FERA
SONAT ROGISQUE ADUSTAS*
Sauvages fêlures
Tes hanches civilisent les trompeuses lunes
Galbant de ton ardeur, la fière cambrure ;
Tu dissous des mâtines l'empreintes de dorures
Pinçant du ciel d'avril, les spires opportunes.
De ta peau, à la mienne, somnolent les rumeurs
Dont s'agrémentent au soir, d'inlassables mues
Transies en ce décor où la nuit, se commuent,
Les suées transitoires de possibles humeurs.
Ta bouche, Elodie_ confine en ses replis,
La moiteur des silences s'y venant poser,
Quand l'aube écartèle en la moite rosée,
L'éventail de saisons pleinement accomplies.
Sur ton ventre nacré, s'étirent peu à peu,
Les lueurs synclinales modelées du désir ;
Ta chair traverse encor les parois du plaisir,
Où fondent les caprices de nos travers pompeux.
Ton appétant souffle module du geignement,
L'inextinguible ardeur des faraudes dryades
Drapées d'immodestie… échouées sur la rade,
Lentement, agonisent en un lourd bramement.
Je chevauche au clair de tes besoins,
La flottante moulure de l'épais jaseran ;
Tu sembles la sertir, et sans sortir du rang,
De turgides limailles
dont seule, tu prends soin.
Je crains de l'émulation, l'impossible conquête,
Moi, le garant de lois inhérentes au respect…
L'infidèle musique dont l'âme se repaît,
Ce trop long requiem qui en tes jeux, m'inquiète,
Bouleverse de mes mots, l'alerte inflexion…
Chue du marbre gelé de tes hyalines formes,
Me suis retrouvé nu au pied du bel orme
Obombrant de mes yeux, l'humide affliction.
Armand Mando
ESPARTERO© copyright 2019


