ET NUMERUS IN MANE*
Au rythme des matins
Rien de plus beau au ciel
azur,
De plus doux, aux
solsticiales,
Que les clapotis d'onde: murmures,
Premières mues
équinoxiales.
En l'aube diaphane,
les vents
Pénétrés de moiteur,
les senteurs
De l'avril, figent le
biotope vivant:
Fonge, taxon, étarqués en tuteur.
Aux cycles, nous
grisent, roses,
Colchiques de flore
encellulée
De muscs, faune
subvertie, enclose
De solennité, au dôme
de mausolées,
Quand l'éveil, d'un
violent bleu,
Caresse l'esquisse
saisonnière,
En échaude la mante fripière,
La nue arrose les
terrains argileux.
S'enrouent blizzards
et tempêtes,
Sur l’onde reposée,
et que ceignent
Les ombres d'un
espace en fête :
Cosmos dont les
veinules saignent
Sur le sol pollué de
monarques
Boursouflés, engrossés
de pancrace,
Acculés aux dogmes de
la Parque ;
Le poète y sublime
l'infidèle Candace.
Ai, du jour cuivré de rais éthérés,
Fluctuant avatar ;
j'en déguste parfois,
Le liquoreux nanan, à
l'orée
D'un sous-bois évidé
de grands froids.
Je musarde, avec pour
partenaire,
Un fifre dont la pointe
perce
Du flux ahanant, le
chahut délétère ;
Dont l’avanie, aux
ides, me berce.
Des cimes, un
bouquetin toise
De ma dégaine, la nonchalance…
Cuprifère, sa
silhouette matoise,
Madrée, fluctue, si elle s'élance,
De furtifs sursauts
de prestance
Conférant touches aux
gémonies,
Sous grâce de bovidés,
élégance
D'artiodactyles rétifs aux bannis.
Ici, sous l’astre sénescent,
Sombre stratosphère, les planètes,
Ces comètes au col turgescent,
Perséides, n'en
font qu'à leur tête ;
J'imagine en ces affres,
mon île,
Ma maison sous la
vague blessée,
Aux larmes désodées, indociles,
Sous ramure d'un
atoll nuancé
De carnation : pépites
éclatées,
Pittoresques teintes d'éclisses
Marbrant les boucles
indomptées
D'estuaires aux râles
subreptices.
J'ai neuf ans en ces lieux
où l'accent
Dessine le sabir d'adolescence
Manœuvrée de l’émoi oppressant,
De femmes lénifiant
de l'enfance,
Pitreries de vierges
figées
Séduites de
béjaunes en manque...
Constance ou songes
ennuagés,
En deçà de
factices calanques.
Que de matins perdus,
endeuillés
Au revers d'un temps
sans idéal,
Désenchantés, délacés
de l'œillet,
Sans évidence, dételés
de leur pal !
Il se faut rendre à l’évidence
:
L’homme insère en nos
joies,
Componction, souffrances,
Ascétiques coulpes qui rougeoient
En l'âtre de
porphyre, d’étincelles
Sans braises, ni caloricité...
Le lyrisme cloue aux
bretelles,
De l'espoir fondu,
la causticité ;
En émane le slang…
mes rimes
S’en détachent… faut
en convenir :
Sommes, historiens de maximes,
De capiteux pamphlets
à honnir
Quand les mots forts intiment.
Armand Mando
ESPARTERO© copyright 2020