pinterest

dimanche 24 mai 2020

INSOLENS LONGAE FEBRES*


INSOLENS LONGAE FEBRES*
Insolentes fièvres


Ai posé en silence, incertitude,
Dogmatiques fièvres ; elles larmoient
De mon double chaviré de l’émoi
Dont le germe éveille l’amplitude.

Riches, pauvres, en chiens de faïence,
S’insurgent au bel astre qui luit
De l’implacable haine dont les suies
Nimbent la haute finance.

Ai pleuré où l’amour marche seul
Sur l’avenue ; les noceurs y vomissent
Des nuits le plaisir, puis glissent
Au caniveau étiré en linceul.


Ai vu naître, enkystés d’impudeur,
Les profils éreintés, presque nus,
Au creux de lits douillets retenus
Aux chambres plongées en la torpeur

De corsaires mués en marins
En quête de trésors sur la lame bleutée
D’océan perdu, dont les vagues butées
Écalent du roulis, l'énorme colarin.

Ai laissé traces sur la lande fanée,
Ineffaçables sceaux avant que de fuir
Et le jour et la nuit, m’épanouir
Au jardin de prémices tannées

Du soleil, et que rident les spires
Éclatées de fièvres compulsées,
Diluées de mon cœur oppressé:
Monotones et infimes soupirs.




Si j’ai du verbe, aiguisé panache,
De vos mots, fol antagonisme,
Du remords, et avec pragmatisme,
En délierai le derme, si le mal l’attache.



Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020

samedi 23 mai 2020

MORE …*


MORE …*

Bien plus encor…



La femme, ce couffin, est un berceau

Où somnolent larmes bleues et fièvres ;

C'est aussi de l'angoisse, l’agile roseau,

Le maillet d’un pointilleux orfèvre,


Un couloir librement emprunté

D'amants en escale, fougueux marins

Prisonniers de vagues démontées,

De tempêtes, d’invincibles poudrins.


La femme, ce destrier trottant,

S’empanache ; s’y allège sa croupe,

Aux plaines rentoilées du temps,

Aux brises qui la souvent découpent.


C’est une cathédrale d'où résonnent

Des mots empruntés au néant…

Souvent, c’est vrai, s’y désarçonne

L’étrivière lacée de l'aliénant !


La femme, ce trajet incertain,

Longe des belles rives, le ponton ;

A nos pages, nuancée d’un satin,

Dévoile du pubis, le généreux fronton.


C’est l'aquarelle, pastel sur chevalet...

Sous étoupe, sa cambrure de reine

Piège le ton fauve, sans en taler

L'alliciant buste, l'anse souveraine.


De la femme-miroir de la nuit,

A l’infidèle muse de ma prosodie,

J’aspire la sève gluée du fatal ennui,

Déliant de l'âcreté, le tanin affadi.





Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020

vendredi 22 mai 2020

MOTUS REFERED*


MOTUS REFERED*
Émotives visées


Fait bon s'alanguir au miroir de l’eau,
Sur la berge asséchée des vents ;
S'y prélassent encor au soleil levant,
Les naïades boudant les rais pâlots

Sur la chair en repos, le cuir
De polymorphie juste éveillée
De l'épigastre, sa breloque rayée,
L'exuvie dont il se veut enduire.

Quelle joie en ces formes, d'ajuster
Au repos, le vrai désœuvrement !
L'azur paraît plus bleu ; du firmament,
Pointent nos rêves, au clair du bel été.


J'aime du temps impromptu,
La symphonie plissant du ballet,
Singulière fronce, peu à peu déballée
De l'écrin d'utopiques vertus…

Oserais-je en cette expectative,
Des moindres attirances, atermoyer !
Je crains qu'il faille, sans larmoyer,
Enclore des billevesées, la perspective.

La prorogation aux miennes semblables,
Ne peut en retenir la sibylline vue ;
Faut en distordre, si elle en pourvue,
Des jointures, l'aboutage palpable !  


Confinée en l’imaginaire, ma pensée
En duplique l’effet, le psychisme
Du raisonnement, l'aphorisme,
La ronde de maximes nuancées.





Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020

jeudi 21 mai 2020

NATURAM HABET ALAS*


NATURAM HABET ALAS*
La nature a des ailes

Le béton a fondu, les arbres victorieux,
Du bâtisseur indigne, accentuent
De la pousse, hors les routes pentues,
Les raboteux cordons, en ces lieux
Où la ville écorche sous nos yeux,
La nature piégée d’entrepreneurs obtus.

La mer s’est laissée prendre au filet
De folles traversées, de voyages salés
Bavant d’écumes claires, en l’allée
D’estuaires dont les vents effilés

Percent les berges ensablées
Sous la peau de rives meurtries
De crachins, de cyclones pétris
De colères peut-être dissemblées,

Éparpillées au point du renouveau,
Si la vague soulève des fonds bleus,
La faune, et qu’enclouent peu à peu,
Les algues de l’immense caveau.


Disparaissent, quand s’écroulent les murs,
Les chevilles rivées au bitume glacé ;
Il pleut d’autres matins effacés
Des grimaces, de poussifs murmures ;

Les filles embellissent sous la chair
De mutines encartées de désirs
En retenue, que regarde gésir,
Le damoiseau féru de mégères

Aux cuisses gainées de satin,
Lui, l'amant drapé de blandices,
L'homme derrière les canisses
De l'affront supporté des latins

Dont la verve acte ouïe réceptive,
Permissive écoute… s’y laisse séduire
La rosière, le tendron qui soupire
Aux caresses par trop attractives.

La cité porte deuil, a fondu ;
Babylone ici-bas, s’affaisse
Sur place, en un bruit de kermesse ;
Ses poutres sont fendues.

Telle la ruche où bourdonne le mâle
Aux entregents, ce bellâtre dont
La macule au plus fort du pardon,
Contrefait l’office suboptimale.

Le printemps sublime le poète,
Met fragrance à sa plume, enjolive
La rime, la scansion, puis avive
De la pointe, l'étrange épithète.

Du cri d’espoir, cet éveil gracié,
Me viennent des mots cuivrés
D’iambes sublunaires ; j’en suivrais,
S’il me l’était permis, du princier,

La sente ointe de parhélies,
Du pérégrin, l’errance cosmétique ;
Ma vie boirait à la source mutique
Des silences du soir, dont on délie

De l'offrande, rétention première…
Dirai à Mando, mon double timoré_ :
Viens de l'ivresse, avant de m’ignorer,
Lier le mimétisme … sors de ta tanière !


Les perles du flux adamantin,
Retouchent l’éclat de rais butés
Et qu’entoilent de feu, sans culbuter,
Des cycles du jour diamantin.

Je lui ferai de mon cœur affligé,
Voir peines écloses, pleurs nus,
Songes sanglés au filin de la nue
Embrumant ma faconde figée ;

En la mue manifeste, on pointera
Du doigt l’acariâtre mort ;
Au pied du grand lit, sans remords,
Dirai : _ j’ai vécu !!! Qui supportera

De mon repentir, l’insolence ;
De mes lunes, les factices décans ?
Dira-t-on d’un langage éloquent_
Ces chimères sont miennes… à ma peau,
Le boucan des spires tropicales
Dénerve la grisaille que l’hiver écale
De mon bâti de reître… ai beau

Vouloir vaincre la remembrance,
La peur englue de ma prestance,
La démarche, l’altière vacance…
J’en concède allégeance !



Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020

mercredi 20 mai 2020

UT ME DUPLEX MITTENT*


UT ME DUPLEX MITTENT*
Pour y vomir mon double


Rendez-moi mon enfance voilée,
Ce temps amplifié d'angoisse
De mâtines, des belles envolées :
Vespérales, rituels qui poissent !

Rendez-moi ma peau sans armure,
Lardée de joviales constances !
Aurais-je en ces périls, su des murs,
Franchir des délétères mots, l’offense ?

Mes bontés raisonnèrent vos larmes ;
Des primes incartades, l'arceau
Du reître, s'il dépose les armes ;
Il rêve d'un pouvoir éclaté en faisceaux.

Les filles fuitaient en l'aube claire
L'espoir illusionné dès lors
D’artefacts émulsionnés de glaire,
D'additifs ; ils meurtrissent le corps,

En percent l'opercule probable…
Mes nuits délivraient de l’éther
La replète turgide : palpables
Proéminences de callipyges, qu'enterrent

L'onanisme en ces dévergondages:
Autophilie où de l’abstrait pointe
L’être dont l'hymen affine clonage ;
Les germes in-vivo, s'y accointent.


Rendez-moi mon drapé de sultan !
M'en conforterai; je veux y revenir
Sans m’enliser aux mots hésitants,
Cette fange que ne peuvent bannir

Nos larmes ; celles qui souillent
Aux ides, suppliciés, bourreaux,
Ignobles, prétentieux arsouilles
Vaincus de corpulents barreaux.



Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020

mardi 19 mai 2020

RHETOR COMES SONATUR*


RHETOR COMES SONATUR*
Euphémismes de rhéteur


Ecrire sur des pages froissées,
Nos songes, nos rêves mort-nés ;
Parachever du verbe si malmené,
La constance nous voulant tancer.

Éteindre du langage, les éléments,
Déraciner le babil des marmots
Y placer en clenche de fermaux,
La lallation ânonnée du dément.


Formater du regard l’érudit
Dont le rédhibitoire _ on le sait_
Accuse insistance en cet insuccès,
De fuchsine quelque peu roidie.


Nier de la lettre, l’altière joute,
Les notes, en un tison superbe,
Mordre enfin aux vilenies acerbes
De semonces proches de la déroute.

Adoucir de la grammaire les lois,
L’entrelacs condamné du rhéteur ;
Du scriptum, le sceau adducteur
Accusant l'homme de bon aloi.


Voilà, du narratif, l’argot, le slang !
N'est du parchemin en ces routes,
Qu’assertions… s'auréoler de doute,
Ne peut alléger la rudesse des langues.




Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020