JACQUES BEGNINE BOSSUET
1627/1704
DE L’ABSOLUTOIRE
AU QUIETISME
Surnommé ‘’l’aigle de Meaux’,
Bossuet : fin lettré,
Naquit à Dijon en 1627_ évêque, prédicateur,
écrivain,
Prononce oraisons et sermons, en vaillant échevin_
Lui valurent, en 1671, bien remarquable entrée
En l’acmé de la notoriété : l’académie française…
Opposé à Fénelon, ce fougueux polémiste,
Argumente sans mal, pour dresser, en quiétiste,
Et de l’absolutoire, l’inconfort de l’ascèse…
Orateur à temps plein, vitupère à l’endroit
De ces scribes
bornés férus de dithyrambes :
Censeurs butés… et que l’orgueil enjambe ;
En ce monde interlope, qu’en n’aurait-il le droit !
Le soutien de Grente, lui fait pousser des ailes ;
Du summum de l’œuvre, aux tâches ecclésiales,
Sa harangue pénètre des niches abbatiales,
Les mortifères cultes cosmétiqués de zèle.
Après ses études (grec, latin), devient précepteur
Du Dauphin… enseigne la spiritualité, les lettres ;
Son cran sème à tous vents ; se le peut
permettre,
Lui, ce fier pédagogue, ce talentueux tuteur.
Ses amis le surnomment ‘’bos suetus aratro’’ :
‘’Bœuf accoutumé à la charrue’’ ; combien
vrai,
Cet alias… car Bossuet taille en deçà de l’ivraie,
Pour récolter du grain, en digne maestro,
La princière gerbée… il voudrait tout connaître,
Affirme tout savoir, prétend tout démontrer…
Grisé de ce pulpeux, il provoque, en l’attrait,
La plus simple gent que la candeur pénètre.
Bossuet est un palindrome… l’ignore-t-il ?
De droite, ou de gauche, en lui, on lit, puis
relit
A ciel ouvert ; ce qui gêne, ne jamais le lie ;
Fait montre d’une incroyable adresse… habile,
Asservit le plus noble… précurseur, aux mils,
Et aux cents, traverse la faconde… à l’archère ;
Puis, décoche la flèche qui percera la chair
Du pontifiant sectaire imprégné de grémil.
Corneille le fait rêver ; son talent l’interpelle…
Il le lui fait savoir (…) comme lui, bien sûr,
S’en fallait attendre ! vient calmer ses
blessures,
A l’Hôtel de Rambouillet… là, comme à l’appel,
Se met à versifier… se croit-il poète ? se
doit-il
A ce songe effloré du plus sage ? quelle muse
Pourrait (saurait ?), et bien plus qu’il en
use,
Accéder aux degrés de sa verve subtile ?...
Louis XIV et Marie-Thérèse d’Autriche, lui confient
Ce mâle de dix ans ; l’avenir l’encouronne…
Exsangue Dauphin que les serves pouponnent,
Pâle progéniture d’un jeu encastré de défis.
S’achève sa mission, quand son élève ceint
De son seul devenir, la monstrueuse hanche…
Épousera Marie-Anne de Bavière : blanche
Caille d’un long rets… accouplée à dessein.
La vie offre souvent, aux fantaisistes grimes,
Un piètre mascara, afin d’y mieux farder
Le tendron qui l’honore, ou, la criarde hardée
Egarée hors la plaine, éjectée de la cime.
L’histoire universelle fascine encor Bossuet ;
Donne ton à cette Katolica chronologia…
Visionnaire (dit-on) ; certes, dépourvu de
plagiat,
Argumente, sans repos ; et jusqu’à en suer.
En un salmigondis de sacré et profane, distille
De la sienne pensée, à l’esprit du crédule,
Moult contradictions… Il croit de sa cédule,
Donner sens aux chiffres ; ses fièvres
instillent
A l’auditeur, avant que de l’assujettir, oracles
Et prétendues révélations… Bossuet est instable ;
La faiblesse des donnes, si l’envie l’attable,
Le contraint à produire, aux risques de débâcles,
De douteux mécanismes, de nuisibles poussées ;
Fort, de
ces prolégomènes, apostrophe tous ceux
Dont la réserve taille prudence… poisseux,
Ses enthymèmes percent l’inconscient émoussé ;
De La Genèse, à L’Apocalypse, nulle n’a le droit
D’ajouter (dit Dieu), à La Bible, d’interprétation ;
La Divine Parole ne souffre de pénétrations,
Fussent-elles enclines aux canoniques droits.
Quand on cite Hérodote (même si plus tard,
Voltaire
Absout ses maladresses…) on ne peut citer L’Ange
Dont Moïse accorda allégeance ! bien étrange,
Ces bifurques dont Bossuet s’illusionne… ce
parterre
Tel un parvis de chapelle romane, est leurre :
Artefact pour la gnose encellulée de rites (…)
Dressée au naos des pensées en faillite,
L’audace fera quémande aux vires du hâbleur !
Esthétique morale, toi qui damnes l’inculte,
Toi qui, du déicide, ignores encor l’ampleur,
Soumets-toi, ô ordalique mue, quand les pleurs
Vident tes lacrymales ! Au Seigneur, Le Culte !
Aux autres, ces Romains qui l’insultent
Aux dominicales
messes : _ voyez la peur
Enténébrer vos rêves… si Bossuet est offrande,
Fénelon, agapes de transsubstantiation,
Alors, n’avez de La Grâce, en La Rédemption,
Part, aucune !!! La Vérité fait fi des
prébendes.
Bossuet hait les Juifs… je hais ce que Bossuet
En salive de crue, bavoche sur l’idoine !
Ma foi est la mise comptable dont je soigne
Le malléable myome, pour guérir, sans huer
Au soir de l’entremise, la conciliation
De l’homme privé de Dieu, infesté du pérore
De ces catéchumènes, qui, aux aurores,
Prétendent donner sens au mot : Salvation.
Au conclusif d’un anodin graphème, je pose,
Avant que de me taire, et sans palinodie :
Bossuet s’en est allé_ cela, sans contredit,
Le 12 avril 1704, après longue agonie, morose,
Emporté par la maladie de pierre…
Quelle ironie, pour un sage d’empire,
Quand on sait que Pierre veut dire :
Apokàlupsis (Révélation)… Authentique Prière
De l’âme reconnaissante, voire… sincère.
Armand Mando ESPARTERO© copyright 2023