Du plus au moins
Aux ruines d’un passé s’écaille mon enfance,
Mes nuits et mes jours ceints de désolation ;
Mes pas se sont fanés aux marches d’une époque
Où sombrèrent au soir, les âmes sénescentes
Prisonnières sans doute, de l’éruption
Fardant de Saint-pierre, les riches pendeloques.
Au tertre d’un souvenir jauni par les années,
S’amplifient les douleurs de malédictions
Posées au ventre gris de ce flou bitumé,
Et qui de la vacance, peuple l’émotion.
Mais mon île demeure, radieuse, alanguie,
Raisonnant de son cœur l’imprécise systole ;
Elle se laisse séduire sous la lame groggy
Dont l’océan écale les spumescents atolls.
Je m’imagine un feu emmurant l’aquatinte
De cette canopée bordée de rêves clos…
J’y vois naître aux roulements des plaintes,
Des subtiles gangues, l’anthurium juste éclos,
Le plumeria, la fleur de curcuma, l’hibiscus
Entretissés de diaphanes perles de rosée,
Cependant que la flore boute du tylenchus,
L’empoisonneuse sève s’y venant déposer.
*
S’endorment des matins enfiévrés d’espoir…
Les pluies ont sublimé des flux à pierre fendre,
Les mutines grimaces des croches de guipoir.
J’ouïe des déferlantes aux tempêtes barbares,
Les grelots de colère déchiquetant la mer…
Que n’aurais-je vécu sur l’immense gabare,
Aux peines confisquées de mes luttes amères !
J’ai déposé Mando, mon double anxiogène
A la cale blindée d’éphémères souffrances,
Avant du retenir, rythmer l’anthropogène,
Et du simple sourire animer la vaillance.
Quand il fera soleil au nord de mes folies,
Irai me reposer avant de disparaître,
Sur l’étrange barlongue qu’éveille l’hallali
De ces cris aux abois, et qu’ignore le reître.