Il y avait des fruits ; je les voulais
cueillir ;
J’aurais pu décimer l'arbre de janvier…
Nul obstacle ne peut être ici-bas, obvié,
Ni placé en amont d’ombres à assaillir !
Il y a des jardins, de généreux courtils ;
Les vents en caressent le frêle mantelet
Aux belles livrées épiées du roitelet :
Duveteux drapés aux rhizomes fertiles.
Il y a des lacs posés entre les berges
S’y amoitissent d’éphémères bises ;
La bernache parfois, pour lâcher prise,
Pose grâce repue de trop d’alberges.
J’ai vu aux nuits de l’automne venteux,
Plier le fin roseau entre les folles ronces,
Le sombre fourré ; la broussaille le ponce,
Avant d’en élaguer l’herbage duveteux.
L'insecte surpris du halo du Phoebus
Vole la nuit au-dessus des cuves
Mitraillées de bruines supplantées en l’étuve
De nos terres ridées de cumulo-nimbus.
S'il y est des filles en devenir de femmes,
Créatures dont le sein prometteur
Souffle à la lippe étarquée en tuteur,
Rutilante douceur agrémentée de flammes,
L'amour fera escale loin des mots menteurs.
Que n’aurais-je donné pour lier la soif
Entenaillant les nuits du marin égaré
Sur la lame frisée qu'écalent les marées
Chahutées de poudrin, et que zéphyr encoiffe !
Il y a tant d’espace en mon rêve clos,
De continuum en ce fonds homogène ;
S’éclatent peu à peu les pointes conigènes
Griffant de ma vacance les espoirs forclos.
Armand Mando ESPARTERO© copyright 2022