Désert mutant
Dans le désert brûlé jusqu'aux entrailles,
Un homme, une femme s’égarent
Sous un soleil enserrant en tenailles,
Des nomades, deux survivants hagards.
Déchiquetées de maelströms de plaines,
Des carcasses de charognes ridées,
Empuantissent sans gènes,
L’atmosphère viciée, lentement évidée
De pesanteur lestée de poussières
Au sable maquillé de l’empreinte
De pas souvent talés de l'altière
Faune joueuse, démarche souveraine.
L'artefact perce du long silence
La dérive aux portes du Sertao
Ses robustes écailles piègent la cadence
Des derniers zébus noyés sous le halo
De tièdes rais inondant la vallée
Où s’éloignent au soir, les courageux péons
De ce tunnel ingrat ; il les veut empaler
Au faîte de la mort dont l’hallali résonne
Quand l’amour s’abandonne avant
De revenir creuser de ses promesses,
La douceur quiète de mafflus encavant
De baisers la farouche tendresse.
Afin de se vider de cette déshérence,
Le sage et l'imprudent implorent Le Ciel,
Déliés du faste de la décadence,
Pris au rets du plaisir dit artificiel.
Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020


