pinterest

dimanche 27 novembre 2022

LE PASSE QU’ON POSAIT

LE PASSE QU’ON POSAIT

 

Fondent nos lubies d'autrefois :

Escobarderies, couardise… traînons

En de cendreux matins, palefroi

D'un cirque privé de son chaînon.

 

S'étranglent en nos voix, soupirs,

Spleens asservis au destin ;

Rêvions de fastueux empires,

Palais pour y donner festin…

 

Nos rêves croupissent en l’étang ;

Y surnage la déshérence ;

Ripons en vieux combattant :

Fiers doyens de sapience,

 

Amphitryons de ripaille, noceurs

Aux jouissances, griffons

De métempsychose, en penseurs

De la pluralité... en greffons !

 

Au fil de l'impudicité, corps privé

D'adéquation, surnage la gent

Dépravée : braises clivées,

Brandons de lasciveté nageant

 

Seuls, tel le mammifère repu

D’étreintes étrillées, aux gestes

Calmant l'autre animal fourbu,

Enfiellé du venin de la peste.

 

Nonchalamment... au bitume gris,

Au poids des présomptions,

S'use la dégaine du ribaud aigri…

Qui de lui aura compassion ?


Armand Mando ESPARTERO© copyright 2022

samedi 26 novembre 2022

EXPECTANCE

EXPECTANCE

 

L’espoir est un chemin emprunté de naïfs

Lestés de sermons de prévaricateurs ;

C’est un rude parcours calqué de séducteurs

Aiguisant leurs vénéneuses griffes,

Ces cornes subulées adornant l’escogriffe,

Ce mol énergumène pétri de mots menteurs.

 

L’espoir est un tunnel où se perdent au soir,

Sages et fous de ce monde en déclin…

Ils traversent le temps, aveuglés par le clin,

Hissant le gonfalon leur servant d’ostensoir.

 

C’est la didascalie d’une pièce sans actes,

L’indice d’un ouvrage rebutant le censeur

Malgré lui, pris au rets du langage tanceur

Qui en anthropologue démystifie le pacte

 

Unissant l’incrédule, aux perfides promesses

De la gent séductrice au sabir velouté…

L’espoir est un couloir ; s’y vient culbuter

Le gobeur du dimanche polarisé de messes.

 

Tel l’occulte fleuret aux mains de l’épéiste,

Il esquive sans autres, et avec élégance ;

Fin prêt, sans feintes d’allégeance

En cette brette épiée du soufiste.

 

Il m’a fait servant de rêveries nocturnes,

Maculant mon royaume peuplé de chimères ;

Il m’a su enrouler telle la vague de mer

Foulée sans équivoque de mes noires cothurnes.

 

L’espoir porte en livrée nos primales envies,

Au sang nouveau de pâles souvenirs

Enkystés de remords, et sans jamais bannir

Des friables besoins l’inutile survie.


 Armand Mando ESPARTERO© copyright 2022

RENAÎTRE

RENAÎTRE

 

Il faut mourir d’amour… renaître à la vie !

Les rêves sont d'absconses contraintes,

D’offensants supports ; ils éreintent,

Défenestrent les miscibles envies…

 

Du cœur, la réceptive écoute cerne

L’existence sans la rudoyer ; heureuse

De voir s’ouvrir loin de la nébuleuse,

Au quiet renouveau, la pensée en hiberne.

 

Laissons au temps, afin de s’amender,

Les désirs enfantés d’infâmes manifestes :

Plaisirs engrossés, et de jurons scandés

 

D’inaudible voix ; lors, elle admoneste

Le faible, le couvre de mépris, puis l’isole…

Peut-on vêtir l’âme, d’une camisole ?


Armand Mando ESPARTERO© copyright 2022

vendredi 25 novembre 2022

ALOÏSE

ALOÏSE

 

Des jets fusent de vos rires,

Quand la rosée pénètre le matin

Baigné de flots diamantins

Au dôme d'un riche empire

 

Au cœur d’un doux verger

Dont les fruits égayent en l’avril,

Le pourpré... parfois du fin grésil,

Éclosent des teintes mitigées.

 

Votre col rehaussé d’un sautoir,

A l’éclat qu’embrument au soir,

Les volutes cupriques d’ostensoirs

Figent la nue d’un flou ostentatoire.

 

Vos longues mains ivoires serties

De fines rides, cadencent du geste

L’agréable rythmique : immodeste

Récurrence de causes abouties :

 

Assurance, réflexes éthérés

De muse déliée de contraintes,

De dryade faisant fi des feintes

Arborées de galants maniérés.

 

Des canisses, aux frêles interstices,

J’épie à l'aube cette tempérance

Empreinte de complaisances…

S’en exhalent des baumes factices.

 

Suis-je donc partenaire des volitions

Dont vos pensées captivent doléances,

Caressent sans réelle constance

L'inextinguible soif ceinte d’émotions ?


Armand Mando ESPARTERO© copyright 2022

DUO

DUO

 

Par-delà les claies écaillées de l’oubli

S’insurgent des regrets… triomphant

De l’espèce dont l’âme se défend,

De l’espace que le vide publie.


Armand Mando ESPARTERO© copyright 2022

 

jeudi 24 novembre 2022

MADELEINE

MADELEINE

 

Je le sais : tu reviendras
Parfumer des dimanches,
Nos pleurs en avalanches,
Nos grimaces intenses...
Oui ! bien sûr, tu reviendras
Où le soleil se penche ;
Là, s'étire la branche…


Et si nos cœurs nus flanchent,
Resterai prisonnier de tes bras.

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2022

mercredi 23 novembre 2022

CŒUR ECAILLE

CŒUR ECAILLE

 

Dans ses bras en tenailles,

Je me vide du venin d’entrailles

Oignant de bile les friables écailles

De peau, après moult ripailles.

 

Aliéné aux vents de sa folie,

Je me joue du miroir qu’embelli

De reflets chahutés de roulis

L’ivresse de la douce Ophélie.

 

Suis-je encor partenaire

De ces gaupes en l’éther

D’estaminets dont je suis réfractaire,

De dipsomanes vicieux, délétères ?

 

 Déconfit, derrière le grillage

Du destin, ai refait le voyage,

Jusqu’au livre d’images

Irradiées… comme pris en otage.

 

Avant d’aimer en l’aurore feutrée,

Me suis délié du sabir indiscret,

Souvent hué en l’alcôve secret

D’impétueuses lois engluées de décret.

 

Sans paraître, me trop dévoiler,

Je nuance de vos rires voilés

D'adamantines larmes éraillées

De vains maux voulant en étoiler

La tricuspide du cœur écaillé.


Armand Mando ESPARTERO© copyright 2022