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samedi 16 septembre 2023

ENDEUILLE DE FEINTISE

ENDEUILLE DE FEINTISE

 

Tes yeux portent le deuil des apparences ;

S’effilochent tes rêves, s’étiolent tes envies ;

Et si, aux lunes pleines, ton audace dévie

Du socle du possible, l’égide d’assurance

 

Ne pourra (saura ?) retenir les flèches du malheur ;

Tu noieras (pauvre chose !) sans mot dire,

En l’alcool du désappointement, à t’en maudire,

L’optimisme, l’attente ; transmueras en leurre,

 

Ce dont la liberté, en la foi du croyant, se fait

Fort d’élever au rang de la sagesse… l’hiver,

A ta porte, posera jugement ; plus sévères,

Seront les dogmatiques arrêts… défaits

 

De tes chimères, démuni de tes songes,

Tes besoins voleront en éclats ; l’existence

Dédoublera de tes lancées, l’intense,

Pour te mieux asservir aux peines qui rongent.

 

En la résipiscence d’âmes morigénées, l’esprit

Enclavera au for de l’inconscient, la perplexité :

Funeste présent illusionné, et en sa fixité,

D'imposants fardeaux bedonnés de mépris.

 

Tu aimerais grandir, en un cycle suprême ;

En fier minnesinger, en sublime trouvère,

Tu chapitres l’imbu, sermonnes à découvert,

L’arrogant de dépraves ; raffermi, tu sèmes

 

A tous vents ; ignorant, de la dissipation,

Le notoire désordre… que te faut-il, ici,

Pour rompre da capo*, en ce satisfecit,

Le col des convenances ?… ceint de crispations,

 

Tu décimes parfois, aux heures souveraines,

Les fugaces minutes du morne prosaïsme,

Sans pour autant_ de l’étrange archaïsme _

Isoler du passé l’interminable traîne.

 

Puisses-tu, ex abrupto** pousser la porte

Des pondérations… s’y prélassent encor,

Et l’objectivité, et l’érudition… hors ce décor

Aux cognitives affres… que l’offense l’emporte !  


 *recommencer

** sans préambule

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2023

DETRAMEZ MES CONCEPTS

DETRAMEZ MES CONCEPTS

 

Derrière les volets, somnolent des baisers,

De doux conciliabules, de mutines moues ;

Qui oserait troubler, d’inutiles remous,

Le calme de la chair aux cerces irisées ?

 

Il fait matin, au creux du jour nouveau ;

L’oiseau, de sa pépie, éveille sous la rosée,

Le courtil allégé, où s’y viennent poser :

Bondrées et cochenilles déliées du biveau.

 

Fleurissent, en l’allée, les belles trémières ;

Hampes tressées, harmonisant, à l’aube,

L’égrappe germinale : majestueuse aube

De Malvacée, peu à peu, détissée de lanières.

 

Il fait si beau, céans, que l’automne perd pied,

Loin des berges meurtries… rentoilé, le tableau

De dame nature… se peut-il, du simbleau,

Que les boucles en lestassent le frêle trépied ?

 

Je vois fondre les vents ébarbés hors la nue,

Les rais opacifiés de vagabondes spires ;

En partance, les bernaches en aspirent

L’impalpable volute de stratus biscornus.

 

Au pied des marelles crayeuses, les filles livrent

A l’imaginaire, d’inexactes trouées… apaisent

Du trottoir crénelé, les bretesses ; puis empèsent

Du schème, les roides bosselures… en délivrent,

 

Malgré elles, l’infinitésimal : minuscule faune

Dont l’hexapode se prestement délie…

O suave quiddité ! comme en lampée de lie,

Tu animes la glotte ! vois ! je m’y abandonne…

 

Je dénoue de ces métamorphoses, carnèle ;

Rêvant du lointain horizon : panorama,

Charmante perspective…  Des soupirs en amas,

Je confisque le râle… dégauchant de la Nesles,

 

La friable palisse… en l’enceinte d’un fief muté,

Au ventre d’un empire assujetti, sans autre…

Transmuée de folâtres pensées : les nôtres,

Tel un hunier, se déploie ma fragile butée.

 

Je perçois, des lointaines virées, en l’agréable,

De gracieuses musiques, de riches eurythmies…

Le temps m’a fait esthète, libre d’endogamie,

De luttes enfiévrées… je l’avoue ! excitables.

 

La margelle du vide ne me peut retenir… grisé

Du flou dont l’espèce se pitonne, j’évince

De mes spleens, la taciturnité, quand grince

Le loquet des jours gris : ces angles méprisés.

 

J’affirme _ grand bien m’y fasse ! N’est du vide,

Aux précatives quêtes, nulle assise !

En l’épars d’autres donnes, la mise,

Du sixain détramé de promesses… n’est que rides !


Armand Mando ESPARTERO© copyright 2023

vendredi 15 septembre 2023

HAINEUSES INFLEXIONS

HAINEUSES INFLEXIONS

 

Ivre de tant de haine, d’hostilité, d’aversion ;

Te voilà, perforant d’une dague, l’innocent_

Celui-là qui, hier, émergeait de ton sang :

Ton fils premier né, ce germe d’éclosion !

 

Tu piétines sa foi,  la martèles, pétrifies

Son savoir… son désir de connaître, sa soif,

Sont pour toi_ ignoble contempteur_ coiffe

D’un avenir ajusté aux sangles du défi. 

 

Empierrée de sophisme, ta tiare est leurre :

Afféterie d’une cour sans monarque… nue,

Tel royaume de l’ombre… y avancent, menus,

L’ilote emparqué, la serve en pleurs.

 

Soutenu par tes pairs, tu aiguises ta verve,

En de fades harangues de podestat retors ;

L’illusoire en pommade toujours_ et à tort,

De la coquecigrue, l’absurde, sans réserve.

 

En l'acerbité, germent, allégations, poncifs,

Je le crois_ rémanents… ta sagesse est _ hélas !

Bambane forteresse, et qui, de l’efficace,

Ignore composante… tu verras, brisé au récif,

 

Les pâles rogatons de pulvérulence… abruti,

En l’entrisme d’étatiques oukases, ton profil_

Se peut-il que je me trompasse (?!) fera faufil,

Au bâti de vains rêves, de songes décatis.

 

L'envie, pour toi, sera galvaudée, dépréciée,

Au soir où s’interfèrent les équidistances…

La peur s’en vient sarcler, des stances,

L’appréciable lyrisme ; le circonstancié

 

Ignore la rambarde, l’assurance souhaitée…

La moiteur de sa paume patine le balustre,

Illute le garde-corps : insoupçonnable illustre

Dont souffre l’adéquat … sans douter.

 

Désenfiévrée, l’indomptable se fait rétive,

Quant aux tiennes caresses… ton feu, jadis

Attisé de susurres, bâille sous l’immondice

D’espoirs déficitaires, d’attentes amplectives.

 

La vieillesse a bridé de ta soif de vivre,

Ton désir de paraître, la quintessence…

Amoindries, tes aspirations font rabais,

Quand s’alunent les offres_ hier, adoubées

De mécènes_ céans, purgées d’érubescence,

Il pleut là, au parterre des vouivres...

 

Tu traînes en d’impalpables sorgues :

Ténèbres viciées de l’insatisfaction…

Sclérosé par l’endosse de l’inaction,

Au pulpitum de cette étrange morgue :

 

Caveau de l'âme perdue… s’y prélasse,

En quête d’une autre peau, l'ectoplasme

D'exsangues utopies, de ces spasmes

Forcis d'encloîtrés qui trépassent.

 

En vieux fildefériste : triste funambule,

Ne verras plus d’en-haut, la foule ébaubie…

La chue privera_ statim*_ l’estourbi,

De cette renaissance en graffe de fibule.

*d’un coup


Armand Mando ESPARTERO© copyright 2023

mercredi 13 septembre 2023

EMBLEME D’EPINAL

EMBLEME D’EPINAL

 

De sa bouche grenat, s’évaporaient des rires,

De moqueuses ivresses ondulées de soupirs ;

Pour elle, je ferais vaciller les empires,

Pulperais la fragrance des rêves qui l’inspirent ;

 

De ses yeux-étincelles, s’animaient les brasilles ;

Son regard perforait les trottes de gazilles

On les voyait danser, engainés de résilles,

Au soir où les amantes esseulées vacillent.

 

Pour elle, me ferai, en l’aurore floutée… vassal ;

Du leude, mépriserais le confort commensal ;

Me perdrais en la fange d’attrapes abyssales…

L’offense damnerait mes craintes colossales.

 

Du contour longiligne de son galbe flouté,

En l’arceau de ses jambes, s’en venaient abriter,

En un mol ondoiement, les perles égouttés

De l’ensellure pleine la venant arc-bouter.

 

Pour elle, des gémonies, arrogant, gravirais

Le rude échalier ; aux vespérales cuivrées

D’un clavecin aux touches désœuvrées…

Altier… arborant, en héros, la royale livrée.

 

De sa moite balèvre aux senteurs sélectives,

Les chuchots ponçaient la jonction attractive…

De ses besoins de plaire, à ses vues attentives,

S’égrenaient des passions dextrement plaintives.

 

Sans elle, redevenu moi, ai poussé le loquet

Des folles prédispositions… efflanquées,

Mes humeurs s’affaissèrent… superbe défloquée,

Je confessai ma tare ; pauvre hère interloqué !


Armand Mando ESPARTERO© copyright 2023

mardi 12 septembre 2023

SEQUENTEM VITAM VIE SEQUENTIELLE

SEQUENTEM VITAM

VIE SEQUENTIELLE

‘’J’irai, de vos parcours, à mes chastes bornes,

Enclore du silence dont le songe s’écorne,

Effacer chaque empreinte,

Sans astuces, ni feintes’’   Mando

 

J’ignore tout du bonheur dont parlent encor

Les ascètes voûtés de tristes thébaïdes ;

Font, aux vespérales, au mépris du corps,

De stupides rituels, fouettés d’agrostides.

 

Sans balle, ni cerceau, je foulais des allées,

La sinueuse draille… s’effondraient de mes rêves,

Les dilatoires vœux… s’évaporait ma sève,

Aux pérégrines fuites; ma marche la tallait.

 

La solitude flattait de mes peines d’enfant,

L’intactile dérive… du possible, l'envie,

Peu à peu, s’éloignait ; en fragile mauvis,

J’épiais des migrées, au son de l’olifant,

 

Les superbes rémiges découpant de l’azur,

L’ouateuse auréole… ma vie était ailleurs ;

Loin, bien loin de tous ces conseilleurs

A l’irascible verve ; traînent à l’usure,

 

En l’affect buté, un savoir obsolète : acquis

Pris aux doctes enfiellés de vindictes…

Panse pleine, prémunis d'édits strictes,

Haranguent les plus faibles conquis.

 

Montesquieu les voyait en piètres grimauds

Perchés ex cathedra, pérorant sans relâche ;

La science ne sied bien qu’aux lâches (…)

Le savoir ne craint pas la rudesse des mots.

 

Me suis éloigné des sages aguerris ; ai fui

De la pédagogie, l’ignoble ânonnement…

Desserti de vains raisonnements,

Ai cheminé, pour seul, jouir de l’usufruit,

 

Et, sans protectorat_ de la vraie liberté…

L’audace d’être moi, sans montre d’arrogance,

Fait naître sous ma plume destituée d’allégeance,

D’étranges catachrèses… pourrait-on en douter !?

 

De mes pas imprudents, aux longes de vos voies,

Me suis désenclavé… triomphant de ces rus

Perlées des lacrymales, ces baveuses crues

Inondant de la face, le mafflu… sans louvoie.  

 

Imperceptibles fièvres qui encavez mes nuits ;

Dont l’éther annihile les sens, laissez-moi,

De l’espace, attoucher le col ; sans larmoie,

Offrez-moi, de l’ivresse émargée de l’ennui,

 

Les précieuses gemmes ; et de ce parangon,

Avec grâce, douceur, viendrai à votre table,

Ruiner de ce passé entrelacé de fables,

Les grimacières joutes, sans sortir de mes gonds !


Armand Mando ESPARTERO© copyright 2023

lundi 11 septembre 2023

QUAND LA MORT FAIT APPEL

QUAND LA MORT FAIT APPEL

 

Ils avaient tout donné ; leur vie ne tenait plus,

Qu’à un vieux fil ténu… les larmes tailladaient

Leur face crevassée, leurs lèvres torsadées

De supplications, d’objurgations joufflues.

 

En guenilles, traversaient la Grand-Place, émus,

Humiliés devant la gent surprise… éberluée ;

Sébile à la main, avançaient sous les huées

De gras faubouriens, fiers de leur transmue.

 

Ceux-là mêmes qui, hier, jouaient les factotums,

Larvés sous la corniche de fastueux édifices…

Eurent_ et pour avoir trahi Père et Fils _

Le droit de posséder, sans mal… ad libitum.

 

La mort, ce tunnel, est pavé de souffrances,

Haine, scissions… elle maquille de rêves,

En l’inadéquat, l'âme privée de sève,

Le cœur démuni, ceint de belligérances.

 

L’homme qui la provoque, souvent la défie,

Attise des braises la noirâtre cendrure,

Car sa pulvérulence défige des marbrures,

Les veinules d’altiers mausolées… déconfit,

 

Le misérable hère s’enferre du lourd bagage

Des mensonge du clerc_  factice purgatoire:

Syncrétiste leurre; fait du confiscatoire,

Bien noble pensée… elle s’y drape de gages.

 

La misère est une palissade… s’y hissent

Les déçus de l’iconoclastie : ces servants

De causales ordalies , dont Dirac, en savant,

Impulse la systémie ,au for de la matrice…

 

Ombrages mort-nés, prétendus souverains,

Ne sauront protéger du malheur à venir (…)

A défier, aux endémiques lunes, L'Avenir,

Confisquera, ce jour, la donne...car l’airain

 

De l’armure ne peut résister au Jugement :

Ce Feu de la géhenne : Punitive Offrande

Du Dieu Tout-Puissant… d’obsolètes prébendes

Lestées de sequins, de vains émoluments,

 

Fuiront la résonnance des trésors palatins,

Bouderont le clinquant des bourses atrophiées ;

De l’autre… chacun se devra, céans, méfier…

Le Vatican verra fondre son fief latin.

 ***

Ils avaient tout donné, les damnés de l’histoire ;

Errants d’ectoplasmiques chues... entreront

En l’hiver des malédictions… nus, dès potron,

Tasseront du Schéol, le dense crématoire.


Armand Mando ESPARTERO© copyright 2023

dimanche 10 septembre 2023

DISGRACIEUSES POCHEES

DISGRACIEUSES POCHEES

 

Femme, avant d’être mère, avait oublié

La douceur des matins, en la rosée précoce,

La moiteur de l’aurore, la léthargique cosse

D’opaques brumes voilant le peuplier.

 

Feignait de croire en l’amour d’un enfant ;

Fut-ce le sien… à la lippe posée à son sein,

Elle accordait mépris… se voulait, à dessein,

Libre, sans entraves aucunes, dégrafant

 

De la déconvenue, le fielleux insuccès… l’aigreur

Pour seul bagage, l’acrimonie pour gerbe….

Qui_ en un jour d’orage_ au faîte de l’acerbe,

L’a remisée dans l’ombre ?... Est-ce le hongreur

 

D’un sinistre corral, le châtreur d’un toril ?

Cet homme _ si tant est qu’il en soit _

Dont la souffrance, telle qu’il la conçoit,

Anime la vertu au plus fort du péril…

 

Regardait pousser la frêle progéniture,

Hagarde… inerte, son regard floutait

De la tractation, l’impalpable absoluité ;

Le passé agressait ses fièvres immatures.

 

Jadis, on lui fit don de vaines prétentions :

Illusoires apprêts de naïve nymphette…

Son rêve était cendres… son désir de fêtes

S’effondrait aux saucées d’ignobles admixtions.

 

La honte voilait de ses envies, au soir,

Polymorphique cambrure… pourquoi

Du devenir, l’aciculaire apex, en décroît,

Tailladait-il de l’offre l’opportun rouissoir ?

 

Mère, sans être mariée, amante sans céladon,

Seule, percluse, en d’affreuses blessures,

Immolée au bucher où, de la forcipressure,

Gouttent peu à peu, les suées de l’abandon.

 

Elle avait tout pour plaire… rien ne faisait défaut

A son altière mise… sa séductrice moue

Grisait le matamore: rodomont, aux remous

De voltes giclées de ce poreux tuffeau.

 

A vingt ans, son nervalien profil fascinait

Le plus noble conjoint… odalisque au harem

De la perdition, sa beauté, de l’extrême,

Attisait les précieuses visées dessinées

 

Sur sa chair soufflée d’épicurisme…

Aux débauches goulues, s’octroyait, peut-être,

Par atavisme, de pulsatiles fraies ; en traître,

Le mal noua de sa gourme, le dualisme.  

                               Désormais…

Se devra, de la sage réserve, aspirer l’idéal…

Ne se faut point lier, aux naissantes levées,

Aux inflexions démarquées du pavé !…

Le temps, cet accotoir, n’absout pas le féal.


Armand Mando ESPARTERO© copyright 2023