pinterest

samedi 16 mai 2020

INTACTA DOLORIS*


INTACTA DOLORIS*
Intactiles souffrances

Verrez aux deuils passablement truqués,
Éphémères spleens par trop dilués,
Adieux fardés du bout du quai,
Mort et vie enkystées de huées !

Quand vous verrez la ferveur
Du mensonge vêtir la rhétorique ;
Quand des mots, renâclerez saveur,
L’obsolescence vaincra le chimérique.

Vous comprendrez alors que le temps,
L’espace, ne sont plus qu’apparence…
L’œil, du transport hésitant,
Oindra maladresse,  feinte tolérance.

Quand, sur la tombe chaulée
Couleront vos félonnes larmes,
Pleurs acrobates, gangues salées
Coulpes qui souvent désarment,

Verrez naître du mal, l’érémitisme
Dont fait montre l’ascèse…
Vos rires désincarnés, ce jésuitisme,
En paveront l’agouant malaise…


Quand de l'ego ficelé d’entregents,
La cognition nimbera d’audace,
La mince couverture de la gent
Formolée de sophisme, des traces

Atténuées, l’empreinte de l’acquis,
Sa superbe, en plaintive cornarde,
Foulera de l’escouade, le maquis ;
Gavroche en empierre rambarde.

Quand la nuit, pour le jour, se drapera
De la moire galbant la bourgeoise,
L’aurore vaincue, ici, décrispera
De l’aube, le cylindre ouaté, la toise,

Vos fantasmes lestés de plaisirs éthérés
Agoniseront seuls, perclus de honte,
Résipiscence… refoulés, atterrés,
Suivrez la piste où déchoie l’archonte.  


N’aurai plus à m’en faire ! … mes soleils
Garderont de la calorifère, énergique
Poussée, et du clair matin, en l’éveil,
Poudroiement prisé de l’halieutique.




Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020

vendredi 15 mai 2020

CUTIS MEA CONSCENTIAM…*


CUTIS MEA CONSCENTIAM…*
De ma peau… au remords

Ma peau est un boulevard pentu
Où se perdent encor en l’orage,
Les serves et les reines sans âge
Fuyant du quotidien, les malentendus ;

C’est un livre à la garde mitée,
Un poussiéreux ouvrage, œuvre
Sans attrait… telle la glissante pieuvre,
S’échappe de l’étreinte pourtant méritée.

Le cuir de mon double égrène
De ses peines, un vieux chapelet
Semblable aux litanies de tristes pipelets,
Ces diserts factotums, ces sans-gêne.


Celles qu’il m’en souvienne écorchaient
De sa cosse, l’inflexible cerneau, parfois,
En griffaient l’épicarpe… par effroi ;
J’élaguais pour leur plaire, en émouchet,

Les noduleux sarments de polymorphie,
Généreux pampres, rameaux
De cette architecture excoriée de maux,
Étrange jachère échinée de défis.


Ma peau est un désert de colère, de cris ;
Un chenal boudé d’hamadryades,
Estuaire à deux lieues de la rade,
Un étier où la mer s’enveloppe de gris,

Quand la masse écale des torchères
De fuligineux miasmes d’altération,
Et que montent au flot de mutation,
Les minuscules krills... Y échouèrent

Les phéophycées poussés
D'esquifs ballottés des vents ;
Ma peau, ce sable mouvant,
S'encave nue aux tubules émoussés.

C’est un dortoir, aux lunes princières ;
Les mutines s’en souviennent encor…
Posaient fières, en ce nouveau décor,
Le galbe servant d’haussière 

Aux fièvres pénétrant le tissu
De ma puérilité prise en tenailles
Entre l’aine, la cuisse, les entrailles,
Déliées des lochs de soupirs cossus.  


Le temps-échalier clos de démesure
Le mâle que je traîne, la trémie
Aux défaites moisies, sans l'amie,
Ou prétendue telle, qui m’aura… à l’usure.



Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020

jeudi 14 mai 2020

CURA DOMAT ; *


CURA DOMAT ; *
Apprivoisez l’angoisse !


Le danger est autre, si l’homme résiste
A l’abus dont il se fait sherpa…
Le mal est anodin, si de vie à trépas,
Fleurit la tolérance; l’honnêteté la piste.

Il reste tant à faire, tant à offrir
Au lazzarone, au nécessiteux ;
De la pitié, aux sentiments goûteux,
La compassion a toujours su ouvrir

De la bénignité, l’acquiescement
Du cœur égoïste; la mansuétude
Se laisse, aux primes hébétudes,
Chavirer à tribord du désœuvrement.


Se meurent aux lunes, hélas !
Nos semblables, nos frères,
Déportés de courants contraires ;
Agissons ! Ne point restons de glace,

Où les ténèbres crispent l’ego
Trop illusoire, ce pylône cintré !
Là, les morts en perdent attrait
Bien fol qui du matin albugo

Apprivoise du temps perdu,
La dérive de moites souvenirs,
La réminiscence à bannir,
Sépia, remembrances dodues

Engluées aux sorites pétris
De faux triomphalisme… le bourreau
Cerné d'anamnèse, du fourreau
S’effiloche, s’ébrèche, se flétrit

Pour remords devenir… trop tard
Pour le quitus de dégénérescence !
Le monde va de la sénescence,
Aux dilemmes, louer le fêtard,

La catin sur le trottoir d’en face,
Le noceur en ribote, l’ivrogne
Quémandant sans vergogne,
Sequins, pour estomper ses traces.


Que ne puis-je en ces désaffections,
De la plume, assujettir sans peine,
Audacieux syllogisme, rengaines
Des miennes pensées, attention

Portée au verbatim empanaché 
De sophismes, de rhétorique,
Ces claymores que duplique
Le verbe piètrement harnaché,

Licol d’infortune, joug effruité
Dont la hideuse mise dissocie à tort,
Du déclamatoire, certes, retors,
La harangue pulpée de mots inusités ! …

Ai mal d’engrosser des vindictes,
Sans en délier alidade, le parcours
Emprunté du sage au discours
Pour le moins emphatique, trop strict.




Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020

mercredi 13 mai 2020

ROSIERE DESTITUTA*


ROSIERE DESTITUTA*
Rosière déçue

Dentelles, organdi au souffle léger
Du matin renaissant, sertissaient
De son teint opalin que la brise froissait,
L’altière contenance, le profil assiégé

De larmes, d'immodestes pleurs
En fontaine à sa joue repoudrée,
Ces coulées ignorées du madré,
Lui butinaient la délicate fleur.

De la lèvre engluée de sourires
Profanées des béguines de messe,
L'offense compulsée d’abbesses
Empruntait, et sans jamais férir,

Du trouble, le sinueux parcours ;
L’envie la sublimait trop souvent,
Aux vespérales laudes… du couvent,
Fusaient homélies, séculiers discours.


Écorchée d’ascétiques sermons, prônes
De prélature, sa chair renflée au corset,
Quémandait des rituels corsées,
L’élixir des bacchantes-icônes.

En reptation, louvoyaient encor,
Les chauds délices de l’autophilie…
Sa main en caressait le creuset, à la lie :
Spermatique breuvage qui du corps,

Avilit en l’espèce, le flux masturbatoire ;
De son souffle, s’échappaient, éthérées,
Les volutes d’actes immodérés,
Aboutis du spleen, fut-ce attentatoire.

De la coulpe parachevant l’affront,
Ruisselaient de chagrines poussées
Dont l’effrontée courroucée,
Accuse faiblesse, sans faire front,

Quand, des rétentions primales,
Le sujet tance son licencieux double
Hors la curée, et que trouble
La glossolalie clarifiée du mâle.


Vierge nue, déçue de l'obédience,
La thébaïde l'y voulant emmurer,
La voilà au naos talé de curés, 
Recluse sous la bure d’alliance,

Flagellée d'ordalies, sous huées
De séducteurs aux salaces délires !
Verrat-elle au son bref d’une lyre,
Naître de l’hymen, la glaire muée ?

Je prierai à des lieues de sa peine,
Moulé de peccavi, si sa constance,
Écale enfin de la désespérance,
Les rogatons de l’opiniâtre haine.




Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020

mardi 12 mai 2020

ADAPERTA APERIRE ? *


ADAPERTA APERIRE ? *
Ouvrons les volets !

Et nagent au clair azur, les mouettes ;
Virevoltent sous la nue pénétrée
De soleil, de mistral… au Prémontré,
Quand, ivre d’embruns, l’alouette

Quitte son nid, pour un ailleurs fouetté
De brises tropicales, un ciel pastel,
Sans brume ; là, les coques patelles,
Ces bernicles, guettent en vain l’été.   

Sur la vague, paressent hardiment,
Les reflets argentés de l’océane cuve,
Les friselis de la lave qu’étuvent
Les marins rescapés d'éléments

Bravés des tempêtes, molestés des flots
Pulvérulents et gris… impudique saucée !
Ouvrons les volets ! S’y viendront rosser
Les rescapés déconfits, en sanglots ;


S’y feront tancer la moinelle abecquant
La couvée, le passereau craintif
Au plumage coloré, sur le récif
Dressé aux premiers décans.

Des volets écaillés, je vois la masse ;
L’onde pénètre des mats, le rostre nu,
Le hunier battu de crachins retenus
De cyclones, d’aciculaires glaces.


N’est du printemps, aux songes corsés,
Que passerelle traversée parfois
De somnambules quiets… du beffroi
De forteresse, le levis se laisse forcer

De prestes gentilshommes figés
En l’enfonçure clownesque d’un bât
Sonnant grelots pour le combat,
A la brêle enserrant l'affligé.


Volent au lointain, Léviathan,
Oiseau bleu des tropiques, milan
Affamé, farouche guifette, goéland ;
En derviches, tournoient dessus l’étang ;

Là, les mufles sucent du hallier,
La rosée des jardins cuivrés,
Rutilantes perles, fade ivraie...
S’ébroue au large, la faune déliée.

Je clos des léthargiques rêveries,
Sans mal, l’étrange mimétisme ;
Il m’en souvient du mutisme
Trompeur de cette fauverie,

Des monstres gorge pleine,
L’œil en berne… je crains qu’il faille
De l'hydre aux rudes entrailles,
Plomber besace, et sans peine…



Je vois en demi-teinte, du passé,
Le sopor… ai beau me répéter :
L'incivil chichement apprêté
Est un roi déchu... En trépassé,

L’ego, du temps dilué, tue l’affect ;
Dois-je m’en faire ! Des volets
De la métempsychose, mon âme
Cette énergie, refoule de l’agame,
Le col asexué… peu s’en fallait
Que j’immolasse, en servile valet,
Ma vie rachetée à ce pal infâme.



Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020

lundi 11 mai 2020

…EX OPTIMIS PESSIMI*


…EX OPTIMIS PESSIMI*
Du pire… au meilleur

Que j'aie aux sombres jours,
La force du mâle en l'évolution !
Viendrai, en vaillant troubadour,
Modeler de l'histoire, l'assertion…

Au soir, psalmodierai, grisé
Du nard du solennel idiome ;
Ferai à rires que voici, sans biaiser,
De la stichomythie, du référendum,

Argumentaire de lois rationnelles,
Riches de pragmatisme, cartésiennes ;
Amputerai enfin du traditionnel,
La berne de la gent stoïcienne.

Penchés au balcon des servitudes,
Étiez en senestres, loufiats de lord,
Factotums formolés d'hébétude,
En l'allée où pousse encor l'or ;


N'aviez que rogatons, poussières
De trésors ignorés de laquais,
De caméristes, de chambrières
Qui du cuissage, font grincer loquet.

Je m'offre ici, non en orgueilleux
Bedole, mais, herméneute du Roi,
Christ-Jésus, Le Seul, Le Merveilleux,
Dont le Calvaire sublime La Croix !

L'histoire vous semble accessible
Aux rumeurs de bousins apocryphes,
Du nonce aux murmures cessibles,
Sentencieux édits, hiéroglyphes ;

Ai fui des pénibles voltes, souvent,
Les permutations de catéchèse…
Moi, citoyen d'outre-lieu ! Survivant
De rogues, cul entre deux chaises.

S'allument en moi les brandons
De polymorphie; vaquant des vices
Dont hier, vous me fîtes don,
Quand la peur derrière les canisses

Trouble des conversions, l'attrait,
Aiguisant de la foi, le truisme,
Sans des lapalissades déparer
L'artificieux, sans sophisme.

A ma table d'invite, goûterons
A la treille vermeille; puis, seuls,
Irons sarcler les graterons,
De promiscuité, chiendent de linceul,

Aux noires fronces… vous suis fidèle,
En tous points, disponible ô combien !
Organdi d'infante, diaphane dentelle,
Voileront le tertre pubien,

Au matin, des filles au panier ;
Dans les prairies, exulteront enfin…
Il y aura du blé plein les greniers,
Le printemps meublera de la faim,

Les prés de Babylone, trop longtemps
Suspendue au faîte du passé: prairies
Où paissent outardes, daines, en l'autan ;
Fusent les bises délacées de Paris.

Laissez-moi dessouder le maillon
Le plus faible! Vivrez libre, heureux,
Sans du flou, comme l'écrivaillon,
Lier des mots, le verbatim ocreux !

Loin de Compostelle, de Berzée,
Nous prédicants, en Soldats de Dieu,
Ajusterons à l'âme, sans billevesées,
Le Céleste Cordon, l'Appeau mélodieux.

A l'heure dernière, sonnera La Trompette,
Dirons au Seigneur: Béni soit Celui
Qui vient en Ton Saint Nom ! Sois prête
Épouse… s'évincent les affres de nuit !




Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020