Tu fuis,
désabusé, les côteaux de Frioul,
Les butes
de l’Ombrie ; las, sans t’arrêter,
Jonché,
de la plaine herbue, en l’été,
Les escarpes, d’où les brises roucoulent.
Tu marches sur les terres brûlées du Sertao,
Haletant,
épuisé, au matin venant naître,
Se fane ton
profil qui, hier, aux fenêtres,
Etoilait ta
prestance libérée du chaos.
Aux sentes
de Dogon, sublimées du poète,
S'attelaient à
ta marche, d’agréables trottines ;
Le sable
chaud des dunes aux primes matines,
Hâlait de ton teint blême, les notes indiscrètes.
Aux lacets
de Zermatt, aux brumeuses soufflées,
L’helvétique
colline offrait à tes yeux noirs;
De fines
gouttelettes, en apex d'entonnoir :
Infimes bigarrures de poches renflées.
Aux nuits d’encre, quand hulotte la chouette,
De spectrales
éclipses rongent des bordures,
Les molles
entailles ; les bruines les suturent,
Au calme d'autres rais auréolant l’aigrette !
De Calvi, l’approche
de Calenzana, à Conca,
Jusqu’au
Porto Vecchio, affermit le marcheur ;
Sa randonnée
adorne, en la douce fraîcheur,
L’étrange
houppelande, semblable à l’abaca.
Tu aimerais
te perdre à Aguas Calientes,
Voir le Machu
Picchu ; puis, d’Ollantaytambo,
Ouïr battre
le cœur de Cuzco déparé de lambeaux,
Comme ragaillardi
aux frimes oscillantes…
Si je porte,
dès l’éveil, et sans les dévoiler,
Baume à tes
cicatrices, c’est pour taire, parfois,
Aux mille
souvenirs, aux gerces de grands froids,
La rudesse
de l’exil : ce sombre mausolée.
Alors… comme toi,
Je pérégrine,
sous de clairs horizons :
Anamorphes segments
de malléables terres
Désenclavées
de mortifères chues, de délétères
Oukases de
retors édiles empaumés d’oraisons.
Armand
Mando ESPARTERO© copyright 2023




