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mardi 4 février 2020

FEDITUM CONSCIENTIAM*


FEDITUM CONSCIENTIAM*
Fétides remords

Si vous passez,  la nuit devant l’étang
Où flottent putrides résidus, déchets ;
Sachez-le ! Mon cœur de vieil émouchet,
A lui aussi quitté la margelle du temps ;

Ils se mêlent aux restes de vies mortes,
Flottent à la surface de cette pestilence
Dont vous et moi, tout en gardant silence,
Connaissons l'exhalaison, la puanteur forte.



De l'aporie, à vos voies détournées,
Je le sais, vous aussi! Nulle issue possible…
Vos feintes, vos tirs en pleine cible
N’ont que peu d’intérêt ; lors, les années

Crèvent de l'ambiguïté, l’hétéroclite avers,
Galvaudent la pièce, en boudent l'aisance
Dont vous fîtes; vous reconnais là, allégeance
Éventrée de la joie, l’amour en son revers.


Voyez traîner en ces froids caniveaux,
Les lambeaux enclavant ma superbe !
Sachez, excessive mégère, des gerbes,
Dénouer le cordon, s'il presse le biveau.


 Vous dirai pourquoi, je saute en douceur,
Les buttes, et dunes, gravies chaque nuit,
Aux remblais où s’y cogne l’ennui
Avant du noir licol, étrangler l'âme sœur.


Ai longtemps, trop longtemps peut-être ( !?)
Espéré voir couler de la félicité,
Le tumulte dont voudrait hériter
L'amant qui, sans se compromettre,

Vit  amoureusement, sans lier de la peur,
Enclose de sentiments contraires:
Rhétoriques de mamelles à traire,
Pour n’en récolter qu'opiniâtre puanteur.



Si passez  devant ma porte close,
Verrez un profil avachi devant l’âtre
D’un foyer aux poutrelles albâtres,
Ma peau ruinée dira : le silence s’impose.


Je fais ce que je peux pour retenir en moi
La jeunesse bohème… loin d’elle,  je larmoie.



Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020

dimanche 2 février 2020

VULTUR GRYPHUS*


VULTUR GRYPHUS*
Condor des Andes

Oiseau, en de livresques haltes, ai fui
Des matins gris, le bitume arrogant,
L'asphalte dont le noceur fringant
Emprunte parfois, la brumaille de nuit.

Entre les pointillés d'inconcevables phrases,
Didascalie en pointe de décorum, mes ailes
Ont effacé de la moite grisaille, l'artificiel
Pénétré de nuisances, sans faire table rase

De douloureuses plaintes, d'invectives
De désemparés, enquillés au malheur.
Oiseau en ces remous où s'éventent les peurs,
Je nage en l'azur, rémiges déployées… passives,

Mes visées réactivent de la nue cotonneuse,
L'épaisse collerette, la froide jugulaire… aussi,
Sans m'assagir, pugnace, hardi, j'endurcis
Du bec, l'aciculaire apex, l'épine accrocheuse.


Triomphateur, rentrerai à l'aube, l'œil clair,
Empanaché de gloire, couronné en vainqueur
De sombres ides, rythmé de vents moqueurs,
Avant du noir, accuser les frissons d'éclairs,

L'électrique secousse aux mortes steppes ;
Les savanes s'y perdent, s'y désossent,
Puis du voile lointain, reclus en heimatlos,
S'éloignent de la plèbe… égrappés du cep.


De chaudes contrées, je traverse les âges
Tel l'aigle solitaire: majestueux accipitridé
Dont le plumage nargue le vieil héron ridé,
L'ibis chauve dont l'air proroge le voyage.

En la douce cadence d'alizéennes fuites, irai
Me reposer ; y verrai du noduleux branchage,
La vague ébouriffée, la lame qui, du rivage
Dissipera sans mal, l'hyade trop ajourée.



Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020

mardi 21 janvier 2020

RETINUIT FRIGUS*


RETINUIT FRIGUS*
Froides retenues

Il pleut sur Mornes-Rives ; le soir s'est étoilé
D'astres subliminaux accrochés aux bruines
Déversées sur la lande, aux bises entoilées
De l'helm séducteur profané de ses ruines.

A verse, sur l'Ecosse, tombent de froides perles ;
Elles tiédissent en l'azur, le fin cordon de nue
Tressé entre les cumulus ; en l'aurore, y déferlent,
De lointaines vapeurs nageant vers l'inconnu.

J'aperçois d'éphémères volutes, quand l'orage
Décélère des brises, l'équivoque constance ;
On y voit s'esbaudir, au jour, torpillées de nuages,
De sépulcrales formes piégées de vents intenses.


L'hiver peine à surgir de sa coque figée, il danse
Avant de placer au faîte des saisons, balayant
D'automnales traces, les fossilifères ganses
De mortes liaisons, l'estampille du cycle seyant.

Sur la lande, joyeuse, ébouriffée, l'enfance allume
En nos yeux rebelles d'agréables musiques ;
Les écoliers font de la buissonnière, un bitume
Où s'écrasent les pas de baladins caustiques.


Fusent les rires pleins, les comptines d'antan,
Les saynètes, les jeux entre les verts buissons
Poudrés en ces instants, de flocons hésitants
Chus des premières ventées, au doux son

D'un fifre de fortune, d'un appeau mal taillé
Qu'empruntent les moites lèvres du rêveur
Musardant avec mélancolie, aux larmes écaillées
Dont les bonimenteurs, quand s'enfle la ferveur,

Espèrent désaccorder la jouissive poussée ;
Les jeunes dentellières arrimées à ces jeux,
Épient d'un œil hardi, et sans les repousser,
Les prétentieux galants, dont l'éternel enjeu

Agrémente des fièvres, le besoin, voire l'envie
De détrôner de l'altière musarde, la vacance:
Espiègle flânerie dont l'abandon sine die, dévie
Du raisonnable, certes, sans éloquence.


L'hiver, de ses chimères, peuple en l'inconfort
Des dégénérescences, le trouble exponentiel
De sujets disgraciés, d'êtres se croyant plus forts
Et qu'enrouent les austers éclatés hors ciel.

Confuses, les congères s'affaissent sans retenue
Sur la sente blanchie où, de sa houppelande,
La crique gélifiée attise du crantage si menu,
Les miasmes nimbant le havre des Shetland.  

Benoîtement lové en mon plaid effrité, je bois
Des capricieux rayons, quelque joie passagère,
Heureux, des terres de Conan Doyle, en ses bois,
D'arpenter chaque jour, les allées princières.




Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020




vendredi 17 janvier 2020

CES CORRUPTOR*


CES CORRUPTOR*
Minable corrupteur

Minables, vous laissez empreintes en ces deuils:
Guenilles et breloques, penaillons, oripeaux ;
Aux mortes présomptions ; là, s'effeuillent
Du temps, les mécaniques heures, sous la peau

Du plus faible, ce servile péon, fidèle métayer
Sur une terre ingrate, rétive aux abattées…
Fiers, domptez aux ides du calendrier,
Les premiers décans, repoussez des ventées,

L'indispensable pollen dont jouissent les champs,
L'allogamie dont la faune abecque substance ;
Ces pas que jadis, vous fîtes en marchant,
Ces obstacles franchis sans nulle méfiance,

Sont hélas(!) devenus en votre acharnement,
Éphémères stigmates, car de ces archiptères,
Les butyreux élytres ont fondu… lentement,
Sous leurs plastrons, la nauséeuse glaire

A maculé du sol, d'appréciables goulets, souillé
Des terres, en ces arrugies, la modeste parure ;
Que ferez-vous de plus quand vos rites rouillés
Scléroseront de l'âme_ la vôtre_ la structure ?


Sur un domaine meuble, semiez discordes,
Accordant allégeance aux ventrus précepteurs
De la cosmologie_ nécromants d'une horde
De faux mages, thaumaturges, incantateurs.

Vous épiez désormais, à l'orée de sous-bois,
Les Sabines dont Rome en de lourds apocryphes,
Scelle pour Crustumerium, Antemnae, aux abois,
La légendaire capture, l'apologue attractif.


Quand il pleuvra du Ciel Rédempteur, au soir,
Les Célestes Grêlons, votre empire de boue
S'écroulera sans peine… de vos ruines-passoires,
Goutteront des flammes perçant de l'embout,

La friable mouture ; de vos cadavres, la vermine
Boudera l'exécrable bâti… vos entrailles bridées
En la fermentation, dénudera la mine,
Le simiesque profil: prognathe faciès ridé

D'incubes aux portes du Hadès, succubes
De l'herméneute sur pulpitum, ce tréteau
De harangue... les démons y titubent,
Avant de s'écraser du porche sans cima, ni linteau.  




Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020




mardi 14 janvier 2020

LEVA PLANCTUM BALADIN*


LEVA PLANCTUM BALADIN*
Ironique baladin

Que n'êtes-vous, sauvage, à ma litière
Arrimée… mutine, en de suaves moues,
Accusez audace, trompant de vains remous,
Les caprices butés de vos œuvres altières !

Conquis, en ces humeurs dociles, votre rire
Humanise de vos larmes salées, l'itératif débit ;
Engoncé au fourreau du mal qui m'estourbit,
Je suffoque, écrasé d'inquiétude, pour du pire,

Éteindre le pyrrhonisme dont l'ambition peaufine
En de fallacieux rites, la subtile obédience.
Espiègle dryade, faites montre de patience
Quant aux miens besoins ! Ai-je de joutes fines,

Altéré de l'attente vôtre, les rudes gémonies ?
Devrais-je m'en repentir, moi_ inutile taxon,
Pasquin de cour, pitre au teint arcanson,
Dont la gent affectueuse semble faire déni ?


Enfiévrés de contradictions, ai des nuits,
Amplifié l'âpre opacité, inversant des veilles
Piégées de narcoses, les volutes vermeilles
Pleinement dissoutes du captieux ennui.

Vous fardez, ce me semble, au revers de l'aplomb
Rivé aux spoliations, généreuse mansuétude…
J'aime à ce directoire, délié d'inquiétude,
Paraître en homme libre délesté du plomb

De sombres incartades, pour déployer rémiges,
M'envoler hors l'enclos où, repus de farrago,
S'alourdissent les buses leurrées de plagaux,
Les bondrées égarées sous de nobles vestiges.


Si j'ai du matassin, emprunté guenilles, singer
Du turlupin, minaudières esbroufes, ai aussi,
Du galant gentilhomme, peu à peu, adouci
Gutturale phonation, sans blesser, ni piéger

Du vulgum pecus attentif aux rimes abstraites,
La feinte naïveté, ou du gourdiflot de cités,
La jobarderie dont s'enquiert le fat plébiscité
De foules estropiées d'esclandres indiscrètes.



Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020




dimanche 12 janvier 2020

DRIFTS CAPTIONEM*


DRIFTS  CAPTIONEM*
Le piège des dérives


Je suis de nulle-part, mes fièvres sont d’ailleurs ;
J’escalade les ruches d’éphémères abeilles
Butinant de mon nard_ moi, de leurs fleurs,
Les sucs de convenance à l'arôme vermeil.

Piégé du ressac de l’onde sans tumulte ;
Vidé de turgescence, las, je m’époumone
Hurlant à la lune, tel celui dont le culte
Affadit de sa foi les rites monotones.

Je croyais miennes, les lubies attractives,
Des filles nues de mes primes audaces
Elles ont du patois aux saveurs olfactives,
Agressé le tissu… que faut-il que j’y fasse ?


Hors des routes, j’atteins du noir intense,
La laideur du plaisir piégé de déraison ;
Devrais-je jouir du mal en sa paissance,
Paver son deuil, d’étranges oraisons ?

J’ai fait le tour des terres sans enclaves,
Ces pôles désorbités du sordide cosmos ;
La chienne, en l’aube, s’y étire, puis bave
Une putride lie, quand son corps se désosse.

Me voilà sur la mer au milieu de corsaires,
De pirates meurtris d'inutiles rumeurs ;
Ils se veulent estourbir sous l’estuaire
Où la lame s'éveille, se déchaîne... et meurt.



Dans un square,en décembre, sur un banc,
Deux profils simiesques, meurtris de solitude,
M’interpellent… j’avance sous les flocons blancs
D'une neige drapant les chemins rudes,

Pour ne plus revenir au seuil de ces matins
Assombris de jours gris, de cycles incertains.




Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020

BRISKET SUBURBIUM*


BRISKET SUBURBIUM*
Tendron de faubourg

Désuètes ritournelles, immuable contenance,
Elle avait des portraits d'Angelica Kauffman,  
La douceur qui, de l'homochromie, piane-piane
Le sujet délacé du fusain, sans autre réticence.

Elle rythmait d'élégance passive, sa toilette,
Adoucissant du geste, en de rétives touches,
Les formelles instances ; du pulpeux de sa bouche,
S'animait sourire, qu'aux messes, sous voilette,

D'itératives coulpes formataient la finesse ;
Chaisière d'imprécatoires laudes, de complies,
Accusait des malsaines pensées, en repli,
La componction, pinçant de la détresse,

L'insupportable affect en pointes de claymore
Sur le cœur nu, piégé d'autophilie…
Dentelles, organdi faisaient de coupables délits
Dont elle se croyait ceinte, accessoires de mort,

Ustensiles de péché… concomitants marasmes ;
Les serves en étrillent la turgide algarade_
Délétères piques de matrones maussades,
Inhibées, en quête de jouissances, d'orgasme.  


Rosière du parcours où s'essoufflent les chattes,
Faisait fi du regard des bigots de confesse,
Sa foi en ce monde cruel, faisait serrer les fesses
Aux madones bouffies enivrées de Vulgate.

Qui la veut hisser au pal d'âmes déchues,
Nimber de jésuitiques thrènes de funérailles,
Sa superbe ? Lui perforer du col, aux entrailles,
Le scintillant feldspath, de ses palmes fourchues ?  

D'altière plume de poète sans trône, j'évincerai
Du mal qui la régit, les huées... en déclamateur,
Sans troubler du mépris, l'infantile candeur,
Poserai couronne à l'ingénuité prise à mon ableret.



Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020