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dimanche 21 mai 2023

EPUREZ MA RAMEE

EPUREZ MA RAMEE

 

Refleurissez ma mémoire rebelle, vous,

Dont les semences engrossent les jardins,

Avant d’en éclater, aux traînes du citadin,

Les précieuses bulbilles, dont, ici, s’avouent

Les souples mailletons, l’éveil diamantin,

Provignant des marcottes, autre rendez-vous !

 

Agrémentez ma berme de blanchâtres cailloux ;

Empierrez mon parcours de crayeux jalets !

Les traces s’approprient de ma marche talée,

Les boueuses striures jouxtées du vieux bayou.

 

Pirouettes en volutes modulent encor

De ce ton, les subtils accords, en articulent

De l'ardente phonie_ sous la filipendule,

Malincolico moderato, mélancoliques accords.

 

Je piste avant que de me perdre, l’empreinte

De ceux qui irradient de ma musardise,

Le désœuvrement… puis-je de vos mignardises,

Gentes dames, briguer suaves étreintes ?

 

Emu de tant de bohèmes, j’essaie parfois_

Sans douter _ d’alléger de la badauderie,

Autant qu’il m’est possible, cette niaiserie

Affectant de mon style, translucide effroi…

 

J’ai des peurs crayonnées d’inertie: frayeurs

Du presque raisonnable… aussi, je l’avoue !

Pour ne me point soumettre ; me dévoue,

Aux lueurs sidérales d’un possible ailleurs

M’attirant en-deçà des joutes du railleur

Perforé d'inepties; l’âme s'en désavoue,

 

Ivre de sa superbe .... altière, s'en entoile

Chaque velléité… las, assagi, sans grimaces,

Aguerri, bien plus fort... dois-je dire: efficace !

Je chatonne la nue d'un diadème d’étoiles

Au faîte de la voûte prémunie d'un long voile :

Astre bleu desserti de son nimbe de grâce.

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2023

 

AUDACIEUX GRAPHEME



AUDACIEUX GRAPHEME


Sire… je quitte mes fonctions, la charge

Devenue insupportable_ m’oblige céans,

A me retirer… je prendrai l’océan,

Pour un lointain voyage… en marge

 

Des nobles aseptisés, ces manants captieux

Dont les suivantes accordent agréments,

Au soir où le manant s’enjugue de tourments ;

Traîne au caniveau où pissent les factieux.

 

Des frasques royales_ croyez-le, ô roi ! _

Je ne couche apostille… m’en sais garder !

Lassé des commérages de la cour fardée…

Vrai ! m’en suis ému_ en avais-je le droit ?

 

Ai tant versé larmes à ces débauches :

Bacchanales que Le Ciel condamne,

Dionysies aux rituels insanes,

Danses de sodomites en casaque floche.

 

Sans jamais piéger d’ordonnances,

La vertu, ma plume ne peut ici,

En ces transes, encor nier l’argutie 

Qui l'honore… sans y faire allégeance ;

 

Car de la rhétorique, aux fugaces redites,

Se délient, en l’état, les flatteries notoires :

Cette puante moulure… se doit-on de l’histoire,

Assujettir sans autre, s’accoupler aux faillites,

 

Aux chutes s’aliéner… n’exister, ou si peu,

En de froides contraintes ?... Rien de mal !

Je le concède enfin ; car l'instinct animal

De courtisanerie, ces excès pompeux

 

Ne peuvent _ Dieu merci ! _ décélérer

De l'imperturbabilité, le vaillant stoïcisme…

J'honore encor de ce bel atavisme

Dont vous êtes héritier, et sans l’édulcorer,

 

La génésie… en marquis pantouflard,

Monthieux, au baldaquin superbement brodé,

Couche la reine émue ; lors, s’en viennent rôder

La bacchante, l’incube, aux dires égrillards.

 

D'adultérines formes louvoient la nuit,

En vos couloirs, sous les grises enceintes,

Quand, à son ventre chaud, s’éreintent

De l'amante, les gargouilles du puits.

 

Y fondent, aux fêlures de louves groggys,

D’infimes drageons, de folles hardiesses ;

O mon roi, marri de ces bassesses,

Que n’auriez-vous en vaillant targui,

 

Combattu des frasques libertines,

Vous combattre vous-même, monarque

En ce fief décrispé, vous sire, dont l’arc

S'aiguise au nu de flèches assassines !

 

Adieu ! je fais promesse de prier au matin,

De supplier au soir, Le Seigneur et Maître,

De garder votre âme, sans me jamais démettre

De la foi, cet unique trésor fait à vos palatins.

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2023

samedi 20 mai 2023

LA PEAU D’UN AUTRE

 

Lasse, dans la peau de l’autre, se fanent

Tous les ans éborgnés... l’audace les rebute ;

Ivre, tu nages seule, de remous, en culbutes,

Enfiévrée au soir, de vegliones insanes.

 

Tu cognes du regard, son verbe discourtois ;

Servile en ces bassesses, te voilà assouvie,

Assujettie au mâle dont dépend ta survie,

Avant que de te perdre en ses biais matois.

 

Tiendra-t-il toujours l’allure d'altiers lords

Empanachés d’estime, tel l’hospodar

A l’altière chèche ; du diadoque, au dard

Aiguisé ? Te couvre-t-il, encor, d’or ?

 

Tes rêveries font un bruit de breloque ;

Tu n’as des marquises, pauvre chose,

Point la grâce, et encor moins des roses,

La fragrance… tes besoins sont en toc !

 

Les monarques railleraient tes principes_

Tant est que tu en aies… regarde-toi, candide !

Sauras-tu, de l’amour enjugué de brides,

Ensiler, par pudeur, en ce cœur émérite,

 

Le bonheur si rétif ? Peux-tu, sans craintes

Aucunes, suppléer aux fantasmes cruels

De la gent corruptrice : ces ‘’Pantagruel’’,

Accoiser l’insatiabilité… et sans plaintes ?

 

Dans la peau du piètre damoiseau, ta chair

Fera quémande d’actes moins fallacieux ;

Penses-tu, céans, à genoux, implorer Les Cieux,

Quand le vice, et sans mal,  posera sa torchère ?

 

Ai, des nuits glacées, piégé d'interdits,

Fait taire l’antilogie... en d’ascétiques

Rites, dont démons et muses poétiques,

Ebrèchent encor les ligaments roidis.

 

Que ne puis-je, des profanations, délier

Les pleurs d’intarissables flux, leur débit !

A te voir bouder du raisonnable, ébaubie,

L’attention primale, ce rustre bouclier,

 

M’attriste, ô combien ! piètres funérailles

Semblables aux dérives… le corps momifié

Accuse, en ces offices, sans l’en opacifier,

L’impudique mensonge perforé de mitraille.

 

Ne te laisse rompre aux tempêtes perlées ;

Ici, s’enroue la nue enclavée des grands vents,

En des remords grimés de pâles survivants...

Ils accrochent en camé, l’avers bariolé 

 

De chétives casaques: inopportun linceul

Floué d’ombres prétendues vénielles :

Componction de l'âme passionnelle

Dressée au parvis d'un esprit bien seul.


Armand Mando ESPARTERO© copyright 2023