LOQUENTES
INEPTIAS TUA VICTA IACET ?
Déraisonnez vos soifs !
Que de piètres excuses, gente dame de mai,
Que de mots inutiles livrés à mon palier !
Vous faites_ ce me semble_ et sans vous délier,
Allégeance aux amants, sans en souffrir jamais.
Vos rêves trop tôt éclos fanent en de rudes ides ;
L’hiver a de vos joies, gelé l’émotion… il traîne
En vos absences, un vieux remords qu’égrène
La triste remembrance de vos doutes rigides.
Ma peau ne fut pour vous qu’une terre pentue,
Un sombre boulevard où les suées caressent
De la chair insoumise balayée de détresse,
Cicatricules en quête de possibles vertus.
Quand serpentaient vos doigts, s’étiraient vos phalanges,
Le cuir de mon corps, sa revêche doublure
S’ajustaient au galbe de la plastique, dont l’enflure
Modelait d’inadéquats transferts, le losange.
A tarir de vos sources, l’aqueuse décoction, ai sevré
Mon ego plein de fatuité... bercé d’outrecuidance,
L’orgueil compulsa de cette irrévérence,
Le prétentieux gestalt et l'inféconde ivraie
Que d’emphase, de bouffonnes pirouettes, d’hyperbole !
De la componction, vos
délires_ je le crains ! _
Ne sauront aliéner le vice, ni vider de l’écrin,
L’éphémère diadème de vos affres plus folles.
Élégant et naïf, rétif et volubile, votre art
Interpénètre les plus chastes pensées, en délie
Du factum, les riches entremises huées de l’hallali ;
Que n’aurais-je pour plaire, percé de part en part
Et mes peurs, et ma vie, enquillées au pylône
De l'autosuffisance, quoique brinquebalante
Au souffle de ces vents illusoires qu’enfantent
Les solstices emmurés au revers de mon clone !
Vous ferai-je confesse avant les soirs d’orage,
Aveu, devant l'âtre où se consument encor
D’ultimes escarbilles profanant le décor
D’un vieillissant
tableau, d’un sénescent voilage ?
Je resterai pour vaincre du chimérique doute,
L’inexacte portée ; marcherai à pas lents
Sur la trace des sages... en flambard insolent,
Encloîtrerai les fièvres de l’austère déroute.
Armand Mando
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