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jeudi 23 avril 2020

IDEAL REFERRED*


IDEAL REFERRED*
Idéales visées

Les montagnes allument au matin,
Les plaines, les lacs endormis
Aux berges polluées ; l’accalmie
En contrarie le preste bouquetin.

Au printemps, culbutent au soir,
De grises volutes, l’azur s’enveloppe
D’évanescentes brumes, et que dopent
Les vents de l’avril, déliés du bossoir

Du cargo en partance d'îles dorées
Où nagent les sirènes de l’océan vidé
De claires mousses, sous la lame ridée,
La spumescente vague mordorée.


La prairie s’esbaudit aux aurores ;
Y planent, grues cendrées, cigognes
Migrant vers l’atoll, où se cognent
Les flots éclatés des Açores…

En ma noire insomnie, s’angoissent,
Hors la sorgue, les songes étirés
De palpables narcoses, attirées
Par le feu de l’agrypnie qui poisse.



Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020




mercredi 22 avril 2020

APUD*


APUD*
Avec

Avec tes yeux fardés, regard flou,
Ta bouche sevrée de promesses ;
Avec ton cœur encagé de détresse,
Ton âme que les rites renflouent,

Pour préambule, l'escobarderie:
Prolégomènes, sophisme obstiné,
Subtil exorde que semble butiner,
L’auditeur séduit, bercé de hâblerie,

Tu domptes tes amants d’un soir

Avec un corps gravé au porphyre
D'un palais ruiné, un castel mité
Où les chiennes au verbe éventé,
Promènent langage, sans suffire

Au noble style dont l’attrait
Invective parfois, l’ouïe blême
Du réquisitoire, d’éteindre dilemme,
Face à la gent passablement outrée,

Tu fascines l’hôte de ton baldaquin

Hanches pleines, peau nue,
Cuisses ornées, galbe harmonieux
A nul autre pareil… harminieux,
Le satin de tes bas, sans retenue,

Crispe le damoiseau enfiévré, fébrile…

De musicales feintes, ton libertinage
Effeuille, inconscient, l’impudence ;
Ton sein, que mord en discordance,
Le soupirant hissé au bastingage

De ta gorge enflée de soupirs,
Amplifiée de tumultes forclos,
Déboute du désir dont, enclos,
S’effiloche le rêve, sans assoupir

L’onirisme pavant de désespoir,
L’interminable allée du vice aliéné…
Avec tant d’artifices mort-nés,
De palliatifs placés en égrappoir,

Empreints d'ivresses ; l’orgueil,
L’autosuffisance, la folie de l’ego,
Embrument tes promesses-lego
Effondrées de ta chair en deuil,

Ce cuir craquelé, par trop blessé
Qui, de la sénescence, aspire encor
Le tissu mou, au bâti de ce corps
Dont ton grime modèle resucée,

Tu retouches du temps, l’entremise…  

De la plume, j’écartèle des mots,
L’étrange dissonance; je m’en veux
De trahir des réserves, le vœu
Fait à mon double-gémeau
De stupide animal au babil baveux
Semblable aux coulages hiémaux.

De vous avoir aimé, mesdames…
Vous avoir cru en d’autres lieux,
Passif échevin, à quelques lieues
Du possible, ai à même macadam,
Tallé de vos empreintes... mon drame (!)
L’inélégant tuteur du cœur oublieux.



Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020

mardi 21 avril 2020

VENIT MANE ET RENSCI ?

VENIT MANE ET RENSCI ?
Venez naître en l'aurore !


Sous l'arcade de ma closerie,
Vous verrez le profil des muses,
Au votre pareil, sans cautèle, ni ruse,
La beauté de l'éveil sans rouerie !

De l'âme nouée de componctions,
Déliée de brûlures, sans diablerie,
S’efface l'inexacte vertu ; marri,
Le cœur perd du vœu, l’accrétion.

Distraites, s'entrelacent les heures,
S'accotent les minutes du devenir,
Mes soupirs brident de l’avenir,
L'espoir dont s'approprie la peur.


En ces muances ointes de charité,
J’élude les répressives chartes ;
Les pollicitations qu'on écarte,
Désœuvrées, bercées d'impiété,

Dont la commisération annihile
Charisme, ascendance probable ;
Je vous veux, en l’ouate palpable,
Sultane de harem, odalisque docile,

Penchée sur ma peau métissée
Au sofa d’hyménées… repue
De caresses, assouvie, rompue
D’anguleuses fibres plissées.

De nos larmes, percent des gangues,
D’atrophiques perles sans saveur ;
Me voilà ! Des ductiles ferveurs,
Prêt à tirer le cordon trop exsangue.

Je décèle des brumes, le collier !
De votre réticence, évincerai
Toute l'opacité, puis, aux marées,
Les grondeuses averses liées

Aux bruines de l'automne fardé
De vents, de hideuses tempêtes !
Il faudra de vos mises d'arpette,
Délaisser ouvrage, voir darder

Des spires, les rais désaccordés :
Pirouettes du sol amodiable,
Décrispé, en l'irrémédiable,
Dont nos pas sont cardés.



J'ai des jardins, des prés astrés,
Palmeraies, où l’aube s'effiloche
Au bleu matin dénervé d'encoches
Sans interstices, défenestré

De bourrasques, de maelströms :
Rixes d’une nature blessée,
Outrée en la vacance des saucées
Aux ponts de solitude; l'homme

Aux trombes de désespérance,
Cherche main, salutaire appui ;
Ne trouve à sa porte, fermée depuis,
Qu’un spectre cosmétiqué d'offenses.

Loin de tout, apaiserai de la soif,
L'urgence ; griserai de vos lèvres,
Le vermillon dont les mots mièvres
Entenaillent le verbe qui décoiffe.



Il est temps, Héloïse, très chère,
De jouir des luttes d'arbalétrier
Vainqueur de noises ; du destrier,
J'aperçois des terres en jachère,

Se paître, en de douteux hivers,
L'angoisse au vase d'oblation,
La coupe avide d'ovations,
Évertuée à béer les nuits à découvert.





Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020

dimanche 19 avril 2020

APPROACHES INEBRIARE*


APPROACHES INEBRIARE*
Enivrantes approches


A bouche nue, j'accède à tes baisers,
Ton sourire, ta moue de libertine ;
A ton col abyssin, tendrement, je butine
Et ta lèvre, et ta peau finement irisée.

A bouche close, tu offres à ma pépie,
Désir et envie de farouches attentes ;
J’accède en ces soifs qui hantent
L'énamouré, au fausset, par dépit.

As-tu, de guerre lasse, en mon nid,
Sis de noduleux pampres: sarments,
Égrappage en plein dénuement ?
Oses-tu, sans férir, en assurer déni ?


A bouche captive, je bois du velouté
Du fol éréthisme, liquoreux venin,
Ébullition, brisures de tanin
Sur ma lippe déjà envoûtée

De fragrance; ta chair en vente
Les secrets replis, la vapeur…
En l'éveil de nos sens...torpeur,
Peut-être, ou, agilité constante.

Grisée, tu dévoiles l'audace,
De fiévreuses promesses, en délies
Les âpres alganons ; puis, relies  
A ce mal, l'anfractueuse crevasse.


De nervaliennes formes, au soir,
Devant la cheminée, estourbies,
Projettent leurs faces ébaubies,
En pâmoison… fades, illusoires.

Faut-il de ces remembrances
Fardées de lourds poncifs,
Concéder aux traits incisifs,
Cynisme de rogues, impudence ?


A bouche scélérate, des prétentions,
J'annihile l'excès, alius et idem**
Du rhéteur, ad capite, ad calcem***
Le dithyrambe, son ostentation.




Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020


**Autre chose et la même chose
***De haut en bas

vendredi 17 avril 2020

ET NUMERUS IN MANE*


ET NUMERUS IN MANE*
Au rythme des matins


Rien de plus beau au ciel azur,
De plus doux, aux solsticiales,
Que les clapotis d'onde: murmures,
Premières mues équinoxiales.

En l'aube diaphane, les vents
Pénétrés de moiteur, les senteurs
De l'avril, figent le biotope vivant:
Fonge, taxon, étarqués en tuteur.

Aux cycles, nous grisent, roses,
Colchiques de flore encellulée
De muscs, faune subvertie, enclose
De solennité, au dôme de mausolées,

Quand l'éveil, d'un violent bleu,
Caresse l'esquisse saisonnière,
En échaude la mante fripière,
La nue arrose les terrains argileux.




S'enrouent blizzards et tempêtes,
Sur l’onde reposée, et que ceignent
Les ombres d'un espace en fête :
Cosmos dont les veinules saignent

Sur le sol pollué de monarques
Boursouflés, engrossés de pancrace,
Acculés aux dogmes de la Parque ;
Le poète y sublime l'infidèle Candace.

Ai, du jour cuivré de rais éthérés,
Fluctuant avatar ; j'en déguste parfois,
Le liquoreux nanan, à l'orée
D'un sous-bois évidé de grands froids.


Je musarde, avec pour partenaire,
Un fifre dont la pointe perce
Du flux ahanant, le chahut délétère ;
Dont l’avanie, aux ides, me berce.  

Des cimes, un bouquetin toise
De ma dégaine, la nonchalance…
Cuprifère, sa silhouette matoise,
Madrée, fluctue, si elle s'élance,

De furtifs sursauts de prestance
Conférant touches aux gémonies,
Sous grâce de bovidés, élégance
D'artiodactyles rétifs aux bannis.  

Ici, sous l’astre sénescent,
Sombre stratosphère, les planètes,
Ces comètes au col turgescent,
Perséides, n'en font qu'à leur tête ;

J'imagine en ces affres, mon île,
Ma maison sous la vague blessée,
Aux larmes désodées, indociles,
Sous ramure d'un atoll nuancé

De carnation : pépites éclatées,
Pittoresques teintes d'éclisses
Marbrant les boucles indomptées
D'estuaires aux râles subreptices.


J'ai neuf ans en ces lieux où l'accent
Dessine le sabir d'adolescence
Manœuvrée de l’émoi oppressant,
De femmes lénifiant de l'enfance,

Pitreries de vierges figées
Séduites de béjaunes en manque...
Constance ou songes ennuagés,
En deçà de factices calanques.

Que de matins perdus, endeuillés
Au revers d'un temps sans idéal,
Désenchantés, délacés de l'œillet,
Sans évidence, dételés de leur pal !

Il se faut rendre à l’évidence :
L’homme insère en nos joies,
Componction, souffrances,
Ascétiques coulpes qui rougeoient

En l'âtre de porphyre, d’étincelles
Sans braises, ni caloricité...
Le lyrisme cloue aux bretelles,
De l'espoir fondu, la causticité ;

En émane le slang… mes rimes
S’en détachent… faut en convenir :
Sommes, historiens de maximes,  
De capiteux pamphlets à honnir
Quand les mots forts intiment.





Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020