pinterest

dimanche 15 septembre 2019

FERA SONAT ROGISQUE ADUSTAS*


FERA SONAT ROGISQUE ADUSTAS*
Sauvages fêlures

Tes hanches civilisent les trompeuses lunes
Galbant de ton ardeur, la fière cambrure ;
Tu dissous des mâtines l'empreintes de dorures
Pinçant du ciel d'avril, les spires opportunes.

De ta peau, à la mienne, somnolent les rumeurs
Dont s'agrémentent au soir, d'inlassables mues
Transies en ce décor où la nuit, se commuent,
Les suées transitoires de possibles humeurs.


Ta bouche, Elodie_ confine en ses replis,
La moiteur des silences s'y venant poser,
Quand l'aube écartèle en la moite rosée,
L'éventail de saisons pleinement accomplies.

Sur ton ventre nacré, s'étirent peu à peu,
Les lueurs synclinales modelées du désir ;
Ta chair traverse encor les parois du plaisir,
Où fondent les caprices de nos travers pompeux.

Ton appétant souffle module du geignement,
L'inextinguible ardeur des faraudes dryades
Drapées d'immodestie… échouées sur la rade,
Lentement, agonisent en un lourd bramement.


Je chevauche au clair de tes besoins,
La flottante moulure de l'épais jaseran ;
Tu sembles la sertir, et sans sortir du rang,
De turgides limailles dont seule, tu prends soin.

Je crains de l'émulation, l'impossible conquête,
Moi, le garant de lois inhérentes au respect…
L'infidèle musique dont l'âme se repaît,
Ce trop long requiem qui en tes jeux, m'inquiète,

Bouleverse de mes mots, l'alerte inflexion…
Chue du marbre gelé de tes hyalines formes,
Me suis retrouvé nu au pied du bel orme
Obombrant de mes yeux, l'humide affliction.



Armand Mando ESPARTERO© copyright 2019

lundi 2 septembre 2019

LOQUENTES INEPTIAS TUA VICTA IACET ?


LOQUENTES INEPTIAS TUA VICTA IACET ?
Déraisonnez vos soifs !

Que de piètres excuses, gente dame de mai,
Que de mots inutiles livrés à mon palier !
Vous faites_ ce me semble_ et sans vous délier,
Allégeance aux amants, sans en souffrir jamais.

Vos rêves trop tôt éclos fanent en de rudes ides ;
L’hiver a de vos joies, gelé l’émotion… il traîne
En vos absences, un vieux remords qu’égrène
La triste remembrance de vos doutes rigides.

Ma peau ne fut pour vous qu’une terre pentue,
Un sombre boulevard où les suées caressent
De la chair insoumise balayée de détresse,
Cicatricules en quête de possibles vertus.


Quand serpentaient vos doigts, s’étiraient vos phalanges,
Le cuir de mon corps, sa revêche doublure
S’ajustaient au galbe de la plastique, dont l’enflure
Modelait d’inadéquats transferts, le losange.

A tarir de vos sources, l’aqueuse décoction, ai sevré
Mon ego plein de fatuité... bercé d’outrecuidance,
L’orgueil compulsa de cette irrévérence,
Le prétentieux gestalt et l'inféconde ivraie


Que d’emphase, de bouffonnes pirouettes, d’hyperbole !  
De la componction, vos  délires_ je le crains ! _
Ne sauront aliéner le vice, ni vider de l’écrin,
L’éphémère diadème de vos affres plus folles.

Élégant et naïf, rétif et volubile, votre art
Interpénètre les plus chastes pensées, en délie
Du factum, les riches entremises huées de l’hallali ;
Que n’aurais-je pour plaire, percé de part en part

Et mes peurs, et ma vie, enquillées  au pylône
De l'autosuffisance, quoique brinquebalante
Au souffle de ces vents illusoires qu’enfantent
Les solstices emmurés au revers de mon clone !


Vous ferai-je confesse avant les soirs d’orage,
Aveu, devant l'âtre où se consument encor
D’ultimes escarbilles profanant le décor
D’un  vieillissant tableau, d’un sénescent voilage ?

Je resterai pour vaincre du chimérique doute,
L’inexacte portée ; marcherai à pas lents
Sur la trace des sages... en flambard insolent,
Encloîtrerai les fièvres de l’austère déroute.


Armand Mando ESPARTERO© copyright 2019 

ALTERA VITA MEDITATI SUNT !*


ALTERA VITA MEDITATI SUNT !*
Imagine l’autre vie !

Imagine une terre où les hommes s’étreignent,
S’apprécient, se parlent en frères, sans mentir,
Ni craindre des tempêtes nous voulant abrutir,
L’irascible colère, quand les mondes s’éteignent !

Imagine un jardin au beau matin d’avril, enclos
Sans chardons, ni épines accrochées aux tiges,
Sans obstacle à franchir ; verrions les rémiges
Du bel oiseau de feu, en nos yeux mi-clos,

Percer du lourd silence, l’ouateuse aphasie…
Les femmes porteraient en leur matrice pleine,
La jouissance du temps qui couronne les reines,
L’élégance des mères boudant l’apostasie ;

Servantes du Seigneur, s’offriraient avec grâce,
Regard humilié, mains tendues vers Le Ciel ;
Naîtrait de leur amour pour Dieu, L’Eternel,
Un nouvel univers où le péché trépasse !


Imagine un enfant main posée sur douzil,
Lèvres humides, bouche éclose_ boire au filet
De la belle fontaine, quelques perles effilées
De diaphanes chutes chatouillées  du grésil !

En l’aube adamantine, fleuriraient des musiques,
Symphoniques arpèges… le mistral ébaubi
Cinglerait du mafflu, si l’aurore l’estourbit,
Le visage du gosse aux rêves féeriques.

Imagine mon île au pied de la Pelée, fondre
Sous la canopée ; on y verrait courir le ruisseau
Sous la volve ; s’y croiseraient, gerbilles et souriceaux
Subrepticement, sans plus jamais confondre

De la verte savane, l’arrogant hallier et le vert fourré ! …

Imagine  à ton cou, ma bouche mollement posée,
Ma lèvre assoiffée de ta peau satinée… tes rires
Parfumés d’indulgence !  Là, sans coup férir,
Sèvrerais d’audaces, les premières rosées,

La pleine hardiesse, sans porter estocade
A nos déconvenues… libres de se suffire, de s’aimer,
S’offrir, et sans se parjurer, ni se trop abîmer
En de fielleux souhaits, diffuses algarades.



Franchirions heureux, le naos de l’église…
Le fruit mûr de l'aveu, gorgé de capiteux,
Serait par nous cueilli, loin de ces maupiteux
Dont la gorge alimente clabaudes… ils ironisent

Au soir où se prélassent les revêches gaupes
Alourdies de froufrou, les rustres maritornes
Faisant commerce en l’atmosphère morne,
De la chair coupable, sous œillades amblyopes.


Je pose sur ton front, avant de m’affaler,
Une bise éthérée… il faut que je m’en aille !
En ton passif sommeil, les songes-nuits entaillent
Du calme de ton souffle, l’aura bariolée.



Armand Mando ESPARTERO© copyright 2019 

mardi 20 août 2019

SOROREM MEAM*


SOROREM MEAM*
Âme-sœur

A l’envers du chagrin, elle pose en douceur,
Ses larmes éventées, ses pleurs diluviens ;
Elle brise du solennel, l’étrange va-et-vient
Du ballet d’amours mortes piégées par l’âme-sœur.

Elle peine à remonter la pente effritée
A ses pieds…couvre d’un linceul, son cœur
Mutilé de silènes engrossés de rancœur :
Tristes podestats, ignobles et redoutés.


Où dort cet homme ayant_ pour elle, piégé
En de lourdes trémies, les passions premières ?
Aurait-il_ pour s’en mieux convenir _ de la haussière,
Détaché la dragonne du profil outragé ?

Quête t-il subside ? Où sombre-t-il, céans ?
Sont-ce les feux du destin, La flamme du tourment,
Les braises d'hier ou tisonnent ses serments,
Les seuls responsables du houleux océan

Qui chavire des pleurs discordants, immatures ?
Elle sait qu’il reviendra... lui, croit qu’elle survivra
Aux roides hécatombes du dam… s’ensuivra,
Une vie consacrée, en sa villégiature,

Au Seigneur Tout-Puissant, L'Agneau Rédempteur…
Le temps déshumanise les êtres confessant
Du Ciel, Promesses sous Le Sang
Du Sauveur Éternel, L’Unique Roi Protecteur.


A l’endroit de son mal, commence le calvaire,
S’ébroue quelque fol éréthisme de jadis
En la chair de serves démunies, et que plisse
L'atroce bélinage aux étreintes larvaires.


Armand Mando ESPARTERO© copyright 2019

samedi 17 août 2019

NULLA HESTERNO


NULLA  HESTERNO
Les absents d’hier

Obséquieux et funestes, grimés de mécréance,
Avancent au parvis froid du mensonge buté ;
Là, s’écoulent les heures d’indigestes offenses
Souvent mal digérées...  ces lames affûtées

Lacèrent du bien-être, le confort illusoire,
Les promesses alourdies de fiel, de parjures,
Délimitent l’âme, l’esprit : inutiles accessoires
De breloques que mécanise l’injure.


L’automne s’est oublié en leur cœur violenté
De rêveries mesquines ; s’y dressent des murs
Aux vains décans de lunes éreintées,
Lustrées de lumières au biffin immature,

De silhouette floutée de désespoir ;
Le pastel d’un ciel trop éloigné,
Délie de sa substance, tous ces corps-dépotoir
Fermentés au cloaque d’un amour mal soigné.

Ils pavaient le passé d’une vie sans arcane,
Aux mystères essoufflés avant le jour nouveau :
Brouillardeuse existence de palabres insanes
Impulsées en nos joies au-dessus du biveau.

Nos aînés musardèrent en pérégrins bannis,
Pénétrèrent sans nous, d’altières forteresses
Profanées de reîtres semblant faire déni
De multiples défaites, d'innombrables détresses ;

L'inconvénient du malheur séculier,
Est un rite d’ascèse de prétentieux prélats
Enchaînés aux dogmes ecclésiaux, humiliés
Aux pieds de froides icônes ; harassés, las…


Regardez-les nager en l’eau glauque
En vils catéchumènes du catholicisme
Piégés de sectaires au repentir en toc
Victoriens offices d’ombrageux bellicisme

Du Valpute, de la Rome païenne :
Archevêques aux dispendieux drapés !
En sont pour leurs frais, ces véloces mécènes,
Monnayent la pensée pleinement égrappée.



Armand Mando ESPARTERO© copyright 2019

mercredi 14 août 2019

TERRIBILIS COMMUTATIONEM*


                                                                             


TERRIBILIS COMMUTATIONEM*

Exaltant échange
  
Narrez-moi de vos jours, l’exaltation !

De mes nuits solitaires, vous montrerai

La noirceur du tunnel où_ distraits,

Se prélassent les elfes de l’insoumission.


Voudriez-vous, en me prenant la main,

Voir, quand le soleil poudroie, l’onde

Des majestueuses îles, la lame furibonde

De l’atoll, les naïades au sourire carmin ?



J’eusse aimé m’attarder entre vos insomnies,

Regarder s’y débattre les facétieux lutins,

M’abreuver aux fontaines de vos rires mutins,

Ces suaves égouttures, et sans minauderie.


Il y a en mes peines, dans ma retenue,

D’infimes soubresauts gesticulant parfois ;

N’y prenez je vous prie, pas garde ! Le froid 

Des servitudes a roidi de mes déconvenues,


L’amertume sans que je m’y fasse ;

Il apaise du deuil, l’équivoque lourdeur…

Aussi, de vous à moi, pourrais-je en clabaudeur,

Stigmatiser du mal, le baume inefficace ?



Accordez-moi audience, sans poser réflexion

Quant aux miens besoins, que j’y voie

En vos yeux, la clarté qui magnifie la voie

Empruntée d’amants fardés d’illusions !


Venez en mes délires, réajuster l’acmé

Ondulant sur mes plaintives larmes, 

Braver les interdits et qui souvent désarment,

Naviguerons heureux, sans nous plus arrimer,


En l’abysse dressé comme par enchantement,

Au centre de la déréliction griffant

Des besoins, le derme appréciable, agrafant

Au faîte de l’errance, d’étranges larmoiements.
  



Armand Mando ESPARTERO© copyright 2019

mardi 13 août 2019

INGRESSUM*



INGRESSUM*
Sens interdit

Ne croyez pas, seulette_ aux amants de passage ;
Ne viendront jamais en vos nuits sans lune !
Ne vous laissez promette par temps d'orage,
Caresses et baisers,  ivresses opportunes !

Méfiez-vous fillette du loup des matins blêmes,
Ce prédateur rusé aux allures de dandy !
Peu de lui, peuvent prétendre ouïr un '' je t'aime'',
Quand éclate le souffle de ses muscles roidis.



Auriez-vous quelque appréhension
Quant aux hommes dont la gent sectaire
Fustige la morale, déjoue l'attention,
Pour, en vos cauchemars, faire taire

Les maux enflant de vos fantasmes clos,
L'impudique besoin de l'agréable hymen ?
Seriez-vous_ très chère _  en cet enclos,
À même d'en purger la cavité amène ?



Attention, sublime damoiselle ! L'épris est un luron
Dont l'orgueil dissocie, tel le manichéen,
Le bien du mal, la crainte, du juron,
La joie, du bonheur à venir en ses rites païens…

Subtilités ô combien appréciables !
Sachez-le cependant ! En des finauderies, le galant
Peut du dévergondage, retoucher l'aliénée,
Délier de son mal, le vice brinquebalant.


Il reste cependant, chère et tendre rosière,
Un mâle sans entraves, lucide stoïcien
Dont le verbe quintessencié opère
Avec talent… quand s'offre le vil béotien. 



Armand Mando ESPARTERO© copyright 2019