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mardi 1 février 2022

INAMICALE CHUE

INAMICALE CHUE

 

Les neiges ont poudré le parterre fleuri

Du jardin de Cluny, son parc médiéval ;

Il bruine sur le Luxembourg, quand mûrit

Le soleil parisien aux pointes ogivales.

 

Le froid s’est installé aux fantoches banbans,

Aux fragiles girouettes que toise le protée,

Ce glissant avatar prémuni d’un caban,

Déçu de ces écarts aux faîtes démontés.

 

Au dôme des Invalides, blanchissent

Les bordures floconnées, l’ajouture

Modelant en ces lieux, du superbe édifice,

La solide charpente supportant l’égoutture

 

D’ondées emportées de bourrasques ;

Y point en l’aube claire, le souffle dilaté

Du prétentieux hiver amorcé en la vasque

D’une grise saison à l’aura éventée.

 

Les cheminées ensuiffent du bel azur,

Au soir où cheminent l’amoureux lascif,

Le gentilhomme guéri de ses blessures,

Le floconneux support, autrefois incisif.

 

Paris retouche cette fauve aquarelle :

Ces trop longs boulevards, où l’avenue

Bitumée de flous, pénètre les marelles

De fades trottoirs ignorés de la nue

 

Captive du brouillard du temps déraciné ;

Elle voit naître des ombres aux ornières

De villes écrasées de douleurs… calcinées :

Ruines sur pulpitum d’un vieux cimetière.

 

Bâillés de sombres noces, de volages hymens,

Fuitent des lendemains asservis au frimas :

Renouveau sans vices, ni précieux gulden

Pour s’offrir aux solstices, généreux climat.

 

Ivre, en la coulisse de ces désagréments,

De moites lèvres, j’énumère les songes

Qu’il me souvienne encor_ des moments

Où l’espoir, si le doute me ronge_

Espaces pétris de fielleux mensonges ;

Pris au rets de fastueux serments,

Ils pénètrent du jour que l’étrange forlonge,

La grossière doublure, l’imposant armement.


 Armand Mando ESPARTERO© copyright 2022

lundi 31 janvier 2022

QUITTE OU DOUBLE

QUITTE OU DOUBLE

 

Faudra-t-il d’autres mots pour apaiser ton mal,

D’autres verbes pour enclore de ta vie

Les épreuves soudaines, lorsque l’envie

Pénètre de l’angoisse le reflux extrémal ?

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2022

samedi 29 janvier 2022

TEMPORAIRE MUE


TEMPORAIRE MUE

 

Quand la lune somnole aux froids de janvier,

Se soulèvent les vents de l’horizon lointain ;

La peau de la nature, ce tissu diamantin

Flatte de l’agnelin s’y laissant convier,

 

L’ouateuse doublure, avant de chavirer

De flous solsticiaux poudrés aux boréales

D’un grésil d’inconfort, et qu’emballent

Les brumes s’y venant arrimer…

 

La lune lambine dessus la stratosphère,

Les étoiles perforent la belle galaxie ;

S’y meuvent d’autres astres jadis en autarcie ;

L’hiver se désagrège, chu du planisphère.

 

Il semble que les plaines engrossées de neige

S’éveillent de l’hiberne, avant de s’étirer

Au creux de ces matins où s’y viennent mirer

Les fragiles insectes quittant le breuil grège.

 

La lune pose décans pour se laisser charmer

De l’accessoire nue, l’illusoire nimbus

Crânant en diadème en orgueilleux stratus

Dont l’étrange accote, et pour le sublimer,

 

Le fief renaissant du printemps à venir :

Ce majestueux dôme au ventre d’outre-lieu ;

S’y promènent les ombres d’un juste milieu

En-deçà de l’ivresse du temps à retenir.


Armand Mando ESPARTERO© copyright 2022

vendredi 28 janvier 2022

FARDEAU DE NUIT


FARDEAU DE NUIT

 

Pourquoi tirer le traîneau de l'enfance

Aux barbelés du temps irrésolu :

Cycles indécis dont s'orne l'innocence ?

Ô douce symphonie… j’aurais voulu,

En de brumeuses ides, te parer d'indulgence !

 

Paître sur tes jachères, semble indispensable ;

Pourrais-je sans surseoir, du mal,

Lier les taraudantes luttes, hors du sable,

Las, meurtri de ventées hiémales.

 

Aux lunes éteintes, au ciel d'infortune,

Se crispent mes pas... ma bancale marche

N'a du retenir, plus d'offres opportunes

Codifiées de nuits qui harnachent,

 

Accoutrent de mesquines breloques,

Asservies en ces jeux ridicules, aux lois,

Aux règles promulguées ad hoc :

Intrusives formules pour gens de bon aloi

 

Dopés d'ordalies, rédhibitoires clauses

Narguant l'espèce, pour en faire,

Des complaisances, spires d'anamorphose,

Au tain de remembrance que flairent,

 

Sans s'en incommoder, les riches souvenirs

De sépia de fastidieux grimauds ;

De la communale, longent, sans en honnir,

Le préau du savoir lesté de maux (mots ?!).

 

Pourquoi édulcorer l'onguent de sapience,

Quand l'oubli pénètre le tissu cognitif ?

Peu à peu, s'y délient les codes d'alliance,

Ces principes pentus de décrets incisifs.

 

Sans user en ces joutes, d'entropie,

De cautèle, je chemine serein au nord

Des jouissances… peut-être par dépit,

Sans m’accorer aux ruses insonores,

 

Hors la sente de kaisers à l'étroit

Au jaseran cintré d'injonctions voilées :

Simulacres à l'ombre d'un beffroi

Mollement soutenu de frêles propylées.

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2022

jeudi 27 janvier 2022

MESAISE DE MITEUX

MESAISE DE MITEUX

 

Le chagrin me torture, puis m’effeuille ;

Ne suis plus, aux heures condamnables,

Depuis mes ambitions coupables,

Qu’un simple roturier accroché au treuil

De la gent moqueuse qui de mon deuil,

Se gausse, ironisant sur ma gêne palpable.

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2022

mercredi 26 janvier 2022

BONSOIR


BONSOIR

 

Bonsoir ! la route était mauvaise ;

J’aurais dû emprunter d’autres raccourcis,

Sillonner des vallées, les bermes étrécies,

Avancer sur les plaines dépourvues de glaise.

 

J’ai fait le plein de rêves, et sans parcimonie,

Embrassé de l’attente, les fiévreux courtils ;

Serai-je en ces soifs, en quête d’une autre île,

Pour clamper à ma joie, et sans cérémonie,

 

La douceur de ta peau, ce galbe satiné

Dont mes mains font quémande ! se peut-il,

Que l’envie altère mes besoins… que cette île

Si proche, et si lointaine, soit _ douce vahiné,

 

L’atrophie d’un songe emperlé d’amertume,

L’athrepsie de nos amours naissantes ?

L’oubli ne peut atteindre en sa rage mutante,

Le désir dont me coiffent les ineptes coutumes

 

Vaque d’improbité, en vexants stellionats ;

Il faut en haranguer en de subtiles joutes,

Les premières mues dégorgées des déroutes

Entretissant nos peines serties de jaconas.

 

*

Bonsoir ! la nuit fut malsaine, l’aube plaintive ;

Se mouraient à mes pieds, l’empreinte nue,

L’effigie d’ombres arguant, trotte-menu,

Les bordures du vide aux nuances craintives.

 

Pour palier à l’angoisse du présent incertain,

Je cloue de moite lèvre ta purpurine lippe ;

Laisse-moi me griffer, loin des tristes nippes,

De l’injuste musarde du miroir sans tain !

De ton ventre crayeux, à ma moite bouche,

Flottent d’ambitieux baisers… ils écorchent

De ma rude balèvre, au boucan de la torche,

Les fines ridules que le plaisir attouche.

 

Fais-moi l’amour, sans fixer de nos peines

L’inutile pinacle ! le tissu de ma peau

Eveillera de ta chair alanguie le tempo

Brisant de la maldonne, la faillite soudaine.

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2022

 

mardi 25 janvier 2022

APPÂTS DE LOUPS


APPÂTS DE LOUPS

 

Il fait froid aux fenêtres des loups

Dont la colère inquiète la fautive…

Se peut-il qu’en ces regards jaloux

S’éveille encor de l’aura attractive,

Quand bien même qu’attentive,

S’épanouisse aux heures qu’on alloue,

La serve dénudée dont le galant encloue

Au presque raisonnable l’imaginative

Annihilant du rêve en son renfloue,

L’imperceptible voix de la folie captive

De l’infidèle chatte… ce félin andalou !

 


Armand Mando ESPARTERO© copyright 2022