En traversant l’allée crispée aux froids,
Les Shetland paraissaient plus immenses ;
L’écosse s’embrumait, et ses vallons étroits
Semblaient dissous en la moiteur intense.
La côte écrêtée longeait du paysage,
Les rochers fouettés des vents salés ;
Les nuages floutaient dessus la plage,
Des furtifs reflets, les rais bariolés.
Mainland le rustre dilatait ses auvents,
Soufflant l’archipel hors la sente herbue
Longée du pérégrin, ce marcheur rêvant
De dompter les fiefs profanés de l’imbu.
L'eau ouatait à l’aube des renaissances,
La crique survolée de mouettes, ces reines
Du clair azur, en la phosphorescence :
Rutilance de gorges souveraines.
Les Vikings y laissèrent empreintes
Au socle culturel métissé de musiques
Insufflées aux pécheurs de la digue éteinte :
Harmonies enfiévrées de rythmique.
Le ciel norvégien se souvient, ce me semble,
De nuits en la grisaille de nidifications,
Espérant que migrent au soir, ensemble,
Les huppes fasciées, en lévitation...
Rien de plus beau, en ces ides volages
Calmant, comme le dit Tacite, le Saxon
Baguenaudé de la vague en tangage
Sur le pont... s'enivre de basson.
Shetland, mon île : toit d’infortune,
Je t'écoute gémir en mes proses livresques ;
Mon cœur a dénudé des caprices de lune,
Les factices décans de cadences tudesques.
Armand Mando ESPARTERO© copyright 2022