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lundi 20 juillet 2020

FAKE CARCEREM*


FAKE CARCEREM*
Factices entraves

Elle souffle du temps les rogatons,
Noires escarbilles, abstruses chimères ;
Leurs cendres bâchent de l’éphémère,
Factice fixité talée du ripaton…

Courbe du jour décentré de sa peine,
Ronflantes minutes de frustration…
Lui serait-il possible des désaffections,
D'enclore le bât maillonné à sa chaîne ?

Des terres pentues, ces obliques fiefs,
La gent anonyme chemine patiemment ;
S’ouvrent en l’aube claire, calmement,
Des palmeraies liserées de greffes,

D’oasis fusant d’outre-lieu, écachées
De la dague lui perforant entrailles,
Irascible apex dont le poinçon entaille
Et l’âme, et le cœur pleinement entachés.


Elle sait les fièvres de la déshérence,
De l’intestat immolé au plantoir
Des lazzis, quand de l’attentatoire,
La morale conspue l’intolérance.

Pour se faire de feintes moqueuses,
D'incisives brettes, latitudinaire,
Elle vêt du mal, l’aura imaginaire
Scindée de sa substance aqueuse.  

Rompu en ces traverses, le carcan
De l'ilotisme défait d’obédience,
Soumission... accuse de l’alliance,
L'impossible joug de résilience,
Domptant de l’idoine, l'escient coruscant.



Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020

dimanche 19 juillet 2020

IN PARVA GRADUS*


IN PARVA GRADUS*
A petits pas

A petits pas de mort, de souffrances ;
A petits pas de peur, d’angoisse,
Franchit de la honte qui poisse,
Les fragiles degrés de la désespérance.

D'ultimes secondes de son devenir
Traduisent de son mal, prémonitoirement,
D’autres déconvenues… accessoirement,
S’insurgent les colères la voulant retenir.

A petits pas de honte, de flétrissures blêmes,
L’ivresse des beaux jours dont jadis, elle fit
Troche de témoignage, d’impossibles défis,
S’évente au noir de fielleux anathèmes...


A petits pas de luttes, pancrace, heurts,
Du cortège de nuit, emprunte coursive,
Outrée de l'aménité enjôlant la plaintive
Enserrant seule la happe du malheur.

Minuit est à la porte de son insuccès…
Elle meurt, vaincue du temps moqueur !
Au tombeau de l’absence, piégée de rancœur,
Boira de tout son soûl l’âpreté du décès…




Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020

vendredi 17 juillet 2020

CRESCERE ALAS*


CRESCERE ALAS*
Pousser des ailes



Se voir pousser des ailes,
S’inventer de précieuses écailles…
Pour se mieux faire la belle
Quand le mal nous entaille.

Imaginer, au seuil du renouveau,
L’humain, l’animal, troquant, le jour,
Costume, peau, pour devenir rivaux,
Égaux, sous d'imposants  ajours.

Marcher à reculons dans un lieu désert,
Enfourcher des montures sans vie,
Carnes dont on ne sait que faire,
Haridelles, juments inassouvies.


A glisser des nuances floutées, dévions
D'allées où poussent en harmonie,
La rosée de l’avril, loin de l’alluvion
Obturant des canaux, le courant démuni.

En ces chemins déviés de l'espace,
Point d'âme à l’horizon… sur le macadam,
Traînent des chiennes trop grasses
Au bout de laisses tenues de tristes dames.


Entre la terre et l’eau, à flanc de montagne,
Se contorsionnent les joies émaciées
Du peuple ; il bat seul la campagne,
Comme le faisaient, d'anciens suppliciés

Se voir pousser des ailes,
S’inventer des écailles…
Pour se faire la belle
Quand le mal nous entaille,

Voilà du temps passé, la vision profane,
L’espoir en demain, l’hallucination !
Du rêve lié à mon sommeil en panne,
Ne reste que débris d’imagination..






Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020

mercredi 15 juillet 2020

ALLO!...


ALLO!...

Allo!... Allo!... Entendez-vous ma voix ?
J'aimerais m'asseoir au bord de vos yeux,
Aspirer de vos larmes, du clair au bleu,
Les peines que lentement renvoient

Les sanglots agrémentés d'ivresses…
Êtes-vous encor là ? Non! Ne répondez-pas!
Laissez-moi respirer le souffle qui, de mes pas,
Ralentit à escient, la marche enchanteresse!

Ai-je de vos besoins, boudé le raisonnable ?
Suis-je à même de prétendre rallumer du feu,
D'incandescentes braises ? En suis-je, je le veux! _
Capable ? Allo! De vos sanglots palpables

Me veux inonder, sans de l'émoi,
Nier l'acceptable… il me faut en tarir
Le flux fréquentatif_ cela, sans faillir ;
Qu'il m'en soit donné en ce cœur qui larmoie,


L'audace d'apaiser des fièvres, le sang!
Ne raccrochez pas! J'ai tant à dire, vous dire ;
A narrer à la solitude ! Pour ne plus maudire
L'étrange paralipse, l'idiome oppressant.

Laissez-vous convaincre de mes motifs !
En serais-je plus sage, plus amène ?
Sans farder de mes joies, l'aubaine,
J'accuse de l'attente butée, le fluide incisif.





Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020

mardi 14 juillet 2020

NON AEDIFICANDI*


NON AEDIFICANDI*
Inconstructible


Ne construirai sur mes rêves bizarres,
D’autres chimères ; prendrai le temps
De jouir du reg onirique, au hasard
D’images dévoilées agrémentant

Frustrations et plaintives humeurs
Indomptées des peines ; mon angoisse
Ne foulera jamais l’imposante demeure
Des craintes qui nous poissent.

Ne pousse sur les artères roides
Des déconvenues, les idées inhérentes
Au scientisme, ni, des religions froides,
Le mensonge bercé de l'ignorante...


J'érige pinacle sur les jachères,
Ces terrains boueux ; le monde s’est figé
En l’insolence muette de la chair,
Dont l’esprit gave de mots affligés,

L’illettré confiné en ses raisonnements,
Amputant du savoir, l’érudition…
Navrant, cet éblouissement
Aveuglant le benêt sevré d’instruction.


Se peut-il en ces fuites, que l'homme
Veuille idéaliser, des moindres repères
De l’idoine, l’étrange métronome,
S'il balance, sans qu’il ait à s’en faire ?





Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020

lundi 13 juillet 2020

CURRICULIS VAGABUNDUS*

CURRICULIS VAGABUNDUS*
Vagabond

En de denses contrées, âme nue,
Le voilà cheminant quelquefois
Où la chaleur écale du beffroi,
Le campanile fermement retenu.

Il voyage entre les plis froissés de saisons
Sans mirages, de cycles galvaudés…
Ses rêves de géant souvent érodés,
Donnent à sa soif possible inclinaison.

Il ignore son âge, la couleur de son sang ;
De pesants soliloques entaillent son sourire,
Ébrèchent de ses joies_cela, sans férir,
La douceur et l’espoir du matin renaissant.

La misère donne ton à sa mélancolie,
Sublimant du spleen, la maussaderie ;
Quand il se croit poète, de la musarderie,
Percent des impostures proches de la folie
Dont l'étrange refuse d'accorder répit 
Dont l’aura ankylose la fatale pépie…
Pauvre hère claustré en sa badauderie !


Je partage ses fièvres, ses ires ;
Suis en ses secrets, orateur quiet, 
Accordant, à l’ombre du putiet,
Possible retenue… dois-je du flou médire

De la gent arrogante, butée, l’orgueil ?
Suis-je de la clabauderie, emphatique
Silène, rhéteur par trop chimérique
Aux portes de l’infamie ? Ferai-je deuil

De ces humeurs labiles… comme lui,
Ce vagabond outré du cérémonial
Dont se drape la mufle moniale,
Grimé de rites… de cautèle… enduits ?

Si nous frôlons de l’aile, sans peine,
Les prémices de la béatitude, l’amour
Pour nous convaincre… il convainc toujours_
A démaillé du cœur les irascibles chaînes.




Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020

dimanche 12 juillet 2020

IN TEMPORE*


IN TEMPORE*
Au rythme des saisons



Il est des jours de pluie, matins givrés ;
L’hiver empanache de son manteau,
Les plaines au pied des coteaux,
Les sentes aux marcottes cuivrées.

Il est des nuits d'orage ; soufflent les vents
Grimés de suie ; la lune s'y vient poser,
Auréolant des monts, en la belle rosée,
Des perles éclosent en se mouvant

Au sépale ; la foliole y délinéait hier,
Au printemps, le pistil lié à l'ovule
Où l’abeille perçait du pédoncule,
Le réceptacle dont les sucs amers

Enfiellaient le pollen à dissoudre
D’exhalaison, d’émotives caresses
De l'étrange ballast, sa rudesse
Dont les flots percent pour les émoudre,


Les crachins de lointaines contrées,
Sulfureuses broues d'atolls sénescents…
D’autres fragrances, en l'air phosphorescent,
Enivraient un peu plus, de l'adret,

La collerette, ce majestueux nimbe,
Diadème qu'enrouent les blizzards
Sous étuve… caloricité de bizarres
Plombées chues au soir, des limbes

Endeuillés : solstices de miroitement ;
L'automne-émissaire accuse résistance,
Embrumé de contraintes, complaisance
De mortes nues, mucus de larmoiement.



Aux saisons, s'éteignent du froid,
Les vapeurs de décembre algide…
S’étire l’avenue en des points apsides :
Écorce violentée du cosmos en décroît…

De la baie écaillée, sans paumelles,
Je bois du clair matin, l'infusion
De vivaldiennes rondes grimées d'illusions,
Le regard ébaubi, radiant mes prunelles.  






Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020