MALEDICTUS
VIR QUI ANNUTIAVIT EXCLUSIVE!*
Maudit soit l'exclusif !
Il y avait des plaines, d'incultes guérets
Où poussaient la misère et le deuil ;
J'ai vu à l'ombre du pampre, les marais
Se noyer dans la vase… plus loin, du seuil
Du vieux mas, la faune infestée de vermine,
Écorchée, entrailles rongées de puante sanie ;
Misère et carence rythmaient du quotidien,
La folle affliction de nos désirs en ruine.
Les premières congères roidissaient du matin,
La limpide rosée ; elles crispaient de l'aube,
L'adamantine veille, en ridaient le duveteux satin
Enroulé aux saisons que les frimas enrobent.
Le vallon, aux noires nuits d'automne, serpentait
Hors la sente ébréchée où, peu à peu, s'effacent
Les sillons modulés d'elfes prétendus enchantés
Et qu'évincent les vents faisant montre d'audace.
Le ruclon qui jouxtait la piteuse demeure
Faisait naître des fétides accords, le pestilentiel,
La fétide mesure des mânes… là, se meurent
En la fange, les psychés du circonstanciel.
La mort de son nid froid, bavait avec constance
Sur la peau hivernale des molles pochades ;
L'aquarelle figée du souffle hiémal, en l'intense,
Appauvrissait de nos larmes butées, malades,
L'inconfortable influx… nos yeux en sertissaient
L'éphémère diadème, le transitoire nimbe
Posé au faîte de réprobation… y glissaient,
De dédaigneuses huées fusant de limbes
Soutenus d'ordalies accotant de la foi
En des rites moins gras, le pinacle de vie…
Dieu, comme il me tardait à l'orée de ces froids,
D'ajuster mon esprit aux marches du parvis
Emprunté du croyant de L'Éternelle Gloire ;
Je berçais d'évidences, et mon cœur, et mon âme
Désoclés du porphyre de ces sépulcres noirs
Dont Satan alimente la conscience dictame.
Si mes pas ont fondu, il me reste pourtant
De superbes rémiges, quand bien même,
En l'apesanteur, la scapula, du radius retend
De mes ailettes, l'ossature trop blême.
Écorchée, à bas de cylindre, l'empreinte consanguine
De Mando, l'irascible, accentue du marasme profond,
L'odieuse apathie dont s'affuble la larvaire béguine
D'un sinistre couvent où elle se morfond.
Zéphyr, harmattan, se sont tus… les arbres s'isolent
Des jardins empuantis… les fleurs du silence,
Au renouveau s'écaillent, puis naissent des corolles
Embaumant la prairie aux carnations denses.
Il se peut de ma plume, en des soifs monacales,
Voir de vexants brandons prestement s'animer,
Je ne puis en tenailler l'exaltation fatale ;
Du passé-sépia, mon présent s'est grimé
Pour de mes mots abstraits, dignement s'arrimer.
Armand Mando ESPARTERO© copyright 2019




