Dans mon cœur-grenier s’entassent
Poncifs et sépia d'une enfance ruinée,
Cotillons d’années folles ; s'y délace
L'écheveau d'un garçonnet puîné ;
Il cache de la doublure du mal
Lacérant ses entrailles, pour l’asservir
Au faste écoulé de la mue animale,
Le dispendieux boudé du repentir.
Ma raison fait festin de mornes solitudes ;
Elle pave l’existence de l’ermite blessé
Fuyant de l’incurie, sous d'autre latitudes,
La cotonneuse nue trop souvent agressée
D’injustes brimades, aux topiques onguents
Lustrés du devenir de fugitif piégé
D’inutiles promesses, ces serments baguant
De la pensée, les minables projets.
Je veux de l'accessoire, abandonner
Sans peine aux conformistes butés,
L'hypocrisie... aux instances bornées,
Patelinage toujours tant rebuté ;
Enclosez les lèvres des dissertes amantes
Posez-y un singulier doigt… faites taire
Les muses dont la peau alimente
Le cuir, s'il donne souffle à la chair,
Confesse de l'esprit l'humiliation des nuits
Aux secrètes fêlures, sans en oser délier
En l'extase, profondeur de puits
Où grimacent nos pleurs ! Devrais-je les renier ?
Armand Mando ESPARTERO© copyright 2022