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jeudi 6 février 2020

ISABEAU


ISABEAU
(Isabelle de Bavière 1371-1435)

Thadée Visconti, épouse d’Etienne III
Te donna le jour, puis du péristyle étroit,
Epia des commères, les joutes délétères
Dont se vêt la suivante rigide et sectaire.

A l’âge de quatorze ans, Charles VI t’épousa ;
Le bien-aimé t’absout… mais tu l’étais déjà,
Toi dont la beauté, la jeunesse captive,
Modelaient à escient l’âme contemplative.

Mère de douze enfants, de Charles à Philippe,
La Bretagne, l’Anjou en raillant tes principes,
Te privèrent de l’appât dont les femmes caressent
Du profond exutoire, la cerne enchanteresse.


D’aucuns disent que Philippe serait illégitime ;
Se peut-il que l’ivresse_ peu à peu, envenime
De la gourme railleuse, l’étrange rémanence,
De l’hystérésis, le trouble de l’absence ?

Prétextes, argutie, de la coquecigrue, isolent
L’élégiaque sujet fardé sous camisole ;
Ces mimiques au for de l’inconscient,
Amputent du réel, l'idoine, hors subconscient.

***

La guerre de cent ans, le schisme d’occident
Ont rendu Charles fou… pour toi, il était temps
De donner à son trône conseil de Régence ;
Y siègent désormais les noblaillons de France.

Piètre politicienne, haïe des Armagnacs,
Rivale de Jean sans peur, traîne aux flaques,
Ton nom de courtisane, ton sublime éponyme ;
Sont-ce les hobereaux tièdes, pusillanimes

Ces Germains indécis quant aux lois,
Aux ordalies dont tu te fais archonte ? Vois
Du fiévreux reître, la flamme moqueuse !
Elle vacille encor en ses ides crayeuses…


Bientôt, Philippe le hardi te viendra renverser
Du pinacle où l’on hisse les cerbères censés
De l'âme trépassée aux incertaines lunes,
Garder la geôle grise et ses fosses communes.

Berry, en médiateur calma la vindicte, hélas !
Des scissions, au calme que matelasse
La langueur du mensonge, nulle trêve possible…
Isabeau, l'angoisse en ces humeurs cessibles

Condamne au bûcher tes rêves d’infortune ;
S’émiettent  tes joies ; tes craintes, une à une,
Enjuguent de l'atrabile, l’impudique aigreur ;
Se peut-il que ce bât trahisse ta maigreur ?

***


Où es-tu amoureuse griffée du froid satin
De ces drapés de reine ? Quel amoureux latin
Serait à même de boire à ta laiteuse source,
A laper en l’écuelle, s’il achève sa course ?

De Louis, duc d’Orléans, tu devins l’alléguée,
Laissant aux périssoires le soin de naviguer
Sur l’océan factice de ta gorge poudrée,
Franchissent des mots le magistral adret.

Ton fils adultérin écorcha ton aura…
Jean menaça Paris, ton duc l’assassina ; tu sauras
En ces jeux interdits, désormais t’asservir
Aux fertiles monarques dont tu veux t’assouvir.

***

1413… Les Cabochiens prirent Paris en tenaille,
Voulurent le pouvoir vaille que vaille…
Henri V profita du trouble de la France,
Remporta Azincourt… la Normandie en transe

Se soumit sans contrainte à son hégémonie…
Peut-on tuer l’avenir aux râles d’agonie ?
Face à cette intrusion, et au bras du Dauphin,
Ce bel enfant chéri au talent des plus fins,

Tu échouas… la réconciliation ne su en toi,
Trouver l’élégance agrée de riches francs-comtois.



1417… A Troyes, les Bourguignons reçurent
Le pouvoir de régner au milieu des injures…
Septembre, à Montereau, jean fut assassiné ;
La France devint bancale… Bourguignons, vous êtes nés

De ces unions barbares, cette vraie cruauté
Qui animent les peuples ivres de liberté !

***


Quand Philippe le bon alla venger son père,
Tes yeux donnèrent ton à cet échec amer …
La vengeance amoindrit parfois du raisonnable,
En de faux idiolectes, le langage appréciable

Dont la cour agrémente en la prosopopée,
De vexatoires fables utiles à l’épopée…

*

Alliée à Henri V par le traité de Troyes,
Le jeune duc de Bourgogne su se passer de toi…
Il épouse Catherine, fille de Charles VI,
La monarchie sombra au fond du précipice…

Même s’il conserva son titre de roi de France,
Il garda de l’ivresse du style, tangible méfiance.

1435, à l’hôtel Saint-Pol, la mort t’enveloppa
D’un suaire confortable… Aras, tendrement t’y drapa.



Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020 

mercredi 5 février 2020

REPELLENTS SIMULACRA*


REPELLENTS SIMULACRA*
Répulsifs simulacres

Si les jours figeaient de notre adolescence,
Rires fous, douleurs, pleurs circonstanciés ;
Si le deuil et la honte, sans nous déprécier,
Offraient en ce mésaise, décente récréance !

Si les larmes de notre solitude bavaient
Sur la misère d'agnelages trop tôt
Agréés de rustres, de hautains hottentots
Couronnés d'impostures, d'orgueil… encavés,

Notre mère patrie, reine bafouée, ferait
De la tourmente des cœurs isochores,
Fades résipiscences_ foulerait du corps,
L'imparfaite cambrure… à qui se confirait

Lesté de peccavi, le communiant, ce féal
Disciple de la croyance ? Où iraient naître
Indéfectible servant, prosélyte, sans du traître,
Fouler la malice, dont le faux idéal

Forcit, lesté de péculat, le laudateur quiet,
Asservi aux sépulcrales coutumes
De magistère regorgeant d'amertume,
Du fiel d'acrimonie ? A qui se doit-on fier ?

Si d'exploits passés, en un douteux ressac,
S'affaissaient des cimes de notoriété_
Cognitives splendeurs riches du bel été
Dont s'enquiert le pilier délesté de bissac,

Béante consécration ? Aurions-nous
De l'enfance, accepté dérives, impéritie ?
De la puérilité, purgé le béjaune concis
De fallacieux avis faisant plier genoux ?

Du temps qu'il m'en souvienne, je l'avoue,
N'ai traces gardé… éteintes, les ambitions
Ont frustré de mon double, sans prémonitions,
L'exacte démesure… est-ce en ces rendez-vous,

Ce mal sans issue, que les songes percutent
De la souvenance, l'immodeste inscience,
Autant l'exutoire du fleuron de sapience
Avec pour offensive, si la pensée chahute,

Visqueuses breloques d'autodérision:
Amiteuses entrailles de plastronneur,
Mégalomane aux faux airs de crâneur
Adulé du fat inepte quant aux décisions

Prises au seuil des libertés ? Dès potron-minet,
Le bluffeur bat sa coulpe en tartuffe
En des gestes tronqués, où du friable tuf,
La porosité confère aux orbes alunés,

Quelque éclat bizarre de stratosphère
Déliée de contrées jouxtées du tellure
Et qu'entoile le souffle encorné de Mercure
En altier caducée sur un sol aquifère.

Si je dois des mots attiser l'idiome des pairs,
Du style, retoucher la bancale achromie,
Aurai de la prudence, sans larvaire déni,
Irréfragable aveu du chantre en son repaire.


Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020




mardi 4 février 2020

FEDITUM CONSCIENTIAM*


FEDITUM CONSCIENTIAM*
Fétides remords

Si vous passez,  la nuit devant l’étang
Où flottent putrides résidus, déchets ;
Sachez-le ! Mon cœur de vieil émouchet,
A lui aussi quitté la margelle du temps ;

Ils se mêlent aux restes de vies mortes,
Flottent à la surface de cette pestilence
Dont vous et moi, tout en gardant silence,
Connaissons l'exhalaison, la puanteur forte.



De l'aporie, à vos voies détournées,
Je le sais, vous aussi! Nulle issue possible…
Vos feintes, vos tirs en pleine cible
N’ont que peu d’intérêt ; lors, les années

Crèvent de l'ambiguïté, l’hétéroclite avers,
Galvaudent la pièce, en boudent l'aisance
Dont vous fîtes; vous reconnais là, allégeance
Éventrée de la joie, l’amour en son revers.


Voyez traîner en ces froids caniveaux,
Les lambeaux enclavant ma superbe !
Sachez, excessive mégère, des gerbes,
Dénouer le cordon, s'il presse le biveau.


 Vous dirai pourquoi, je saute en douceur,
Les buttes, et dunes, gravies chaque nuit,
Aux remblais où s’y cogne l’ennui
Avant du noir licol, étrangler l'âme sœur.


Ai longtemps, trop longtemps peut-être ( !?)
Espéré voir couler de la félicité,
Le tumulte dont voudrait hériter
L'amant qui, sans se compromettre,

Vit  amoureusement, sans lier de la peur,
Enclose de sentiments contraires:
Rhétoriques de mamelles à traire,
Pour n’en récolter qu'opiniâtre puanteur.



Si passez  devant ma porte close,
Verrez un profil avachi devant l’âtre
D’un foyer aux poutrelles albâtres,
Ma peau ruinée dira : le silence s’impose.


Je fais ce que je peux pour retenir en moi
La jeunesse bohème… loin d’elle,  je larmoie.



Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020

dimanche 2 février 2020

VULTUR GRYPHUS*


VULTUR GRYPHUS*
Condor des Andes

Oiseau, en de livresques haltes, ai fui
Des matins gris, le bitume arrogant,
L'asphalte dont le noceur fringant
Emprunte parfois, la brumaille de nuit.

Entre les pointillés d'inconcevables phrases,
Didascalie en pointe de décorum, mes ailes
Ont effacé de la moite grisaille, l'artificiel
Pénétré de nuisances, sans faire table rase

De douloureuses plaintes, d'invectives
De désemparés, enquillés au malheur.
Oiseau en ces remous où s'éventent les peurs,
Je nage en l'azur, rémiges déployées… passives,

Mes visées réactivent de la nue cotonneuse,
L'épaisse collerette, la froide jugulaire… aussi,
Sans m'assagir, pugnace, hardi, j'endurcis
Du bec, l'aciculaire apex, l'épine accrocheuse.


Triomphateur, rentrerai à l'aube, l'œil clair,
Empanaché de gloire, couronné en vainqueur
De sombres ides, rythmé de vents moqueurs,
Avant du noir, accuser les frissons d'éclairs,

L'électrique secousse aux mortes steppes ;
Les savanes s'y perdent, s'y désossent,
Puis du voile lointain, reclus en heimatlos,
S'éloignent de la plèbe… égrappés du cep.


De chaudes contrées, je traverse les âges
Tel l'aigle solitaire: majestueux accipitridé
Dont le plumage nargue le vieil héron ridé,
L'ibis chauve dont l'air proroge le voyage.

En la douce cadence d'alizéennes fuites, irai
Me reposer ; y verrai du noduleux branchage,
La vague ébouriffée, la lame qui, du rivage
Dissipera sans mal, l'hyade trop ajourée.



Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020

mardi 21 janvier 2020

RETINUIT FRIGUS*


RETINUIT FRIGUS*
Froides retenues

Il pleut sur Mornes-Rives ; le soir s'est étoilé
D'astres subliminaux accrochés aux bruines
Déversées sur la lande, aux bises entoilées
De l'helm séducteur profané de ses ruines.

A verse, sur l'Ecosse, tombent de froides perles ;
Elles tiédissent en l'azur, le fin cordon de nue
Tressé entre les cumulus ; en l'aurore, y déferlent,
De lointaines vapeurs nageant vers l'inconnu.

J'aperçois d'éphémères volutes, quand l'orage
Décélère des brises, l'équivoque constance ;
On y voit s'esbaudir, au jour, torpillées de nuages,
De sépulcrales formes piégées de vents intenses.


L'hiver peine à surgir de sa coque figée, il danse
Avant de placer au faîte des saisons, balayant
D'automnales traces, les fossilifères ganses
De mortes liaisons, l'estampille du cycle seyant.

Sur la lande, joyeuse, ébouriffée, l'enfance allume
En nos yeux rebelles d'agréables musiques ;
Les écoliers font de la buissonnière, un bitume
Où s'écrasent les pas de baladins caustiques.


Fusent les rires pleins, les comptines d'antan,
Les saynètes, les jeux entre les verts buissons
Poudrés en ces instants, de flocons hésitants
Chus des premières ventées, au doux son

D'un fifre de fortune, d'un appeau mal taillé
Qu'empruntent les moites lèvres du rêveur
Musardant avec mélancolie, aux larmes écaillées
Dont les bonimenteurs, quand s'enfle la ferveur,

Espèrent désaccorder la jouissive poussée ;
Les jeunes dentellières arrimées à ces jeux,
Épient d'un œil hardi, et sans les repousser,
Les prétentieux galants, dont l'éternel enjeu

Agrémente des fièvres, le besoin, voire l'envie
De détrôner de l'altière musarde, la vacance:
Espiègle flânerie dont l'abandon sine die, dévie
Du raisonnable, certes, sans éloquence.


L'hiver, de ses chimères, peuple en l'inconfort
Des dégénérescences, le trouble exponentiel
De sujets disgraciés, d'êtres se croyant plus forts
Et qu'enrouent les austers éclatés hors ciel.

Confuses, les congères s'affaissent sans retenue
Sur la sente blanchie où, de sa houppelande,
La crique gélifiée attise du crantage si menu,
Les miasmes nimbant le havre des Shetland.  

Benoîtement lové en mon plaid effrité, je bois
Des capricieux rayons, quelque joie passagère,
Heureux, des terres de Conan Doyle, en ses bois,
D'arpenter chaque jour, les allées princières.




Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020




vendredi 17 janvier 2020

CES CORRUPTOR*


CES CORRUPTOR*
Minable corrupteur

Minables, vous laissez empreintes en ces deuils:
Guenilles et breloques, penaillons, oripeaux ;
Aux mortes présomptions ; là, s'effeuillent
Du temps, les mécaniques heures, sous la peau

Du plus faible, ce servile péon, fidèle métayer
Sur une terre ingrate, rétive aux abattées…
Fiers, domptez aux ides du calendrier,
Les premiers décans, repoussez des ventées,

L'indispensable pollen dont jouissent les champs,
L'allogamie dont la faune abecque substance ;
Ces pas que jadis, vous fîtes en marchant,
Ces obstacles franchis sans nulle méfiance,

Sont hélas(!) devenus en votre acharnement,
Éphémères stigmates, car de ces archiptères,
Les butyreux élytres ont fondu… lentement,
Sous leurs plastrons, la nauséeuse glaire

A maculé du sol, d'appréciables goulets, souillé
Des terres, en ces arrugies, la modeste parure ;
Que ferez-vous de plus quand vos rites rouillés
Scléroseront de l'âme_ la vôtre_ la structure ?


Sur un domaine meuble, semiez discordes,
Accordant allégeance aux ventrus précepteurs
De la cosmologie_ nécromants d'une horde
De faux mages, thaumaturges, incantateurs.

Vous épiez désormais, à l'orée de sous-bois,
Les Sabines dont Rome en de lourds apocryphes,
Scelle pour Crustumerium, Antemnae, aux abois,
La légendaire capture, l'apologue attractif.


Quand il pleuvra du Ciel Rédempteur, au soir,
Les Célestes Grêlons, votre empire de boue
S'écroulera sans peine… de vos ruines-passoires,
Goutteront des flammes perçant de l'embout,

La friable mouture ; de vos cadavres, la vermine
Boudera l'exécrable bâti… vos entrailles bridées
En la fermentation, dénudera la mine,
Le simiesque profil: prognathe faciès ridé

D'incubes aux portes du Hadès, succubes
De l'herméneute sur pulpitum, ce tréteau
De harangue... les démons y titubent,
Avant de s'écraser du porche sans cima, ni linteau.  




Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020