ORE
AQUAM*
L'eau à la bouche
Tu fermes des nuits, l'onirique portail
Où bâillent en l'écho de l'alanguissement,
De fastueux songes pénétrés de tourments,
De compressibles rêves posés en éventails.
Je salive d'envie devant ton galbe chaud
Arc-bouté de plaintives tortures…
Vois s'y profiler, épuisés de murmures,
De sulfureux spasmes boutés de ce cachot
Entenaillant ta cambrure offensée… goûteuses,
Les blessures de tes fautives hanches !…
Leur béance agrémente les suées d'avalanche
Perlées sans retenue de ta houle fiévreuse.
De ma pépie, l'inutile visée… rutilent de ton sein,
Les filets d'égoutture, et à ton lourd bassin ;
J'y flotte et malgré moi, ivre de tout mon soûl.
Mes possessives mains écalent du noyau,
Le captieux nanan de ta rose effilure…
L'eau à la bouche, j'encerne la voilure
De ta moite fourrure, plisse du clair joyau,
Les minuscules nymphes transies d'émulation ;
Éclosent les renoncules de ton jardin secret,
Rétentif clitoria
ternatea suavement encré
Au mât de l'ithyphalle,
sans prétention.
En la pulvérulence de tes flots discourtois,
Cadencent d'oblongues formes rappelant
Les putains d'Irlande qui avancent à pas lents
Sur les trottoirs boueux, les bastions étroits.
Je les regardais vivre au soir sans perspective,
Aux lunes trop fardées pour aiguiser panache,
Quand le noceur déçu cosmétique la flache
Où s'ébroue la vermine en sa pleine dérive.
En l'embrasure de tes cuisses meurtries,
Je guette en de malsains soupirs, l'estuaire
D'un possible atoll, d'un subéreux suaire
Posé sur le remords du pénitent contrit…
Dois-je céans, faire aveu de mes folles foucades,
Concéder aux regrets, confiteor d'ascèse,
Instables tartuferies propres à la catéchèse ?
Que nenni ! Je fais fi_ croyez-le, des toquades!!!
Armand Mando ESPARTERO© copyright 2019






















