
Dont Fouquet, Colbert _ ont par devoir,
Magnifié l'aura, avec tact, et sans peine.


Europe au long drapé royal, Europe
Sans borne, ni relais ; te voilà
Piétinée, par trop raillée d'interlopes
Faisant traite de peu, déchue de l'au-delà !

Au carcan des récipiendaires,
Plus de joie, de sonores concerts ;
Ta musique s'évente, tes notes indiffèrent
Les solistes qui aux ides, t'enterrent.

Tu vends ton âme, maquille tes chagrins,
Quand le cambiste, dans la soie, le vin,
Ripaillent sur ton ventre… en pérégrin,
Escalade ton col aux noduleux douvains.

Il est temps de coucher au glas fatal,
Ton infortune, ta triste silhouette
Sur la dalle ! A trop défier Tantale,
Ton corps s’assèche, ton profil s'émiette !




Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020

jeudi 25 juin 2020

ET IN ORE PLANETARUM*


ET IN ORE PLANETARUM*
Au bord des planètes

      Aux corps de femmes, ces flottantes planètes...

Effeuillant des nuits, chaque étoile,
Avions des voies martiennes, volé
Les cailloux obstrués du long voile
Du périapside… pour nous envoler,

Empruntions l’obi de Van Allen,
Usurpant ses cordons fissurés,
Au temps clair des fredaines ;
Sans craintes de nous y emmurer.

Hantées de songes, de sorgues
Morphiques, phonies, sommeils
Flattant de ces points d’orgue,
Le libretto du solennel éveil,

Ce synopsis ; nous voilà sur Vénus,
Ripions d’orbites, en globes ignorés
D'astres comme de lourds nimbus,
Leur mouvance d’astres mordorés.


Sur ta peau, ma bouche, des crispations,
Frissonne, puis, sans mal, humidifie
Des fines jouissances, avec attention,
Ta chair, sous son fourreau seyant.

Nous mélangions des pulsions,
L'épicurisme qu'apaise le soulas ;
Il alune des membres en traction,
L’efficace énergie ; disperse çà et là,

Tes soupirs, au centre de Mercure :
Symboliques ébauches, consomption
De corps dérivés, ourlés d'injures,
Froncés de cicatrices d'excitation.



Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020

mercredi 24 juin 2020

DECIPIAT IN SUBTILITATE SIRENIS*


DECIPIAT IN SUBTILITATE SIRENIS*
Enjôleuse sirène


Arpentant du cœur, la contrescarpe,
En agenouille les larmes efficaces...
Efface au matin, les dernières traces
D’empreintes que le malheur écharpe.

Profane des nuits, la riche économie
Puis, sans mal, souffle, aux aurores
Sur les tisons, les flammèches, encor
Étirées en l’âtre de ses insomnies.


Sous l’arceau d’innommables désirs,
Empanache du vice sis en mausolée,
De funestes regrets librement écalés...
Elle peint du rêve, l’évanescent plaisir.

Enfouis en l’étrange, ses amants,
De la soif libertine, las, coagulent
L’intense démesure, puis, reculent
Du flot où ronflent ses tourments,

En griffent le confort, en émiettent,
Au fort de l’angoisse, des cicatricules
La porosité liant le rustre opercule,
Ce nerf éclos du mâle qui s’entête

A plisser des gamètes purgés,
Le nard chaud évidé de sa sève...
Elle sait_ nul ne l’ignore ! _ Ève
Hante le Shéol du galant outragé.





Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020

mardi 23 juin 2020

RUDIA VENEREUM*


RUDIA VENEREUM*
Romanesques ébauches


Rêve-moi, en ces lieux où l’amour
Pénètre la moiteur du petit matin !
Laisse-moi me griser du satin
De ta peau, qu’emperle la rosée du jour !

Imagine ma soif au désert de tes reins,
Mon souhait, au col de tes ardeurs !
Suppose l’odalisque épuisée de fadeurs,
Quand la mer azurée emporte le marin !

Me veux-tu sur toile d’aquafortiste,
Péon d’un Sertao aux portes de Mata ?
Dois-je enfreindre des lois du tiers-état,
L’ordalique semonce ânonnée de déistes ?


Devine-moi archonte au fief du plaisir,
Suffète d’une armée sans garde, ni soldats !
Tu pourrais t’épuiser quand je pose barda,
A dépouiller ma chair, avant que de gésir.

Mes muscles froissés en l’étreinte farouche
Bouderaient l’acrotère du monument
Escaladé d’amants estourbis de serments ;
Y fuiteraient des joies engluées à ta bouche.

Me veux-tu vassal de tes nuits bleues,
Esclave de ton nu au tertre de mon lit ?
Je veux là, et en reptation, aux roulis
De ces riches fièvres, attiser de ton feu,

Les braises de lasciveté, torrides tisons
Qui de mes nerfs, aux tiens ligaments,
Enquillent d’euphorie, le linéament
Au pastel d’accrétion de cette floraison.


Geôlier de ton bas-ventre, l’âme nue,
Confesserai sans crainte, mes tares…
S’il venait à pousser en nos souffles bavards
D’autres concupiscences, cela, sans retenue,

Je dirai en ce deuil flouté d’eudémonisme : _
Les songes qu’il m’en souvienne encor,
N’ont de mon retenir, figé sous le décor,
Que l’oaristys d’un style sans angélisme.

Alors, se fermeront les artères d’ascèse,
Bâilleront les volets de la résipiscence ;
Mando ne sera, desserti d’indulgences,
Qu’un ménestrel gangué de diaphorèse.




Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020

lundi 22 juin 2020

PERTURBATIO LIGAT*


PERTURBATIO LIGAT*
Troublante lie


De l’histoire, éteignons les mensonges ;
Des sciences, le principe... faut de l’envie,
Résorber la lie, renaître à la vie,
Fuir le répulsif orgueil qui ronge !

Des bornes franchies, aux barrières,
Les gémonies ralentissent la marche
En ce mal fleuré des patriarches
Lavant nos vieux cœurs de pierre.

Caïnite sans âme, l’homme égrène
De l’espoir, la silhouette du mal
Sous le pont du monde animal
Tisonné de colère, de folie, de haine.

Sommes devenus de rites trompeurs,
Les rigaudons du sinistre théâtre
Où se joue sous les spires albâtres,
L’ultime acte enkysté de torpeur.

Quand je pourrai annihiler du double,
La crête cossue, en des joutes banales,
Le sénescent profil, l’ombre bancale
Purgée du nanan au liquoreux trouble,

En pauvre néophyte salué du naïf,
Ce lâche niquedouille aux portes
D’un futur sans sève, et qu’emportent
Les vents consomptifs écrasés au récif

J’irai taire les mots de l’homo erectus  
Échoué sur la rive de ce cimetière
Aux gestalts oblongues, altières,  
En l’écho d’un fastueux angélus.





Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020

dimanche 21 juin 2020

CONVERTI ?


CONVERTI ?
Reviens-moi !
                                                    Aux heures trépassées…

Reviens-moi en l’été manifeste !
Apporte-moi l’enfance contrite,
L’adolescence meurtrie, funeste,
Les brimades pourtant illicites,

Que j’aie de l’assurance quant à
Mon devenir ! Je veux dès l’aube,
Ensevelir le temps qui me hanta
Aux premières mâtines, qu’englobe

La colère de fuyants concepteurs
Profanant l’existence, pour placer
Au faîte de l’orgueil adducteur,
Un conduit lentement délacé.


Reviens-moi, mon passé dépassé,
Ma triste anamnèse, mon oubli !
J’ai peur d’avoir compris, lassé,
La cruauté des hommes ; affaibli,

J’avance à reculons, le cœur noué,
L’âme au bord de l’abîme, blessée
De part en part, ne pouvant louer
Comme elle le devrait, oppressée,

Le Divin Rédempteur, mon Dieu ;
Écorché par les ronces moqueuses,
Mon derme fuit des baisers odieux,
Le moite enjôlement de pieuses

Ou prétendues telles, ces béguines
Coincées entre deux stalles, chattes
D’insanes laudes où déclinent
Les vêpres, au vol de l’effarvatte.


Reviens-moi offensante complainte,
Blessante cantilène ! Ne suis plus,
Cravaché de dolentes plaintes,
A même d’allégir le subéreux surplus,

Le rustre bâti de l’inconfort tressé
De rebouteuses mailles de lamento…
Mes songes violacés ont peu à peu tracé
D’indélébiles pointes d’aggiornamento.




Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020