Les eaux
calmes de Baïkal promènent au matin,
La douce
nonchalance des réserves liquides ;
Translucide
cuvette que les risées dérident,
Riche
aquamanile aux reflets diamantins
Y
frémissent, parfois, d’ondulantes pincées :
Fragiles gouttelettes
aux vents, éparpillées ;
L’hiver pose
en son lit, et pour l’en habiller,
De ductiles
caresses dérobées aux saucées.
Le Nyassa
Malawi aux éclats azurés, prolonge
De la
plaine, en l’écho des ventées, l’empreinte
De fonds
clairs, dont les cichlides teintent
L’évaporeuse
niche enserrant les éponges.
La vallée
du grand Rift enlace ses bordures,
Tressant sur
sa barlongue, d’alcalines chutes,
Au tourbillon
de l’onde qui s’y percute,
Sans craindre
du gramen, l’intense évidure.
Majestueux lac
du Tanganyika : frontière
Entre la
Tanzanie, la Zambie, ces contrées
Jouxtant le
Burundi, côtoyant, et de près,
Le Congo
voisin, son ami… oui, son frère !
Quand ton
cristal dessoude, aux tornades vaquées,
La peau de
l'hydrique nappe, l’étrange revient
S’accoupler,
avec grâce, au souffle abymien
De ces
terres lointaines dérivées, hors des quais.
O Huron :
lac Supérieur du nord de l’Amérique,
Toi, que
les Iroquois massacrèrent sans peine ;
Toi que les
infidèles bannirent des plaines,
Regarde s’approcher
ces suppôts amnésiques,
Ces chercheurs
repentis au leurre de l’histoire !
Ne se
peuvent dompter de minables poudrées ;
Eux qu’emmurent
les sables d’impossibles adrets,
Que la
beauté encerne de rites attentatoires.
Ce lac, mon
lac : immense Victoria, riche vasque
Pointée d’astres
nouveaux… immensité solvable
D’un cosmos
effeuillé, en ses rives palpables ;
Comme il me
plaît, sans comptines tarasques,
De chanter
ton ivresse… du Kenya cuprifère,
Aux serres d’Ouganda, la rebelle nilotique ;
Victoria, envoûtante,
ô combien ! mon distique
Entoile de
tes plaintes, les reflux aquifères.
Vous, onduleuses
avenues, messagères lacustres,
Vous bohêmes
escales de mes rêves tronqués,
Faites-moi
accéder _ j’aimerais embarquer
Au nid de
vos fuites !... Céans, poser au
balustre,
Ma dégaine
rompue… et, au ton de l’illustre,
Humecter l’aquarelle
de ces toiles croquées.
Armand
Mando ESPARTERO© copyright 2023




