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jeudi 27 janvier 2022

MESAISE DE MITEUX

MESAISE DE MITEUX

 

Le chagrin me torture, puis m’effeuille ;

Ne suis plus, aux heures condamnables,

Depuis mes ambitions coupables,

Qu’un simple roturier accroché au treuil

De la gent moqueuse qui de mon deuil,

Se gausse, ironisant sur ma gêne palpable.

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2022

mercredi 26 janvier 2022

BONSOIR


BONSOIR

 

Bonsoir ! la route était mauvaise ;

J’aurais dû emprunter d’autres raccourcis,

Sillonner des vallées, les bermes étrécies,

Avancer sur les plaines dépourvues de glaise.

 

J’ai fait le plein de rêves, et sans parcimonie,

Embrassé de l’attente, les fiévreux courtils ;

Serai-je en ces soifs, en quête d’une autre île,

Pour clamper à ma joie, et sans cérémonie,

 

La douceur de ta peau, ce galbe satiné

Dont mes mains font quémande ! se peut-il,

Que l’envie altère mes besoins… que cette île

Si proche, et si lointaine, soit _ douce vahiné,

 

L’atrophie d’un songe emperlé d’amertume,

L’athrepsie de nos amours naissantes ?

L’oubli ne peut atteindre en sa rage mutante,

Le désir dont me coiffent les ineptes coutumes

 

Vaque d’improbité, en vexants stellionats ;

Il faut en haranguer en de subtiles joutes,

Les premières mues dégorgées des déroutes

Entretissant nos peines serties de jaconas.

 

*

Bonsoir ! la nuit fut malsaine, l’aube plaintive ;

Se mouraient à mes pieds, l’empreinte nue,

L’effigie d’ombres arguant, trotte-menu,

Les bordures du vide aux nuances craintives.

 

Pour palier à l’angoisse du présent incertain,

Je cloue de moite lèvre ta purpurine lippe ;

Laisse-moi me griffer, loin des tristes nippes,

De l’injuste musarde du miroir sans tain !

De ton ventre crayeux, à ma moite bouche,

Flottent d’ambitieux baisers… ils écorchent

De ma rude balèvre, au boucan de la torche,

Les fines ridules que le plaisir attouche.

 

Fais-moi l’amour, sans fixer de nos peines

L’inutile pinacle ! le tissu de ma peau

Eveillera de ta chair alanguie le tempo

Brisant de la maldonne, la faillite soudaine.

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2022

 

mardi 25 janvier 2022

APPÂTS DE LOUPS


APPÂTS DE LOUPS

 

Il fait froid aux fenêtres des loups

Dont la colère inquiète la fautive…

Se peut-il qu’en ces regards jaloux

S’éveille encor de l’aura attractive,

Quand bien même qu’attentive,

S’épanouisse aux heures qu’on alloue,

La serve dénudée dont le galant encloue

Au presque raisonnable l’imaginative

Annihilant du rêve en son renfloue,

L’imperceptible voix de la folie captive

De l’infidèle chatte… ce félin andalou !

 


Armand Mando ESPARTERO© copyright 2022

lundi 24 janvier 2022

L’INSOLENSE D’AIMER

L’INSOLENSE D’AIMER

 

 Naissent en ce doux printemps, à l'aube

Où s'ouvre la rose de suaves senteurs,

De nouvelles fragrances ; germent en la moiteur

L'éclosion du jour, des bulbilles qu'enrobent

 

En la tiédeur d'avril les vents de Provence,

Mistral, Tramontane : vaporeuses brises…

L'adolescence y trace d’autres cicatrices

Aux assoiffés d'aventures, d'errance…

 

                                                 *

Elle a la prestance des muséales nymphes,

L'attrait des gouaches de Marie Laurencin…

Sa peau hâlée sublimant du dessin

L'esquisse expurgée de la lymphe.

 

Arrogant, fier, lui, porte en ces rondes

La contenance de l'âme sans attaches :

Irrévérencieuse estime du lâche

Bagué de vices en pleutre immonde ;

 

L'aura du pusillanime, ô combien,

Dupe du citadin la componction,

En niant de la vie ces désaffections

Sevrées de quintessence… grand bien 

 

Lui fasse ! Calife sans l'être, se voulait

Prestigieux dandy de la dame,

Sabreur sur le froid macadam

Talé de taulières, d'ivrognes, de valets.

 

A ses yeux, semble victorieux ;

Aimerait à son bras, sous l'ombrelle,

Arpenter les charmilles plus belles,

Poser à son cou d'amant mystérieux,

 

Son souffle… ouïr en ces parcours

Des musiques ivres du pépiement

De l'ibis moqueur, ses tremblements

Aux plaintes d'autres discours.

 

A-t-elle de ces désirs attouché

L’onirique parvis ? peut-elle

Avant le petit jour, se lier les ailes,

Au poteau d'un répressif bûcher ?

 

En d'intrusives joutes, éclate du miroir,

Le tain de l'inconfort, l’artefact ;

Taclant des lois, l'édit censurant l'acte :

Codicille de pompeux accessoire,

 

Protocolaires fiefs tannés à tort,

D’amants de nos livres d'images :

Dont Shakespeare étoile de présages,

D'évidentes promesses au décor

 

Cambré en arceau de la félicité…

Faudra des pages... lignes à noircir

Pour offrir au bonheur, sans forcir

Mansuétude, et sans démériter,

 

La dimension, l'insolence d'aimer,

Du paraître; puis, d'un pas :

L'appréhension de l'ego sous appât:

Empyreume bâti à jamais sublimé.

 

Serions-nous simplement du beffroi,

Dépouilles d'une mort annoncée,

Spectres en devenir au Schéol agencé

De casuistes, de grincheux pisse-froid ?

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2022

dimanche 23 janvier 2022

ACCLIMATER L’EGO

ACCLIMATER L’EGO

 

 Apprivoise l’absence… simplement, dénoue

Du regard embué, le reflux translatoire !

Les sages n’ont point honte au soir, à genoux,

De confesser l’amour en un cri de victoire ;

 

Ils savent aux heures folles, moduler du désir

En cette intermittence, l’audace… ce long couloir

Où se perdent encor, avant que de gésir,

Les butors et les fous de l’épais refouloir

 

De ce monde grimé, ce cosmos pénétré

De mensonges, de haine : ce sénescent noyau

Que la mort aimerait aux neiges, décentrer,

Pour en faire Shéol, un fétide boyau.

 

Assujettis le doute te perforant entrailles,

Le flou cosmétiqué d’artifices ultimes !

Point n’est d’issue, quand l’entaille

Défigure de l’âme, l’habitacle sublime.

 


Demain sera possible retour aux sources ;

Peut-être simple brèche en la matutinale ;

Ne te laisse ravir le prix de cette course

Dont chaque borne limite le chenal !

*

 

Ai tant semé cailloux aux sentes amochées,

En y dressant d’artificieux collets…

Qu’en voulant de plus près m’approcher,

Me suis pris au filin d’un passé immolé…

 

N’ai plus rien de l’enfant se laissant surprendre

Aux diaphanes aubes, ni du jovial candide

Bercé de vents contraires… à tout prendre,

Je prends des souvenirs, la mémoire sans rides.

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2022

samedi 22 janvier 2022

LES SOLEILS DE JANVIER

LES SOLEILS DE JANVIER

 

Les soleils de janvier allument nos matins,

Pénètrent la torpeur de la gent alanguie

Au souffle d’un vieux rêve où, groggy

S’esbaudit le béjaune mué en citadin.

 

Quand leurs rais défigent la rosée,

S’ouvre le drageon dénouant la marcotte ;

Les nuages suiffeux en l’aurore, décottent

Les poussières s’y revenant poser.

 

Les soleils de janvier entoilent l’aube claire

D’un majestueux drapé d’humidité profonde ;

De la congère s’épanouissent en ronde,

Les premiers flocons sublimés de l’éclair.

 

On voit poindre aux informelles ides,

La nature cuivrée, ses riches tarentelles

Grisées aux tourbillons dont le jour écartèle

Les trop fragiles spires frelatées de rides.

 

Janvier, cet inconnu serti de froids intenses

Fait danser les saisons au nord de nos remords,

Nos componctions d’outrageants matamores :

Lâches en devenir… animés d’arrogance.


Armand Mando ESPARTERO© copyright 2022