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mercredi 2 février 2022

A MAJORI AD MINUS


A MAJORI AD MINUS

Du plus au moins

 

Aux ruines d’un passé s’écaille mon enfance,

Mes nuits et mes jours ceints de désolation ;

Mes pas se sont fanés aux marches d’une époque

 

Où sombrèrent au soir, les âmes sénescentes

Prisonnières sans doute, de l’éruption

Fardant de Saint-pierre, les riches pendeloques.

 

Au tertre d’un souvenir jauni par les années,

S’amplifient les douleurs de malédictions

Posées au ventre gris de ce flou bitumé,

Et qui de la vacance, peuple l’émotion.

 

Mais mon île demeure, radieuse, alanguie,

Raisonnant de son cœur l’imprécise systole ;

Elle se laisse séduire sous la lame groggy

Dont l’océan écale les spumescents atolls.

 

Je m’imagine un feu emmurant l’aquatinte

De cette canopée bordée de rêves clos…

J’y vois naître aux roulements des plaintes,

Des subtiles gangues, l’anthurium juste éclos,

 

Le plumeria, la fleur de curcuma, l’hibiscus

Entretissés de diaphanes perles de rosée,

Cependant que la flore boute du tylenchus,

L’empoisonneuse sève s’y venant déposer.

 

*

 Aux ruines d’un théâtre de soufre et de cendres,

S’endorment des matins enfiévrés d’espoir…

Les pluies ont sublimé des flux à pierre fendre,

Les mutines grimaces des croches de guipoir.

 

J’ouïe des déferlantes aux tempêtes barbares,

Les grelots de colère déchiquetant la mer…

Que n’aurais-je vécu sur l’immense gabare,

Aux peines confisquées de mes luttes amères !

 

J’ai déposé Mando, mon double anxiogène

A la cale blindée d’éphémères souffrances,

Avant du retenir, rythmer l’anthropogène,

Et du simple sourire animer la vaillance.

 

Quand il fera soleil au nord de mes folies,

Irai me reposer avant de disparaître,

Sur l’étrange barlongue qu’éveille l’hallali

De ces cris aux abois, et qu’ignore le reître.


 Armand Mando ESPARTERO© copyright 2022