Dans l’immense placard de la solitude,
J’égrène de doigts meurtris l’adolescence
Hissée au pinacle du temps en sa constance,
A l’aube des matins muselant l’hébétude.
Je regarde s’étrécir mes envies de voyages,
Mes besoins d’allumer du fugitif désir,
En sabouleux quêteur orphelin du plaisir,
A l’heure où triomphent les sages,
La minuscule mèche de l’iconique cierge…
Engoncé en cette basse-fosse, mes soleils
Prennent froid, puis, de la tépide stalle
Où s’accote prétaille dégrisée d’escales,
S’éteignent alors aux dernières veilles,
Pour ne plus revenir s’adouber de flamberge.
*
Dans cette ample demeure, ce rêve écrasé,
Ma vie pose au sixain du doute, du mépris,
Les piètres espoirs de renaître, surpris
De la déréliction afférée à ce col évasé,
De l’opiniâtreté dont souvent se délabrent
Les grinçants volets, les sonores blutoirs…
Du fond de ce cachot, ce socle aratoire,
Fondent mes souvenirs, ma silhouette glabre.
Je n’ai rien à offrir… rien qui ne soit céans,
Aux portes de noires luttes, que néfaste mue
D’un corps déprécié de la gent trop émue
Pour calmer de ma plaie, le cautère béant.
Au sortir de la geôle, en des silences creux,
Irai me repentir de l’audace mienne,
La transmigration des traces permiennes
Calquant du devenir l’agencement ocreux.
Armand Mando ESPARTERO© copyright 2022