PEREGRINO COGITATIONES*
Pérégrines pensées
Du sommet des collines, aux plaines dégarnies,
Chantent nos plus belles années….
Les bouquets gardent encor, malgré les fleurs fanées,
Un incroyable musc… En suis-je donc prémuni ?
La chaleur de ta peau alimente mon feu,
Lorsque la profondeur émane de tes rires
Me pousse à avouer, à défaut d’en rire,
Les miscibles faiblesses aliénées à ce jeu
Fardant l'âme humiliée… sincère ? Oui,
Je peux l’être ! Aussi, ai-je pris le temps d’arracher
De mes peurs, pour les en retoucher,
Les noduleux stolons de l’absence enfouie
Aux temps morts perturbés de blandices,
D’impartiales soufflées dont l’arrogant zéphyr
Semble réanimer de la face porphyre,
L'évidente pâleur, sans autres artifices ;
Elle pigmente l'ovale du mafflu inviolé,
Caresse, quand s’enflamment mes doigts,
Le contour, qu’en peintre maladroit,
Mon étoupe macule d’un lavis violet.
Apprends-moi le silence poétisant l’angoisse
De l'amant repu quand point matin !
Quand s'éveille vaincu ton duveteux satin ;
J'en sculpte du pubis que le désir défroisse,
L’épais tertre gonflé de désirs insultants
Dont j’arpente l’allée ! Tant pis si je m’y perds !
Pourrais-je en ces folies égarer mes repères,
M'épuiser de geignements latents ?
Cette quérimonie tacle en moi la morale,
Usurpe des principes, la roide mécanique ;
Affolé, sans espoir, au bord de la panique,
J’effeuille des remembrances, le râle
Excédant la sépia d’anamnèse _ qui l’eût cru ?
Je ride le portrait agrémenté d’eau forte ;
Puis en aquafortiste... loin de toi, j'emporte
L'enjôleuse esquisse au mordançage écru.
Armand Mando ESPARTERO© copyright 2019


