BOHEMICUM
INTUITIVE*
Intuitive bohème
Alice, ma bohème, laissez-moi emprunter
De vos yeux de jade, tout le bleu-océan !
Laissez-moi pénétrer de vos rires saillants,
Les furtives mimiques, sans les jamais dompter !
Ai, en des nuits de cendre, de sommeils buvards
Aspiré des pauses, le profond marasme ;
En d'ostensibles doutes, la rythmique du spasme
Éveille des bercées, les breloques d'invars.
Alice, ma princesse, mon tendre parangon,
Venez donc de ma lie, vous griser sans remords,
Laper en mon écuelle, quand le désir nous mord,
Reste de confidences exfiltrées du jargon
De capricieux trouvères au bord de la déroute !
Il y a, douce arpette, au sommet de mon art,
Une lyre dont je perce au soir, et au hasard
De luttes, les émotives cordes… dissoutes,
Mes angoisses se meurent en des symphonies
Proches du requiem de vils séducteurs,
Ces silènes bouffis dont le verbe trompeur
Annihile du désir, le retenir de la monomanie,
Pulsatiles trilles de notes en l'agrément
D'une flûte conquise: traversière soumise
Aux doigts agiles du fifre, en l'entremise
D'un suave libretto en l'antre du serment.
Voyez-fleurir les terres embaumées
De conciliabules, à l'ouïe du printemps !
Ecoutez-battre du cœur trop hésitant,
Les regrets de n'avoir su jadis, désarmer !
De mes pas pérégrins, ma preste démesure,
Ai des cols à franchir, des cimes à forcer,
Sublimé en l'espace, le charisme qu'assurent
Les monarques triomphant de la pythie, Circé,
Allégorique nymphe, corruptrice bougresse
D'homérique royaume au fantasme-blutoir
D'où suintent les pleurs du vieil égouttoir
D'helléniques grimoires consultés de drôlesses.
Ma bien aimée, belle cavalière, amazone
Sur le fier destrier que nourrit de son sein,
Mon amour en escale au tertre du bassin
Où se noient désormais mes métrages atones,
Revenez ! Livrez, au seuil de ma thébaïde,
La prestance éthérée, l'évanescent amble
De cette haquenée, heureuse_ ce me semble_
De longer le halage de mon cloître vide !
Armand Mando
ESPARTERO© copyright 2020

















