Vous ne grandirez pas ; vous mourrez dans la
boue !
Vos armées de faux reîtres seront vite à bout,
Au son de l’halali, quand resteront debout,
Les manants du royaume faisant fi des tabous.
Armand Mando ESPARTERO© copyright 2021
Vous ne grandirez pas ; vous mourrez dans la
boue !
Vos armées de faux reîtres seront vite à bout,
Au son de l’halali, quand resteront debout,
Les manants du royaume faisant fi des tabous.
Armand Mando ESPARTERO© copyright 2021
Appelle-moi tendresse ; je t’ouvrirai ma porte !
Te ferai voir demain à travers les volets,
Quand le soleil pénètre le majestueux ballet
Des vaporeuses ombres que les vents colportent !
Appelle-moi musique aux nocturnes cuivrées,
Au silence des nuits qu’éveille le sautereau
Du clavecin posé sur de nobles carreaux,
En la discrète salle aux vitrages givrés !
Appelle-moi bohème, si tu veux voyager
Aux pérégrines marches de l’irrésolu,
Aux flâneries domptant le formel, l’absolu
Dont s’enquiert l’âme captive d’un viager !
Sache-donc, belle cariatide, aux mâtines nouvelles,
Refuser des mortifères laudes, le cérémonial !
En d’autres insolences ignorées des moniales,
Ai posé mon bagage que l’exode cuvelle.
Armand Mando ESPARTERO© copyright 2021
Marie, regarde couler les eaux de Porcupine :
Ces magnifiques franges qu’irradie le soleil !
Hier, j’ai vu s’ouvrir en l’aurore vermeille,
Les chutes d’Iguazú se gaussant de mon spleen.
Marie, sais-tu qu’au ventre de l’Islande, tombent
En cascade, les larmes de Gullfoss ? … elles
lavent
Du matin, les plus noires suies, puis encavent
Des nuits, la nue aux chahuteuses trombes.
Quand reviendra l’automne, tu entendras Marie,
Glisser du long rideau de Kahatola, les larmes
D’Abarbarée : ces plaintives coulées, au
charme
De naïades, qu’admoneste parfois le pêcheur marri.
Au gouffre de Baatara, aux solstices prochains,
La plaine amoitira de ses tièdes contrées,
Les vieillissantes rides ; s’y viendront
concentrer,
Les précieux tubules méconnus des crachins.
Ecoute ronfler, Marie, les Cumberland Caverns !
Vois, comme l’hiver au jour, s’en estourbit,
Défroissant peu à peu l’itératif débit,
Aux rudes avalanches que la baille gouverne !
Bientôt, nous irons voir des chutes Victoria,
L’étrange se dissocier des passives vapeurs ;
Nous pourrons toi et moi, museler de la peur,
L’entêtante pincée… sous la gaultheria.
Armand Mando ESPARTERO© copyright 2021
Je suis un amoureux au petit matin blême :
Un preste céladon de grandes avenues,
Qui, à la boutonnière, porte pour l’ingénue,
Un rose blanche semblable au diadème.
Je suis de ces galants solitaires et affables,
Dont l’ouïe est attentive aux conseils des sages ;
En libre-penseur, au détour de vos pages,
Ai vu naître l’enfance aux mesures des fables.
Mes quinze ans ont semé galets sur les plages
Où les filles s’étoffent de conciliabules,
Au soir de l’astre bleu, quand la nuit funambule
Avance sur le fil de comètes peu sages.
J’étais en ma réserve de soupirant fragile,
Aquafortiste aux flamboyantes teintes :
Etrange portraitiste sans ruses, ni feintes,
Agrémentant de rêves l’odalisque docile.
L’adolescence mienne ne fut pas récessive ;
Elle s’ajustait souvent aux rétives nubiles
Enjuguant quelquefois d’étreintes malhabiles,
Les prétentions leurs, les envies concessives.
Aux aurores, céans, je parcours en chantant,
L’allée où les vierges s’adornent de soupirs,
De rires affectés cueillis, et pour s’en échampir,
Du béjaune égaré en de fades printemps.
Je suis un amoureux en habit de trouvère ;
J’effeuille marguerite au jardin de Psyché ;
Ma peau est traversée d’un cœur haut-perché
Agitant ses grelots, toujours à découvert…
Si je caresse encor, des vibrantes musiques,
Le sulfureux tempo, ma voix, elle, en adoucit
L’espace… veloutée de cantates, elle forcit
Parfois du contre-ut, l’élocution turcique.
Je demeure _ grand bien m’y fasse ! _
Sous la charmille de nouveaux prétendants,
Rassuré à l’idée qu’il y a ; il aura des perdants,
De bien tristes loosers dont je ravis la place.
Armand Mando ESPARTERO© copyright 2021
Quand je serai enfant sur les berges vieillies,
Verrai de la mer les insolentes vagues ;
Je regarderai naître, après folles saillies,
Les chiots nouveau-nés, sans la rague
Enroulée au nichoir couvé de moinelles,
Et qu’épient les turbulents gamins :
Ces garnements rusés, sous la tonnelle
Abritant la portée, à l’orée du chemin.
Quand je serai géant au milieu des gnomes,
L’étrange, du quotidien, se laissera vêtir ;
Les âmes animées deviendront des hommes,
Et les filles, princesses devenues, sans mentir,
Feront promesses… sans user d’addendum
Aux garçons qui vécurent jadis en oppidum.
Armand Mando ESPARTERO© copyright 2021
Eté, mon bel été : te voilà à ma porte !
Il semble que les vents t’entoilent
De douceur et te ceignent d’étoiles
Gravitant en splendides cohortes.
Armand Mando ESPARTERO© copyright 2021
Quand s’étirent les jours, se prolongent les
nuits,
L’absence vient emmurer de mes songes dociles,
L’onirique support… s’y promènent, graciles,
Les filles captives d'offenses méconnues de l’ennui,
Enfiévrées d’hédonisme, de prétentions fragiles.
Quand la tissulaire trame, ce subéreux piège
Se déploie en mes lunes, je me couche, vaincu
De ces trop lourds clichés où l’enfance a vécu,
Enjuguée du mensonge des grands ; y siège
La peur du retenir… bradée à moindre écu.
Se faut-il rédimer aux grilles d’un confessionnal,
Anonner à l’ouïe d’un cacochyme nonce,
De futiles grimaces, d’aciculaires oponces,
Se laisser du nopal, lacérer ; de pompes
atonales,
Psalmodier en l’état des litanies absconses ?
Quand l’hiver vient river à mon futur chaste,
De vexantes images ceintes de sénescence,
Je rabroue du passé l’obséquieuse décence :
Ce trompeur narcotique aux atteintes néfastes
Et qu’inhale le couard défait d’outrecuidance.
Que dois-je imaginer en ces rites forcés,
Ces mimiques larvées de concussionnaires
Dont la bourse pleine refrène l’adversaire
Egaré aux maltôtes, et par trop engoncé
A l’ajour d’un triste prébendier agencé
Au luxe d’un notable si l’exacteur l'enserre ?
Quand je verrai l’automne entasser à ma porte,
Reliquat de chagrin, séquelles d’hypocondrie,
Mes larmes ne seront, décavées d’anhydrie,
Qu’éphémères crevasses, rhagades mortes…
Tomberont les volets enchâssés d’hémiédrie,
Derrière le mantelet d'émotions plus fortes.
Armand
Mando ESPARTERO© copyright 2021