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lundi 24 janvier 2022

L’INSOLENSE D’AIMER

L’INSOLENSE D’AIMER

 

 Naissent en ce doux printemps, à l'aube

Où s'ouvre la rose de suaves senteurs,

De nouvelles fragrances ; germent en la moiteur

L'éclosion du jour, des bulbilles qu'enrobent

 

En la tiédeur d'avril les vents de Provence,

Mistral, Tramontane : vaporeuses brises…

L'adolescence y trace d’autres cicatrices

Aux assoiffés d'aventures, d'errance…

 

                                                 *

Elle a la prestance des muséales nymphes,

L'attrait des gouaches de Marie Laurencin…

Sa peau hâlée sublimant du dessin

L'esquisse expurgée de la lymphe.

 

Arrogant, fier, lui, porte en ces rondes

La contenance de l'âme sans attaches :

Irrévérencieuse estime du lâche

Bagué de vices en pleutre immonde ;

 

L'aura du pusillanime, ô combien,

Dupe du citadin la componction,

En niant de la vie ces désaffections

Sevrées de quintessence… grand bien 

 

Lui fasse ! Calife sans l'être, se voulait

Prestigieux dandy de la dame,

Sabreur sur le froid macadam

Talé de taulières, d'ivrognes, de valets.

 

A ses yeux, semble victorieux ;

Aimerait à son bras, sous l'ombrelle,

Arpenter les charmilles plus belles,

Poser à son cou d'amant mystérieux,

 

Son souffle… ouïr en ces parcours

Des musiques ivres du pépiement

De l'ibis moqueur, ses tremblements

Aux plaintes d'autres discours.

 

A-t-elle de ces désirs attouché

L’onirique parvis ? peut-elle

Avant le petit jour, se lier les ailes,

Au poteau d'un répressif bûcher ?

 

En d'intrusives joutes, éclate du miroir,

Le tain de l'inconfort, l’artefact ;

Taclant des lois, l'édit censurant l'acte :

Codicille de pompeux accessoire,

 

Protocolaires fiefs tannés à tort,

D’amants de nos livres d'images :

Dont Shakespeare étoile de présages,

D'évidentes promesses au décor

 

Cambré en arceau de la félicité…

Faudra des pages... lignes à noircir

Pour offrir au bonheur, sans forcir

Mansuétude, et sans démériter,

 

La dimension, l'insolence d'aimer,

Du paraître; puis, d'un pas :

L'appréhension de l'ego sous appât:

Empyreume bâti à jamais sublimé.

 

Serions-nous simplement du beffroi,

Dépouilles d'une mort annoncée,

Spectres en devenir au Schéol agencé

De casuistes, de grincheux pisse-froid ?

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2022

dimanche 23 janvier 2022

ACCLIMATER L’EGO

ACCLIMATER L’EGO

 

 Apprivoise l’absence… simplement, dénoue

Du regard embué, le reflux translatoire !

Les sages n’ont point honte au soir, à genoux,

De confesser l’amour en un cri de victoire ;

 

Ils savent aux heures folles, moduler du désir

En cette intermittence, l’audace… ce long couloir

Où se perdent encor, avant que de gésir,

Les butors et les fous de l’épais refouloir

 

De ce monde grimé, ce cosmos pénétré

De mensonges, de haine : ce sénescent noyau

Que la mort aimerait aux neiges, décentrer,

Pour en faire Shéol, un fétide boyau.

 

Assujettis le doute te perforant entrailles,

Le flou cosmétiqué d’artifices ultimes !

Point n’est d’issue, quand l’entaille

Défigure de l’âme, l’habitacle sublime.

 


Demain sera possible retour aux sources ;

Peut-être simple brèche en la matutinale ;

Ne te laisse ravir le prix de cette course

Dont chaque borne limite le chenal !

*

 

Ai tant semé cailloux aux sentes amochées,

En y dressant d’artificieux collets…

Qu’en voulant de plus près m’approcher,

Me suis pris au filin d’un passé immolé…

 

N’ai plus rien de l’enfant se laissant surprendre

Aux diaphanes aubes, ni du jovial candide

Bercé de vents contraires… à tout prendre,

Je prends des souvenirs, la mémoire sans rides.

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2022

samedi 22 janvier 2022

LES SOLEILS DE JANVIER

LES SOLEILS DE JANVIER

 

Les soleils de janvier allument nos matins,

Pénètrent la torpeur de la gent alanguie

Au souffle d’un vieux rêve où, groggy

S’esbaudit le béjaune mué en citadin.

 

Quand leurs rais défigent la rosée,

S’ouvre le drageon dénouant la marcotte ;

Les nuages suiffeux en l’aurore, décottent

Les poussières s’y revenant poser.

 

Les soleils de janvier entoilent l’aube claire

D’un majestueux drapé d’humidité profonde ;

De la congère s’épanouissent en ronde,

Les premiers flocons sublimés de l’éclair.

 

On voit poindre aux informelles ides,

La nature cuivrée, ses riches tarentelles

Grisées aux tourbillons dont le jour écartèle

Les trop fragiles spires frelatées de rides.

 

Janvier, cet inconnu serti de froids intenses

Fait danser les saisons au nord de nos remords,

Nos componctions d’outrageants matamores :

Lâches en devenir… animés d’arrogance.


Armand Mando ESPARTERO© copyright 2022

 

vendredi 21 janvier 2022

SOLDAT DE PLOMB


SOLDAT DE PLOMB

 

Conduis-moi à tes champs de bataille,

Aux plaines dépourvues de fossés !

Guide-moi aux barricades rehaussées

D'oriflammes, que j'y voie les entrailles

 

De corps dont la mort tacle arrogance

Aux ides perlés de miasmes de suie !

Je cherche en vain la voie ; l'étrange me suit,

Amplifiant mes murmures intenses.


 Soldat,

J'aimerais approcher sans contrainte

La lande flétrie, aux pas du héros soumis ;

En débonnaire, traverser les semis,

Aux vents contrariés ; s'y élèvent des plaintes :

 

Subjacentes soufflées de foehn en équilibre ;

Aux pôles, s'accotent en l'avril, souvent,

D'éphémères ceintures au paravent

De solstices, d'hémisphères où, libres,

 

S'entrelacent de furtives saucées,

D'allevasses poudrant des garnisons,

La guérite où factionnent à foison,

Les profils d'officiers s'y venant adosser.

 

De l'imaginative, tu éclos avec grâce ;

Mes mains en modèlent la gestalt_

De la taille, épointe le nuisible cobalt,

De l'allure, frelate l'inusable cuirasse.

 

Soldat de l'enfance, des jeux belliqueux,

Où te caches-tu de l'adulte sectaire,

Ce zélateur enfiévré d'adultère,

Écornant à confesse, en des mots loqueteux,

 

Et la foi, et l'esprit inhérents au pardon : mal

Dont ils se fait, de moult rodomontades,

Factieuse victime d'ignobles algarades

D'échevins engrossés de lois optimales ?

 

Aux nuits de lune pleine, en chien de fusil,

Sur la couche lestée de songes inconstants,

J'égrène d'hier, sans estropier le temps,

Les puériles musiques chues de ton amnésie.

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2022

PAPESSES


PAPESSES

 

Hantent les boudoirs des vierges outrées ;

En saphiques succubes, piègent les chattes

D'un couvent d’outre-lieu, ces agnathes

Agrippées aux mailles d’un filet d’adextrés.

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2022

jeudi 20 janvier 2022

UN AILLEURS HORS DES LUNES

UN AILLEURS HORS DES LUNES

 

Je m’en vais ! je quitte vos salons,

Pour parcourir les terres désœuvrées,

Déloger de la chaire les pasteurs-ivraie

Au gras bedon d’ascètes… ces foulons

 

De bombance, ces prévaricateurs

Ennemis de Dieu… oui ! ces fous

Qui se croient sages, ces loups

Enfiellés de préceptes menteurs !!!

 

Je pars cueillir de l’espace meurtri,

Les orbes nus du temps désaccordé ;

Suis-je céans, ce premier de cordée

Dont l’âme, le cœur contrits,

 

Etreignent du Ciel Les Célestes Promesses ;

Irai-je voir de près s’épanouir la vie ?...

Plus ferme sera mon pas et ici, que ravît

L’Existence D’en-Haut, loin des messes

 

Des nonces, ces marchands de boue,

Ces félons fourbus, pétris de suffisance…

Il y a en-deçà des fautives offenses,

Une claire oasis démunie d’un embout ;

 

C’est ainsi que L’Esprit Du Dieu Vivant

Revêt le pénitent assoiffé de bonheur,

D’une princière robe, lorsque sonnera l’Heure

Du croyant racheté de L’Unique Roi Vivant !

 

En ce monde piégé d’ordalies… du sophisme

De l’univers bridé sous la vasque d’enfer

Ourlé de démesure, le vice cru confère

Aux nuisibles hotus du syncrétisme,

 

Factice mandorle ; d’aucuns disent faux nimbe

Auréolant l’espèce au faîte de l’orgueil

Enjuguant le profane en son deuil,

Avant de l’estourbir de poussiéreux limbes.

 

En l’ailleurs, hors de craintives lunes,

Irai me consoler des nuisibles offrandes,

Et sans qu’à pierre fendre, j’amende

De mes larmes, la coulure falune.

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2022