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samedi 21 septembre 2019

DIONYSIES


DIONYSIES

Vous passerez ce soir, frontières du plaisir,
Portes de la luxure, du vice, de l'hédonisme ;
Votre âme dérivera avant que de transir,
Votre cœur vomira l'effluence d'érotisme
En dérive sur la chair enfiévrée d'adultisme,
Au faîte de dionysies encagées de désirs !

Les chiennes lézardées d'horribles vergetures
Laperont en l'écuelle du tyran Pisistrate,
Poseront assoiffée la balèvre souillée sur le mur
De vestales soumises aux rituels de strates.

Verrez en la froide coulisse de riches phallocrates
Des serves alanguies, de revêches druidesses
Allumer du fol épicurisme dont nous parle Socrate,
Les brandons d'un coït en l'enceinte des fesses,

Roidir de la manœuvre, la membrane cloacale
Avant que d'assouplir le canal vitellin…
L'ondoiement de ces flux de réserves rectales
Jaillira en bouquet  spermatique au reflet hyalin.


Perverse cérémonie où la copulation transcende
Le réel… où la bestialité chevauche le raisonnable.
Dans cette bacchanale, le stupre vêt de prébende,
Les froides odalisques aux pratiques coupables.

Bercée par le doux son du sequin de notables,
La vierge s'abandonne avec grâce… sans réserve ;
Son chaste sein, sa croupe inexploitée, attablent
Le bretteur que les feintes desservent.

On la voit louvoyer hors la sente du mâle,
Pour s'y mieux retenir… avant du mont pubien,
S'offrir pour escalade, le piolet de l'amant ; il empale
De ce rosâtre ubac, l'hymen… Comme il s'y sent bien !

De sang souillé, de glaireuses giclées, de rage,
S'allonge le tapis des frasques adultérines…
De ces phallophories, montent, tel un présage,
Les sonores semonces, les Prédictions Divines.

TU NE COMMETTRAS PAS D’ADULTÈRE !

Pour avoir enjambé les crevasses livresques,
Jouxté le préambule de diffus apologues,
Me suis retrouvé _ pauvre béjaune grotesque _
En triste ex-libris, encarté aux lois d'idéologues
Dont le verbe quadrille du mystagogue,
L'initiatique ésotérisme, l'hermétisme dantesque.


Armand Mando ESPARTERO© copyright 2019

vendredi 20 septembre 2019

CLAUDERE EX…


CLAUDERE  EX…

Gros plan sur…


De ce travelling avant, ne reste désormais

Que rides d’artiste déçu de n’être,

Au cœur de l’aventure du paraître,

Au sein même du drame ; s’y animaient



De folles nitescences, d'étranges brasillements

Sur la face meurtrie du héros en disgrâce,

Sur le long pulpitum où trépassent

Aux mâtines, les spectres  du tourment.



 Dans ce désuet décor sans teinte, ni harmonie,

L’interprète, cet histrion sans âme, cabotine

Face à l’objectif qui dévoile sa gouaille assassine,

Chevrotante  syntagme de tragédien puni.



De son sirupeux texte de rigaudon poudré,

Émanent,  sons glauques et borborygmes

Dont la phonie dévoile de l’énigme,

L’incroyable poussée_ de l’ubac à l’adret.


Encerclés d’un halo, ses gestes mécaniques

Empalent de sa lippe embuée,

D’outrecuidants plis... voudrait-il s’attribuer

Les mérites du mordant ironique



Du rivarolien ? Il trouble le perchiste,

L'implore du regard, pince la démesure

Confinant au bouffon_ sans commune mesure _

L’aura du Trivelin mué en anarchiste.



Ultime gros plan sur ce vieux théâtreux,

Ce Jouvet au rabais ; il hante des froides loges,

L’improbable doublure sous sa toge

D’ambitieux artiste au regard vitreux,



Retient de ses larmes, les chutes

Dévalées des cernes, sans s’y rompre…

Ecoutez- donc ce vil déclamateur ! L’interrompre,

Eut été_  je le crois _  imparable culbute




Armand Mando ESPARTERO© copyright 2019

mardi 17 septembre 2019

MALEDICTUS VIR QUI ANNUTIAVIT EXCLUSIVE!



MALEDICTUS VIR QUI ANNUTIAVIT EXCLUSIVE!*
Maudit soit l'exclusif !

Il y avait des plaines, d'incultes guérets
Où poussaient la misère et le deuil ;
J'ai vu à l'ombre du pampre, les marais
Se noyer dans la vase… plus loin, du seuil

Du vieux mas, la faune infestée de vermine,
Écorchée, entrailles rongées de puante sanie ;
Misère et carence rythmaient du quotidien,
La folle affliction de nos désirs en ruine.


Les premières congères roidissaient du matin,
La limpide rosée ; elles crispaient de l'aube,
L'adamantine veille, en ridaient le duveteux satin
Enroulé aux saisons que les frimas enrobent.

Le vallon, aux noires nuits d'automne, serpentait
Hors la sente ébréchée où, peu à peu, s'effacent
Les sillons modulés d'elfes prétendus enchantés
Et qu'évincent les vents faisant montre d'audace.


Le ruclon qui jouxtait la piteuse demeure
Faisait naître des fétides accords, le pestilentiel,
La fétide mesure des mânes…  là, se meurent
En la fange, les psychés du circonstanciel.

La mort de son nid froid, bavait avec constance
Sur la peau hivernale des molles pochades ;
L'aquarelle figée du souffle hiémal, en l'intense,
Appauvrissait de nos larmes butées, malades,

L'inconfortable influx… nos yeux en sertissaient
L'éphémère diadème, le transitoire nimbe
Posé au faîte de réprobation… y glissaient,
De dédaigneuses huées fusant de limbes

Soutenus d'ordalies accotant de la foi
En des rites moins gras, le pinacle de vie…
Dieu, comme il me tardait à l'orée de ces froids,
D'ajuster mon esprit aux marches du parvis

Emprunté du croyant de L'Éternelle Gloire ;
Je berçais d'évidences, et mon cœur, et mon âme
Désoclés du porphyre de ces sépulcres noirs
Dont Satan alimente la conscience dictame.


Si mes pas ont fondu, il me reste pourtant
De superbes rémiges, quand bien même,
En l'apesanteur, la scapula, du radius retend
De mes ailettes, l'ossature trop blême.

Écorchée, à bas de cylindre, l'empreinte consanguine
De Mando, l'irascible, accentue du marasme profond,
L'odieuse apathie dont s'affuble la larvaire béguine
D'un sinistre couvent où elle se morfond.



Zéphyr, harmattan, se sont tus… les arbres s'isolent
Des jardins empuantis… les fleurs du silence,
Au renouveau s'écaillent, puis naissent des corolles
Embaumant la prairie aux carnations denses.

Il se peut de ma plume, en des soifs monacales,
Voir de vexants brandons prestement s'animer,
Je ne puis en tenailler l'exaltation fatale ;
Du passé-sépia, mon présent s'est grimé
Pour de mes mots abstraits, dignement s'arrimer.




Armand Mando ESPARTERO© copyright 2019

dimanche 15 septembre 2019

FERA SONAT ROGISQUE ADUSTAS*


FERA SONAT ROGISQUE ADUSTAS*
Sauvages fêlures

Tes hanches civilisent les trompeuses lunes
Galbant de ton ardeur, la fière cambrure ;
Tu dissous des mâtines l'empreintes de dorures
Pinçant du ciel d'avril, les spires opportunes.

De ta peau, à la mienne, somnolent les rumeurs
Dont s'agrémentent au soir, d'inlassables mues
Transies en ce décor où la nuit, se commuent,
Les suées transitoires de possibles humeurs.


Ta bouche, Elodie_ confine en ses replis,
La moiteur des silences s'y venant poser,
Quand l'aube écartèle en la moite rosée,
L'éventail de saisons pleinement accomplies.

Sur ton ventre nacré, s'étirent peu à peu,
Les lueurs synclinales modelées du désir ;
Ta chair traverse encor les parois du plaisir,
Où fondent les caprices de nos travers pompeux.

Ton appétant souffle module du geignement,
L'inextinguible ardeur des faraudes dryades
Drapées d'immodestie… échouées sur la rade,
Lentement, agonisent en un lourd bramement.


Je chevauche au clair de tes besoins,
La flottante moulure de l'épais jaseran ;
Tu sembles la sertir, et sans sortir du rang,
De turgides limailles dont seule, tu prends soin.

Je crains de l'émulation, l'impossible conquête,
Moi, le garant de lois inhérentes au respect…
L'infidèle musique dont l'âme se repaît,
Ce trop long requiem qui en tes jeux, m'inquiète,

Bouleverse de mes mots, l'alerte inflexion…
Chue du marbre gelé de tes hyalines formes,
Me suis retrouvé nu au pied du bel orme
Obombrant de mes yeux, l'humide affliction.



Armand Mando ESPARTERO© copyright 2019

lundi 2 septembre 2019

LOQUENTES INEPTIAS TUA VICTA IACET ?


LOQUENTES INEPTIAS TUA VICTA IACET ?
Déraisonnez vos soifs !

Que de piètres excuses, gente dame de mai,
Que de mots inutiles livrés à mon palier !
Vous faites_ ce me semble_ et sans vous délier,
Allégeance aux amants, sans en souffrir jamais.

Vos rêves trop tôt éclos fanent en de rudes ides ;
L’hiver a de vos joies, gelé l’émotion… il traîne
En vos absences, un vieux remords qu’égrène
La triste remembrance de vos doutes rigides.

Ma peau ne fut pour vous qu’une terre pentue,
Un sombre boulevard où les suées caressent
De la chair insoumise balayée de détresse,
Cicatricules en quête de possibles vertus.


Quand serpentaient vos doigts, s’étiraient vos phalanges,
Le cuir de mon corps, sa revêche doublure
S’ajustaient au galbe de la plastique, dont l’enflure
Modelait d’inadéquats transferts, le losange.

A tarir de vos sources, l’aqueuse décoction, ai sevré
Mon ego plein de fatuité... bercé d’outrecuidance,
L’orgueil compulsa de cette irrévérence,
Le prétentieux gestalt et l'inféconde ivraie


Que d’emphase, de bouffonnes pirouettes, d’hyperbole !  
De la componction, vos  délires_ je le crains ! _
Ne sauront aliéner le vice, ni vider de l’écrin,
L’éphémère diadème de vos affres plus folles.

Élégant et naïf, rétif et volubile, votre art
Interpénètre les plus chastes pensées, en délie
Du factum, les riches entremises huées de l’hallali ;
Que n’aurais-je pour plaire, percé de part en part

Et mes peurs, et ma vie, enquillées  au pylône
De l'autosuffisance, quoique brinquebalante
Au souffle de ces vents illusoires qu’enfantent
Les solstices emmurés au revers de mon clone !


Vous ferai-je confesse avant les soirs d’orage,
Aveu, devant l'âtre où se consument encor
D’ultimes escarbilles profanant le décor
D’un  vieillissant tableau, d’un sénescent voilage ?

Je resterai pour vaincre du chimérique doute,
L’inexacte portée ; marcherai à pas lents
Sur la trace des sages... en flambard insolent,
Encloîtrerai les fièvres de l’austère déroute.


Armand Mando ESPARTERO© copyright 2019 

ALTERA VITA MEDITATI SUNT !*


ALTERA VITA MEDITATI SUNT !*
Imagine l’autre vie !

Imagine une terre où les hommes s’étreignent,
S’apprécient, se parlent en frères, sans mentir,
Ni craindre des tempêtes nous voulant abrutir,
L’irascible colère, quand les mondes s’éteignent !

Imagine un jardin au beau matin d’avril, enclos
Sans chardons, ni épines accrochées aux tiges,
Sans obstacle à franchir ; verrions les rémiges
Du bel oiseau de feu, en nos yeux mi-clos,

Percer du lourd silence, l’ouateuse aphasie…
Les femmes porteraient en leur matrice pleine,
La jouissance du temps qui couronne les reines,
L’élégance des mères boudant l’apostasie ;

Servantes du Seigneur, s’offriraient avec grâce,
Regard humilié, mains tendues vers Le Ciel ;
Naîtrait de leur amour pour Dieu, L’Eternel,
Un nouvel univers où le péché trépasse !


Imagine un enfant main posée sur douzil,
Lèvres humides, bouche éclose_ boire au filet
De la belle fontaine, quelques perles effilées
De diaphanes chutes chatouillées  du grésil !

En l’aube adamantine, fleuriraient des musiques,
Symphoniques arpèges… le mistral ébaubi
Cinglerait du mafflu, si l’aurore l’estourbit,
Le visage du gosse aux rêves féeriques.

Imagine mon île au pied de la Pelée, fondre
Sous la canopée ; on y verrait courir le ruisseau
Sous la volve ; s’y croiseraient, gerbilles et souriceaux
Subrepticement, sans plus jamais confondre

De la verte savane, l’arrogant hallier et le vert fourré ! …

Imagine  à ton cou, ma bouche mollement posée,
Ma lèvre assoiffée de ta peau satinée… tes rires
Parfumés d’indulgence !  Là, sans coup férir,
Sèvrerais d’audaces, les premières rosées,

La pleine hardiesse, sans porter estocade
A nos déconvenues… libres de se suffire, de s’aimer,
S’offrir, et sans se parjurer, ni se trop abîmer
En de fielleux souhaits, diffuses algarades.



Franchirions heureux, le naos de l’église…
Le fruit mûr de l'aveu, gorgé de capiteux,
Serait par nous cueilli, loin de ces maupiteux
Dont la gorge alimente clabaudes… ils ironisent

Au soir où se prélassent les revêches gaupes
Alourdies de froufrou, les rustres maritornes
Faisant commerce en l’atmosphère morne,
De la chair coupable, sous œillades amblyopes.


Je pose sur ton front, avant de m’affaler,
Une bise éthérée… il faut que je m’en aille !
En ton passif sommeil, les songes-nuits entaillent
Du calme de ton souffle, l’aura bariolée.



Armand Mando ESPARTERO© copyright 2019 

mardi 20 août 2019

SOROREM MEAM*


SOROREM MEAM*
Âme-sœur

A l’envers du chagrin, elle pose en douceur,
Ses larmes éventées, ses pleurs diluviens ;
Elle brise du solennel, l’étrange va-et-vient
Du ballet d’amours mortes piégées par l’âme-sœur.

Elle peine à remonter la pente effritée
A ses pieds…couvre d’un linceul, son cœur
Mutilé de silènes engrossés de rancœur :
Tristes podestats, ignobles et redoutés.


Où dort cet homme ayant_ pour elle, piégé
En de lourdes trémies, les passions premières ?
Aurait-il_ pour s’en mieux convenir _ de la haussière,
Détaché la dragonne du profil outragé ?

Quête t-il subside ? Où sombre-t-il, céans ?
Sont-ce les feux du destin, La flamme du tourment,
Les braises d'hier ou tisonnent ses serments,
Les seuls responsables du houleux océan

Qui chavire des pleurs discordants, immatures ?
Elle sait qu’il reviendra... lui, croit qu’elle survivra
Aux roides hécatombes du dam… s’ensuivra,
Une vie consacrée, en sa villégiature,

Au Seigneur Tout-Puissant, L'Agneau Rédempteur…
Le temps déshumanise les êtres confessant
Du Ciel, Promesses sous Le Sang
Du Sauveur Éternel, L’Unique Roi Protecteur.


A l’endroit de son mal, commence le calvaire,
S’ébroue quelque fol éréthisme de jadis
En la chair de serves démunies, et que plisse
L'atroce bélinage aux étreintes larvaires.


Armand Mando ESPARTERO© copyright 2019