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mercredi 9 février 2022

GRENIER D’OFFENSES

GRENIER D’OFFENSES

 

Dans mon cœur-grenier s’entassent

 

Poncifs et sépia d'une enfance ruinée,

 

Cotillons d’années folles ; s'y délace

 

L'écheveau d'un garçonnet puîné ;

 

 

Il cache de la doublure du mal

 

Lacérant ses entrailles, pour l’asservir

 

Au faste écoulé de la mue animale,

 

Le dispendieux boudé du repentir.



Ma raison fait festin de mornes solitudes ;

 

Elle pave l’existence de l’ermite blessé 

 

Fuyant de l’incurie, sous d'autre latitudes,

 

La cotonneuse nue trop souvent agressée

 


D’injustes brimades, aux topiques onguents

 

Lustrés du devenir de fugitif piégé

 

D’inutiles promesses, ces serments baguant

 

De la pensée, les minables projets.



Je veux de l'accessoire, abandonner

 

Sans peine aux conformistes butés,

 

L'hypocrisie... aux instances bornées,

 

Patelinage toujours tant rebuté ;

 


Enclosez les lèvres des dissertes amantes

 

Posez-y un singulier doigt… faites taire

 

Les muses dont la peau alimente

 

Le cuir, s'il donne souffle à la chair,

 

 

Confesse de l'esprit l'humiliation des nuits

 

Aux secrètes fêlures, sans en oser délier

 

En l'extase, profondeur de puits

 

Où grimacent nos pleurs !  Devrais-je les renier ?

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2022

mardi 8 février 2022

ETRANGE BOULEVERSEMENT

    ETRANGE BOULEVERSEMENT

 

Les vents sont revenus soulever la marée,

Bouleverser la mer, ses plaintives vagues,

Avant de s’affaisser au ventre des marais

Que les bruines en l’automne, élaguent.

 

Me suis caché au nord de la vallée,

Attendant la fin de l’orage que fuient

Pérégrins et grimpeurs habiles affalés

Sur la plaine, en attendant la nuit…

 

Les paysans avançaient en silence…

Plus loin, les enfants enveloppés

De mantes semblaient quêter pitance ;

La brume tenace, d’un halo, les drapait.

 

J’attendais qu’il me vienne cueillir,

De ce fol hypnotisme ; j’en garde encor,

Malgré le temps, et sans jamais faillir,

Quelques traces me roidissant le corps.

 

Geignaient en ces heures indues, au soir,

L’acariâtre bourrasque :irascible tornade

Chue de la sphère… liées à l’illusoire,

S’accotaient les ombres sur la rade.

 

Au jour levé, les vents se sont tus…

Me suis relevé… notre terre pleurait

De n’avoir su de la lande pentue,

Unifier les minces engrêlures, entourer

 

Des fragiles rhagades, la bordure…

Ne restait en ce lieu, que miasmes figés

De vexantes plommées, morne nature,

Nidoreux pouacre de la nue affligée.

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2022

lundi 7 février 2022

AUGURALES SHETLAND


AUGURALES SHETLAND

 

En traversant l’allée crispée aux froids,

Les Shetland paraissaient plus immenses ;

L’écosse s’embrumait, et ses vallons étroits

Semblaient dissous en la moiteur intense.

 

La côte écrêtée longeait du paysage,

Les rochers fouettés des vents salés ;

Les nuages floutaient dessus la plage,

Des furtifs reflets, les rais bariolés.

 

Mainland le rustre dilatait ses auvents,

Soufflant l’archipel hors la sente herbue

Longée du pérégrin, ce marcheur rêvant

De dompter les fiefs profanés de l’imbu.


L'eau ouatait à l’aube des renaissances,

La crique survolée de mouettes, ces reines

Du clair azur, en la phosphorescence :

Rutilance de gorges souveraines.

 

Les Vikings y laissèrent empreintes

Au socle culturel métissé de musiques

Insufflées aux pécheurs de la digue éteinte :

Harmonies enfiévrées de rythmique.

 

Le ciel norvégien se souvient, ce me semble,

De nuits en la grisaille de nidifications,

Espérant que migrent au soir, ensemble,

Les huppes fasciées, en lévitation...


Rien de plus beau, en ces ides volages

Calmant, comme le dit Tacite, le Saxon

Baguenaudé de la vague en tangage

Sur le pont... s'enivre de basson.

 

Shetland, mon île : toit d’infortune,

Je t'écoute gémir en mes proses livresques ;

Mon cœur a dénudé des caprices de lune,

Les factices décans de cadences tudesques.


Armand Mando ESPARTERO© copyright 2022

dimanche 6 février 2022

J’ATTENDS DEMAIN


J’ATTENDS DEMAIN

 

 

 J’attends que tu t’en ailles semer

 

Sur les chemins où s'attarde l'hiver,

 

A l’heure de l'épandage... les vers

 

De nos poèmes atteignent des sommets,

 

La pointe effritée aux vents tièdes de mai,

 

Et qu’auréole encor la nue en son revers.

 


Je ne veux plus douter de tes intentions,

 

Ni confondre des heures, l’immuable silence ;

 

Je te veux retenir quand la nuit tu t’élances,

 

Fardant de tes regrets, chaque inhibition.

 


Je veux des matins clairs, d’efficaces soleils ;

 

Illuminer des ombres, l’avers… sans fléchir 

 

Du néo-affranchi, par crainte de m'avachir,

 

Éteindre les ténèbres encavant le sommeil.

 

J’attends devant ta porte, en l’aube écarlate,

 

Un bouquet à la main, enfiévré d’espoirs,

 

Tes sublimes folies accrochées en sautoir

 

Au long col de l'orgueil, drape les scélérates.

 


J’achève des rimes, au for de scansion,

 

Le macron, s'il paramètre sans grâce,

 

La césure accentuelle ; s’en délacent

 

Des mots évincés d’étrange élision.

 


Je fuis tes mensonges, sans plus atermoyer,

 

Le sophisme engagé de l'esprit épuré ;

 

Il fuit seul des battues l’intrépide curée

 

Qui sacrifie l'honneur, sans le jamais broyer.


Armand Mando ESPARTERO© copyright 2022

samedi 5 février 2022

INGAMBE NOCTAMBULE

INGAMBE NOCTAMBULE

 

Venez danser sur la peau du sommeil,

Librement chahuter au creux de l’insomnie

Traversée d’ondes, d’électrique agonie

Dont mes yeux absolvent le brûlant éveil…

 

Venez chantez sur ma couche branlante :

Modeste paillasse, ou triste litière !

On s’y sent mieux qu’un chat de gouttière

Repu de lunes pleines, et par trop irritantes.

 

Les étoiles ont boudé ma trop longue traverse,

Pour caresser les songes s'ils nous troublent,

Pour enfin renaître aux perles de l’averse...

 

O que n’ai-je ici de mon double,

En ce for illusoire, musser vaillance,

Moi, esprit débonnaire riche de connivences 

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2022