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samedi 25 avril 2020

FERIATUM IMAGINARIOS*


FERIATUM IMAGINARIOS*
Vacances imaginaires

J'aimerais un jardin embaumant
Des berges étriquées, la rive cachée ;
M’y poserais, sans larmoiements ;
En l’onde, plongerais, sans m’assécher,

Sous l'arbre au feuillage tressé ;
Y verrais serpenter la lame iodée,
Le poudrin aux gouttes tressées
Chuintant de l’azur désodé ;

Au vallon où coule le ruisseau,
Murmures, complaintes blessées
De rivières talées de soubresauts,
En éveillent les reflets nuancés,

Noircis d’insidieuses promesses,
Captieux serments enchaînés
En l'errance, et qu'oppressent,
Fauve et pastel d'iris attentionné.


J’ois des gazouillis, la douceur,
L’innovante beauté des roses d'été ;
Le sépale vêt du col, l’épaisseur ;
Le nectaire s’y voudrait ajuster...

S'animent, en ma pupille folle,
D'estivales teintes de bohème,
D’utopiques bords ; lors, je m'affole,
Amputé d’ombrageux dilemmes.


Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020




vendredi 24 avril 2020

PROFILE CORPORE SEPARATIS*


PROFILE CORPORE SEPARATIS*
Profil désincarné


Les chiens ont reniflé en l’allée,
Un corps putride de bosquet,
Carcasse percée d'un mousquet :
Espingole de soldat mutilé,

Enfoui sous une épaisse motte,
Défroque assaillie de vermine,
De parasites mutant sur la ruine
De débris aux spores de golmotte.

Sur la mousse infestée d’insectes,
Bavait, abandonné des siens,
Ce spectre épié du batracien,
D'anacondas, d'eunectes.

Du pestilentiel dégorgé de la vase,
Les diptères de flore, agressés,
Fuirent, aberatio ictus la désossée,
Pour retrouver l'idéale extase :

Retraite agrémentée de fleurs,
D'effluves, de printanières brises
Dévêtues, quand sublime, s'irise
L'arc-en-ciel aux sublimes couleurs

Ceintes de chaudes nuances
Emperlées de scintillations,
D’éclats décrispés d'acclimatation :
Somnolence de cycles en partance.


Ne restait du corps vêtu d’un voile,
Qu'un schéma compliqué, amputé
De sa pleine réserve, indompté,
Au noir caveau, et qu'entoilent

Les vents au gré de bruines
Éclatées de crachins, déversées
Sur l'océan prestement traversé
De nautoniers, aux nuits qui déclinent.

Ai de la plume, oint ta mémoire,
Du mémorial, ta cuirasse meurtrie ;
Aurais pu de l'absence, cœur contrit,
Ajuster à mon deuil, ta moire…



 Les ouvrages picturaux sont de GRÉGOIRE A. MEYER


Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020




jeudi 23 avril 2020

IDEAL REFERRED*


IDEAL REFERRED*
Idéales visées

Les montagnes allument au matin,
Les plaines, les lacs endormis
Aux berges polluées ; l’accalmie
En contrarie le preste bouquetin.

Au printemps, culbutent au soir,
De grises volutes, l’azur s’enveloppe
D’évanescentes brumes, et que dopent
Les vents de l’avril, déliés du bossoir

Du cargo en partance d'îles dorées
Où nagent les sirènes de l’océan vidé
De claires mousses, sous la lame ridée,
La spumescente vague mordorée.


La prairie s’esbaudit aux aurores ;
Y planent, grues cendrées, cigognes
Migrant vers l’atoll, où se cognent
Les flots éclatés des Açores…

En ma noire insomnie, s’angoissent,
Hors la sorgue, les songes étirés
De palpables narcoses, attirées
Par le feu de l’agrypnie qui poisse.



Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020




mercredi 22 avril 2020

APUD*


APUD*
Avec

Avec tes yeux fardés, regard flou,
Ta bouche sevrée de promesses ;
Avec ton cœur encagé de détresse,
Ton âme que les rites renflouent,

Pour préambule, l'escobarderie:
Prolégomènes, sophisme obstiné,
Subtil exorde que semble butiner,
L’auditeur séduit, bercé de hâblerie,

Tu domptes tes amants d’un soir

Avec un corps gravé au porphyre
D'un palais ruiné, un castel mité
Où les chiennes au verbe éventé,
Promènent langage, sans suffire

Au noble style dont l’attrait
Invective parfois, l’ouïe blême
Du réquisitoire, d’éteindre dilemme,
Face à la gent passablement outrée,

Tu fascines l’hôte de ton baldaquin

Hanches pleines, peau nue,
Cuisses ornées, galbe harmonieux
A nul autre pareil… harminieux,
Le satin de tes bas, sans retenue,

Crispe le damoiseau enfiévré, fébrile…

De musicales feintes, ton libertinage
Effeuille, inconscient, l’impudence ;
Ton sein, que mord en discordance,
Le soupirant hissé au bastingage

De ta gorge enflée de soupirs,
Amplifiée de tumultes forclos,
Déboute du désir dont, enclos,
S’effiloche le rêve, sans assoupir

L’onirisme pavant de désespoir,
L’interminable allée du vice aliéné…
Avec tant d’artifices mort-nés,
De palliatifs placés en égrappoir,

Empreints d'ivresses ; l’orgueil,
L’autosuffisance, la folie de l’ego,
Embrument tes promesses-lego
Effondrées de ta chair en deuil,

Ce cuir craquelé, par trop blessé
Qui, de la sénescence, aspire encor
Le tissu mou, au bâti de ce corps
Dont ton grime modèle resucée,

Tu retouches du temps, l’entremise…  

De la plume, j’écartèle des mots,
L’étrange dissonance; je m’en veux
De trahir des réserves, le vœu
Fait à mon double-gémeau
De stupide animal au babil baveux
Semblable aux coulages hiémaux.

De vous avoir aimé, mesdames…
Vous avoir cru en d’autres lieux,
Passif échevin, à quelques lieues
Du possible, ai à même macadam,
Tallé de vos empreintes... mon drame (!)
L’inélégant tuteur du cœur oublieux.



Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020

mardi 21 avril 2020

VENIT MANE ET RENSCI ?

VENIT MANE ET RENSCI ?
Venez naître en l'aurore !


Sous l'arcade de ma closerie,
Vous verrez le profil des muses,
Au votre pareil, sans cautèle, ni ruse,
La beauté de l'éveil sans rouerie !

De l'âme nouée de componctions,
Déliée de brûlures, sans diablerie,
S’efface l'inexacte vertu ; marri,
Le cœur perd du vœu, l’accrétion.

Distraites, s'entrelacent les heures,
S'accotent les minutes du devenir,
Mes soupirs brident de l’avenir,
L'espoir dont s'approprie la peur.


En ces muances ointes de charité,
J’élude les répressives chartes ;
Les pollicitations qu'on écarte,
Désœuvrées, bercées d'impiété,

Dont la commisération annihile
Charisme, ascendance probable ;
Je vous veux, en l’ouate palpable,
Sultane de harem, odalisque docile,

Penchée sur ma peau métissée
Au sofa d’hyménées… repue
De caresses, assouvie, rompue
D’anguleuses fibres plissées.

De nos larmes, percent des gangues,
D’atrophiques perles sans saveur ;
Me voilà ! Des ductiles ferveurs,
Prêt à tirer le cordon trop exsangue.

Je décèle des brumes, le collier !
De votre réticence, évincerai
Toute l'opacité, puis, aux marées,
Les grondeuses averses liées

Aux bruines de l'automne fardé
De vents, de hideuses tempêtes !
Il faudra de vos mises d'arpette,
Délaisser ouvrage, voir darder

Des spires, les rais désaccordés :
Pirouettes du sol amodiable,
Décrispé, en l'irrémédiable,
Dont nos pas sont cardés.



J'ai des jardins, des prés astrés,
Palmeraies, où l’aube s'effiloche
Au bleu matin dénervé d'encoches
Sans interstices, défenestré

De bourrasques, de maelströms :
Rixes d’une nature blessée,
Outrée en la vacance des saucées
Aux ponts de solitude; l'homme

Aux trombes de désespérance,
Cherche main, salutaire appui ;
Ne trouve à sa porte, fermée depuis,
Qu’un spectre cosmétiqué d'offenses.

Loin de tout, apaiserai de la soif,
L'urgence ; griserai de vos lèvres,
Le vermillon dont les mots mièvres
Entenaillent le verbe qui décoiffe.



Il est temps, Héloïse, très chère,
De jouir des luttes d'arbalétrier
Vainqueur de noises ; du destrier,
J'aperçois des terres en jachère,

Se paître, en de douteux hivers,
L'angoisse au vase d'oblation,
La coupe avide d'ovations,
Évertuée à béer les nuits à découvert.





Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020

dimanche 19 avril 2020

APPROACHES INEBRIARE*


APPROACHES INEBRIARE*
Enivrantes approches


A bouche nue, j'accède à tes baisers,
Ton sourire, ta moue de libertine ;
A ton col abyssin, tendrement, je butine
Et ta lèvre, et ta peau finement irisée.

A bouche close, tu offres à ma pépie,
Désir et envie de farouches attentes ;
J’accède en ces soifs qui hantent
L'énamouré, au fausset, par dépit.

As-tu, de guerre lasse, en mon nid,
Sis de noduleux pampres: sarments,
Égrappage en plein dénuement ?
Oses-tu, sans férir, en assurer déni ?


A bouche captive, je bois du velouté
Du fol éréthisme, liquoreux venin,
Ébullition, brisures de tanin
Sur ma lippe déjà envoûtée

De fragrance; ta chair en vente
Les secrets replis, la vapeur…
En l'éveil de nos sens...torpeur,
Peut-être, ou, agilité constante.

Grisée, tu dévoiles l'audace,
De fiévreuses promesses, en délies
Les âpres alganons ; puis, relies  
A ce mal, l'anfractueuse crevasse.


De nervaliennes formes, au soir,
Devant la cheminée, estourbies,
Projettent leurs faces ébaubies,
En pâmoison… fades, illusoires.

Faut-il de ces remembrances
Fardées de lourds poncifs,
Concéder aux traits incisifs,
Cynisme de rogues, impudence ?


A bouche scélérate, des prétentions,
J'annihile l'excès, alius et idem**
Du rhéteur, ad capite, ad calcem***
Le dithyrambe, son ostentation.




Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020


**Autre chose et la même chose
***De haut en bas