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mardi 24 septembre 2019

MURUR AQUARUM*


MURUR  AQUARUM*
Les murs d’eau

Jaillissant des fontaines en flots majestueux,
Emplissent des bassins, la circularité
Domptent des lumières, les flous harmonieux,
Ils se dressent altiers, au ventre des cités,

S’éveillent de l’asphalte aux effluentes suies
Encrassant la bordure de poussiéreux trottoirs
Longés de résidents, se faufilent la nuit,
Entre les maréchaux taillés en accotoirs.


 Telles des barricades abritant la rotonde
Dénuée de coupole, les murs d’eau redessinent
Des villes endormies, les royales  osmondes,
Reverdissent l’espace privée de pycnocline.

Arabesques fluidifiant l’atmosphère viciée,
On les voit tournoyer avant que s’ouvrir
En bouquet aquatique, sans en émacier
La longue buse cuivrée, puis, percent pour l’adoucir,

Le beau jeu interlame posé élégamment, somptueux
Réceptacle antébois, il soutient avec grâce,
La cascade, en  atténue des relents halitueux,
L’inconfortable souffle des volutes de crasses.

A la nuit tombée, aux effluves lointains, parfois
Liés au remugle, ces gaz de mofettes
Dont le carbone agresse dans le froid,
La généreuse flore des jardins en fête,

Les murs d’eau, dans le silence creux des bourgs,
S’affaissent sur la Grand-Place…
Chuintent des souterrains, et gargouillent à rebours,
De cuprifères suées transissant sous la glace.




Armand Mando ESPARTERO© copyright 2019