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lundi 2 septembre 2019

ALTERA VITA MEDITATI SUNT !*


ALTERA VITA MEDITATI SUNT !*
Imagine l’autre vie !

Imagine une terre où les hommes s’étreignent,
S’apprécient, se parlent en frères, sans mentir,
Ni craindre des tempêtes nous voulant abrutir,
L’irascible colère, quand les mondes s’éteignent !

Imagine un jardin au beau matin d’avril, enclos
Sans chardons, ni épines accrochées aux tiges,
Sans obstacle à franchir ; verrions les rémiges
Du bel oiseau de feu, en nos yeux mi-clos,

Percer du lourd silence, l’ouateuse aphasie…
Les femmes porteraient en leur matrice pleine,
La jouissance du temps qui couronne les reines,
L’élégance des mères boudant l’apostasie ;

Servantes du Seigneur, s’offriraient avec grâce,
Regard humilié, mains tendues vers Le Ciel ;
Naîtrait de leur amour pour Dieu, L’Eternel,
Un nouvel univers où le péché trépasse !


Imagine un enfant main posée sur douzil,
Lèvres humides, bouche éclose_ boire au filet
De la belle fontaine, quelques perles effilées
De diaphanes chutes chatouillées  du grésil !

En l’aube adamantine, fleuriraient des musiques,
Symphoniques arpèges… le mistral ébaubi
Cinglerait du mafflu, si l’aurore l’estourbit,
Le visage du gosse aux rêves féeriques.

Imagine mon île au pied de la Pelée, fondre
Sous la canopée ; on y verrait courir le ruisseau
Sous la volve ; s’y croiseraient, gerbilles et souriceaux
Subrepticement, sans plus jamais confondre

De la verte savane, l’arrogant hallier et le vert fourré ! …

Imagine  à ton cou, ma bouche mollement posée,
Ma lèvre assoiffée de ta peau satinée… tes rires
Parfumés d’indulgence !  Là, sans coup férir,
Sèvrerais d’audaces, les premières rosées,

La pleine hardiesse, sans porter estocade
A nos déconvenues… libres de se suffire, de s’aimer,
S’offrir, et sans se parjurer, ni se trop abîmer
En de fielleux souhaits, diffuses algarades.



Franchirions heureux, le naos de l’église…
Le fruit mûr de l'aveu, gorgé de capiteux,
Serait par nous cueilli, loin de ces maupiteux
Dont la gorge alimente clabaudes… ils ironisent

Au soir où se prélassent les revêches gaupes
Alourdies de froufrou, les rustres maritornes
Faisant commerce en l’atmosphère morne,
De la chair coupable, sous œillades amblyopes.


Je pose sur ton front, avant de m’affaler,
Une bise éthérée… il faut que je m’en aille !
En ton passif sommeil, les songes-nuits entaillent
Du calme de ton souffle, l’aura bariolée.



Armand Mando ESPARTERO© copyright 2019