pinterest

vendredi 7 février 2020

IBIMUS VIAM VESTRAM*


IBIMUS VIAM VESTRAM*
Passez votre chemin

Passez votre chemin, l'hiver est à ma porte,
Se peut-il qu'il enroue ma mémoire bancale !
Ne faîtes, je vous prie, d'inutiles escales
Au seuil de mes matins, si l’auster les emporte !

Ne se point retourner à l'aube des jours gris,
Nous aidera peut-être; ai peine à me convaincre
En ces cycles, que la rage de vaincre,
Naît de l'effronterie d'evzones rabougris,

Ces piquiers chahutés du tringlot,
Du palikare lesté de courbatures,
Longeant des quais de Seine, la bordure,
Au soir où les catins s'attifent de sanglots.

D'ultimes ventées, laissez-vous rafraîchir !
Serait de bon ton, en ces nuits impropices,
De faire, derrière les canisses,
Montre d'abnégation, sans même y réfléchir,

Donner aux peines, le temps de s'ajuster
Aux miennes contraintes; s'éteignent lentement,
Les soleils écarlates du lointain firmament
Aux macules hiémales figées du ciel d'été.

Avancez sur la route ! Y fleurissent des claies,
De radieux tubules écornés de la bruine,
En l'azur tiède, au ventre nu de ruines,
Et qu'enclosent les vents aux effluves bouclés.

Disjointes, les averses du devenir, perlent
Sur la peau claire de mon double contrit ;
Le cuir blême, trop hâve, de mon profil flétri ;
S'y roidissent aux crachins en déferle,

Les charpentes de la désespérance,
En trots de haridelles, posture de carnes ;
Elles voudraient encor, quand s'incarne
Les râles reflués, rompus de la constance,

S'asservir aux  finauds haruspices,
Aux cristallomanciens, ces diseurs
Présomptueux, flatteurs tartarins aléseurs
Aux coussinets toujours propices

A la gent crédule, ou à la camériste
En quête d'attelles pour maintenir son bât…
Passez votre chemin, fuyez les attractifs ébats
De piètres lovelaces nichés en l'hédonisme !


Ne pouvons rien y faire_ le temps est éphémère,
Précaires les besoins de la lionne en cage ;
S'empilent les miettes dont se partagent
Criarde anamnèse, peut-être, apraxie: amères

Déconvenues du marin en partance, seul,
Nautonier d'un lointain Miquelon
Battu d'ouragans et typhons, tout au long
De veilles émiettées, pelotées en éteule.  

Oubliez des pleurs, l'abondante saucée !
Rien de plus terne, en ces deuils de cour,
Que la condescendance… feutrer du discours,
Les louches accointances, et même en nuancer

L'inexacte vertu… me semble déplacé ; non,
Ne m'offrez ce leurre ! Ne se peut concevoir
Du flou cognitif, l'opportun affect ! Le Savoir
Est une arme trompeuse rehaussée du pennon

De fallacieuses joutes_ une pointe sertie
Du flou dont s'encanaille parfois l'habitué,
Sans de la belle envolée, moucher l'infatué
Si l'adage dessert le fat, le stupide abruti.

Passez votre chemin… irai seul à confesse ;
Passez-vite ! Il est temps de fuir la détresse !

   

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020