J’attends que tu t’en ailles semer
Sur les chemins où s'attarde l'hiver,
A l’heure de l'épandage... les vers
De nos poèmes atteignent des sommets,
La pointe effritée aux vents tièdes de mai,
Et qu’auréole encor la nue en son revers.
Je ne veux plus douter de tes intentions,
Ni confondre des heures, l’immuable silence ;
Je te veux retenir quand la nuit tu t’élances,
Fardant de tes regrets, chaque inhibition.
Je veux des matins clairs, d’efficaces soleils ;
Illuminer des ombres, l’avers… sans fléchir
Du néo-affranchi, par crainte de m'avachir,
Éteindre les ténèbres encavant le sommeil.
J’attends devant ta porte, en l’aube écarlate,
Un bouquet à la main, enfiévré d’espoirs,
Tes sublimes folies accrochées en sautoir
Au long col de l'orgueil, drape les scélérates.
J’achève des rimes, au for de scansion,
Le macron, s'il paramètre sans grâce,
La césure accentuelle ; s’en délacent
Des mots évincés d’étrange élision.
Je fuis tes mensonges, sans plus atermoyer,
Le sophisme engagé de l'esprit épuré ;
Il fuit seul des battues l’intrépide curée
Qui sacrifie l'honneur, sans le jamais broyer.
Armand Mando ESPARTERO© copyright 2022