FEDITUM CONSCIENTIAM*
Fétides remords
Si vous passez, la nuit devant l’étang
Où flottent putrides résidus, déchets ;
Sachez-le ! Mon cœur de vieil émouchet,
A lui aussi quitté la margelle du temps ;
Ils se mêlent aux restes de vies mortes,
Flottent à la surface de cette pestilence
Dont vous et moi, tout en gardant silence,
Connaissons l'exhalaison, la puanteur forte.
De l'aporie, à vos voies détournées,
Je le sais, vous aussi! Nulle issue possible…
Vos feintes, vos tirs en pleine cible
N’ont que peu d’intérêt ; lors, les années
Crèvent de l'ambiguïté, l’hétéroclite avers,
Galvaudent la pièce, en boudent l'aisance
Dont vous fîtes; vous reconnais là, allégeance
Éventrée de la joie, l’amour en son revers.
Voyez traîner en ces froids caniveaux,
Les lambeaux enclavant ma superbe !
Sachez, excessive mégère, des gerbes,
Dénouer le cordon, s'il presse le biveau.
Vous dirai pourquoi, je saute en douceur,
Les buttes, et dunes, gravies chaque nuit,
Aux remblais où s’y cogne l’ennui
Avant du noir licol, étrangler l'âme sœur.
Ai longtemps, trop longtemps peut-être ( !?)
Espéré voir couler de la félicité,
Le tumulte dont voudrait hériter
L'amant qui, sans se compromettre,
Vit amoureusement, sans lier de la peur,
Enclose de sentiments contraires:
Rhétoriques de mamelles à traire,
Pour n’en récolter qu'opiniâtre puanteur.
Si passez devant ma porte close,
Verrez un profil avachi devant l’âtre
D’un foyer aux poutrelles albâtres,
Ma peau ruinée dira : le silence s’impose.
Je fais ce que je peux pour retenir en moi
La jeunesse bohème… loin d’elle, je larmoie.
Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020



