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lundi 18 novembre 2019

TRINUS ADMIRARI*



TRINUS ADMIRARI*
                                 Incroyable virée

Quand s’enfoncent mes doigts sous ta peau,

Écorchant de la chair, les farouches replis,

S’enflent alors tes seins ; ils implorent sursis, emplis

Des sucs galactophores des muscles en repos.


Minuit sonne à l’horloge de ton ventre,

En dépèce les heures hissées à ton nombril ;

Lentement, s'entrouvre au faîte du baril,

La glaireuse semence rivée à l’épicentre



De l’amativité... invisible lie de la mue

Transie de plaisirs... secrètes pulsions

De corps inassouvis qu'éveille l'inaction...

Langoureux frissons dont le tétant transmue


L’ivresse passagère afin d’y mieux griser

Au plus fort de l’ébat, la serve abandonnée

A l’exacerbation du mâle, condamnée

De mortes topiques...  en gouge méprisée.



De prolifiques pruines fardent de la chair,

Le col de la déconvenue… triste et pâle,

Ta face, dont la balèvre redessine l’ovale,

Absorbe quelque malsain transfert ;



J’y vois naître en ces floues d'escarmouches,

L'ithyphallique cellule d'impudence _

Cruelle désaffection d’amants en transe ;

Ils défroissent des plis chauds de la couche,



Les ombres en louvoiement, essartées à temps,

Du sol meuble, les miasmes coupables :

Bélinage d'hobereaux que peu à peu, ensablent

Les reflux d'hédonisme, ô combien tentants !




Las, je fais deuil de ces vices moqueurs...

Ma conscience confesse le vide catapulté

De l’esprit d'hommes, prêts à occulter

Le péché lesté du faix de la rancœur.    


Armand Mando ESPARTERO© copyright 2019

ARGUMENTUM IMPUDICITIAE HABENDA HABITU*


ARGUMENTUM IMPUDICITIAE HABENDA HABITU*
Immodeste parure

L'automne a déployé sa fuligineuse mante,
Son sibyllin drapé, sous la voûte roidie…
Çà et là, épars, en des heures alarmantes,
Se meurent les soleils de ce temps affadi.

Les vents froids vitrifient l'atmosphère,
Tétanisent les flots, avant de s'évanouir
En novembre embruiné, chu de la stratosphère,
Au matin où la nue s'y semble  épanouir.


Plombé d'oppressantes tornades, de noroîts,
Le ciel s'est voilé aux heures les plus sombres,
Dérivant du nord d'Adirondacks, pousse au désarroi,
Au faîte d'Appalaches, le mont Marcy, où sombrent

Des notus, d'humides tempêtes dont les cris effarés
Éveillent sarabande de mouettes en partance,
Raniment le goéland au-dessus des marées,
De houleuses crevasses, de cuvettes immenses.

L'automne s'est dressé au milieu des prairies,
Agitant sa moiteur sans retenues aucunes…
Il s'est offert parure hors des sentes fleuries,
Piétinées de marcheurs en-deçà de nos dunes.


Ses yeux se sont emplis de larmes de faïence,
De diaphanes pleurs, de flots adamantins ;
Ne reste en ces affectations pour le moins intenses,
Que l'hétérogénie soufflée de nos frileux matins.

L'automne a posé sur ma page de garde, au soir,
Bouquet de feuilles mortes, immobiles bourgeons ;
Je les vois savourer du douzil du pressoir,
Les dernières gouttes enflant mon badigeon.



Armand Mando ESPARTERO© copyright 2019




dimanche 17 novembre 2019

DA MIHI FABULA !


DA MIHI FABULA !
Rendez-moi mon histoire !

Donnez-moi les printemps, les fièvres d'antan,
Les nuits à effeuiller des rêves, la moiteur !
Donnez-moi les sourires absous des mots menteurs,
Rires dégorgés, liesses, le cœur battant !

Rendez-moi les étoiles de mes ciels de nuit,
Les premières ondées de l'automne naissant !
Vous ferai voir céans, de mes larmes de sang,
Le fluctuant débit, aux sources de l'ennui.

Ai porté mes sommeils, mes hibernations,
Au parvis d'agrypnies ; minuit s'y attardait,
S'étirait et sans mal, quand sur l'éveil, dardaient
Les froids rayons de l'inhibition…


D'exclusives prorogations emprisonnaient
De mon être blessé de nuisibles semonces,
L'impérieuse liberté… des pulsions absconses,
S'esbignaient les flux de mes songes mort-nés.

Rendez-moi les jeudis fardés d'aquatinte,
Les étés travestis de musiques dont bâille
Le polyptyque avant, de mes minces entrailles,
Purger l'indispensable, en mes soifs éteintes !



Donnez-moi ce beau lac dont Lamartine anime
Manifeste parure ! En pointes de trochures,
L'illusoire et le doute plissent de l'ébréchure
De la prime jeunesse, mon double pusillanime,

Moi qui ai tant donné, moi le débonnaire ;
Voilà que de l'audace, me suis désarrimé !...
De quel astre sonore, piètrement sublimé,
Me suis-je laissé séduire, moi, l'aède sublunaire ?


Aurais-je du vécu brocardé, en de profonds silences,
L'exacte prétention, doléances et plaintes
D'un lieu dézoné que l'oppression éreinte ?…
Que ne suis-je, en ce marasme intense,

Percé de colichemardes, moribond d'un duel
Sans public, d'escarmouches sans arbitre ;
Me faut-il pour vaincre, des rigaudons et pitres,
Nuancer des joutes, les boutades cruelles ?

Rendez-moi mon histoire, que j'aie de l'assurance !
Ferai du réquisitoire, connaître l'apophtegme,
Louant des maximes, en un étonnant flegme,
Les subtiles formules… à vous qui battez ignorance !



Armand Mando ESPARTERO© copyright 2019





jeudi 14 novembre 2019

NECESSE QUERELIS*







Inutiles plaintes


Pour effeuiller de toi, de diffuses envies,
Ai parcouru le vide de l’introspection,
Plongé dans la folie agrémentant ta vie
D’utopies balayées de l'abnégation.

Pour modeler de toi, la plantureuse chair,
Ai drainé des larmes, l’expansif  fluide
Déversé la nuit en tristes surenchères
Incommodées d’ivresses, en l’âme impavide.


Pour effleurer de toi, l’impudique cambrure,
Ai tressé de mes peines, chaque lubie active
Gangrenée au plus fort de l'acide parjure,
La conscience lustrée d’émotions affectives.

Ne me retient qui peut, pour au soir, me soumettre
Au confort du fol épicurisme… j’en condamne
Des moindres repères, puis, en maître,
L’arbitraire du pédant, l'altier mégalomane

Enfiévré de sophismes, au puits de ses remords,
De l’aveu du confiteor, l’exact repentir,
A capite ad calcem**, purgé du derme mort
Dont ne reste que braises de soupirs.


Pour aspirer de toi, le galbe moitié-plein,
Ai embaumé d'acides mes convectives suées,
Dissolvant de tes cuisses, à tes reins,
En ma sève, pour les mieux renflouer

D’impétueux gamètes_ ovules réfractaires
Au coït final… bouts d’existence bafouée,
Exécrée de démesure pleine, austère
Quant aux semonces cinglées en coups de fouet.

Les doctes spectraux troublent mes incartades ;
Ne subsistent, vois-tu ! que parères d’édits
D'un suffète hardi, délié de boutades,
Au mordant chevillé aux rites interdits.

**De la tête au pied

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2019 

SINUNT ARCANA ;*

SINUNT ARCANA ;*
Léthargiques secrets


Le saviez-vous ? Nos insomnies
Naissent de songes révélateurs ;
Ils impulsent en nous, des signes salvateurs
Qui souvent animent l'angoisse du déni ;

Elles roidissent l’éveil du nouveau-né,
Les lallations du gosse en l’allaitement ;
L’inconscient annihile du raisonnement,
Les puérils besoins, les caprices bornés.


L’âge, cet accusateur, affaiblit le sujet,
Il le veut rassurer aux aubes premières ;
Mande parfois en plénipotentiaire,
L'exécuteur voulant préempter les projets.

L’adolescent_ peut-être,  par ignorance,
Dénoue, en maugréant, les arcanes du temps ;
Il bat de l’aile aux ides d'un printemps
Éclos au cœur de la reviviscence.


Des secrets teintés de  vantardise,
Avions de nos pensées_ sans remords,
Défloré la constance, puis du mort,
Lacéré le suaire... ma foi, sans couardise ;

En sommes-nous conscients ?
Peut-on de la lucidité, aspirer convenance,
Sans vomir le fiel d'intolérance ?
Cet imposant ego lubrifie l’escient...

Je brise de l'orgueil, le superbe fronton,
Ce majestueux rostre, ce stylet de gloire...
Les punitives rides immolent l’illusoire
De la face poudrée _ puis, dilatent le ton

D'années aux sénescentes croûtes
Pendouillant du derme en lambeaux ;
Puis, la chair passe le flambeau
Au mourant écrasé de remords, et de doutes.



Léthargiques secrets, que n’aurais-je donné
Pour ranimer les brandons du passé !
Nos ivresses côtoient l’ombre des trépassés
Encavés de soupirs, de cris désordonnés.


Armand Mando ESPARTERO© copyright 2019