QUO
MODO RHETORICUS LIGABIS !
Muselez le rhéteur !
Faites-taire les fous de la prime bohème,
Ceux qui, de par les routes, s'en vont traire
Des mamelles, l'indispensable glaire,
Le généreux mucus !… à tous vents, ils sèment.
Encagez les penseurs de la plèbe déchue,
Les tristes paraphrastes de l'académie !
Censeurs anonymes, aristarques soumis
Égrènent de la sémantique, le langage fourchu,
Afin d'en satisfaire la philologie, et de l'érudition,
L'exacte profondeur… muselez-ces théoriciens !
Platon en sa faconde, dévoilait leurs travers ; les siens
Furent pour nous, en ces métonymies, l'instruction
Du sage… peut-être du pamphlétaire délié
De la rhétorique dont se réclament encor,
Le contemplatif, le prosateur buté aux accords
Purgés du raisonnable, entre plein et délié.
Du bas-ventre de l'odalisque, au charisme
De l'encyclopédiste, cheminent des besoins,
De possibles désirs dont l'intellect est oint...
Que la pensée absolve de l'absolutisme,
L'immonde autocratie_ jupitérienne ardeur
Grimant d'un artefact, le silène de cour !…
Ciceron, dont Pompeius Strabo refluait du discours,
La ténébreuse emphase, fouettait de la candeur,
Le pédantisme clos… il assurait prébende
Aux bedonnants cerbères boudés de l'exégèse
Tissée au for de l'être, l'infâme catéchèse:
Rex,
quibus catechesis insigni que transcende
La foi, précieuse armure du croyant incivil,
La seule protection du Chrétien… il fait fi
Du sophisme des prévaricateurs, en défie,
Seul, contre le postulat, les joutes les plus viles.
En de vains syllogismes, s'étrangle le logographe,
S'asphyxie l'orateur nimbé de sa superbe… ce matois
En de flous ânonnements, étrille en son patois,
Le slang des questeurs soumis au doxographe.
Muselez, je vous prie, ces laudateurs crispés,
Ces vieux gobe-mouches de cénacles plombés !
Vous ferai ristourne en de belles flambées,
D'une autre prosodie, d'arpèges moins guipés.
Armand Mando
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